Baba MAHAMAT


Centrafrique : il fallait une intervention française

La tragédie centrafricaine est sortie du silence depuis que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution pour soutenir Bangui, fin septembre. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la présidence est assurée depuis décembre par la France, a ainsi voté la résolution 2127 pour soutenir la force MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) et pour autoriser la France à intervenir en Centrafrique. Au même moment, des Centrafricains mal intentionnés, assoiffés de pouvoir et n’ayant aucun respect pour la dignité humaine ont frappé de plein fouet Bangui. Il a fallu attendre encore quelques heures pour que la résolution adoptée puisse permettre un début d’opérations afin de rétablir la sécurité dans le pays. Cette décision du Conseil de sécurité, favorablement accueillie par la population centrafricaine, s’explique par le fait que le nouveau régime, malgré d’innombrables discours, ne parvient pas  garantir la sûreté des personnes.

 


Centrafrique : pourquoi la recrudescence de la violence dans la ville de Bangui

Une semaine marquée par la violence, c’est ce que les habitants de Bangui viennent de vivre et retiennent de la semaine du 11 au 18. Principalement dans la capitale centrafricaine, ces violences qui sont encore présentes dans les provinces ont montré combien la situation sécuritaire s’est considérablement détériorée dans ce pays passé sous le commandement de la Seleka depuis le 24 mars 2013. Autant de raisons peuvent expliquer ce regain de violence et l’instauration d’un climat de terreur dans la capitale centrafricaine, Bangui. Assassinat d’un ancien élément de la Force Centrafricaine(FACA) à Miskine, Braquage d’une moto vers le quartier Sara, enlèvement d’un jeune au quartier Fatima, exécution sommaire d’un magistrat et son garde-de corps, les centrafricains sont obligés de se promener chaque jour que Dieu fait, avec leur certificat de décès au coup. Mais tiendront-ils encore pour combien de temps ?

-Le désarmement de septembre, une parodie  

Les débuts de désarmement ont commencé avec les Forces de la Fomac après l’accrochage entre la population du quartier de Gobongo et les éléments la Seleka suite à l’assassinat d’un jeune dudit quartier faisant plusieurs victimes fin juillet 2013. Après la triste opération de désarmement dont s’est greffée une musclée opération de  pillage perpétrée contre les civiles de Boye Rabe, un quartier réputé proche de l’ancien président François Bozizé évincé depuis le 24 mars 2013, la force de l’Afrique centrale a décidé de prendre les choses en main. Si ces opérations ont été appréciées par toute la population, elles se sont éloignées de leur objectif qui est celui de pacifier la capitale afin de l’étendre dans les provinces. On se souvient encore que le 18 aout 2013, le Général Nouredine Adam, le numéro de la Seleka a été enlevé de son poste de Ministre de la sécurité publique et remplacé par Josué Binoua. Ce dernier, considéré comme un Judas par certains membres de KNK et surtout les proches de l’ancien président François Bozizé, a su se rendre compte que seul le désarmement effectif peut permettre de sauver une situation déjà très volatile. C’est ce qui a justifié début septembre, les opérations de désarmements menées par les forces de l’ordre public et la Seleka.

La Seleka sera exclue après les bavures dans certains quartiers tel que Boeing qui ont fait fuir la population en se refugiant dans le seul endroit jugé fiable pour eux, le tarmac de l’aéroport Bangui M’Poko. Même si un décret du chef de l’état de Transition Michel Am Non Drocko Djotodia a exclu les éléments de la Seleka de la suite des opérations suite à sa dissolution, leur présence est restée visible dans les rues de Bangui et des autres villes centrafricaines occasionnant un climat de terreur absolue.

Apprécié par toute la population dont l’initiateur Josué Binoua a été considéré comme l’homme de la situation, le désarmement se fera à deux poids deux mesures et épargnera certains caciques de l’ex Seleka. Il est un secret de polichinelle que les éléments de la Seleka pour la plupart gardent par devers eux, plusieurs armes récupérées lors de la prise de Bangui. Ils ont juste remis quelques unes et un stock important est resté caché soit déplacé. La Seleka étant un mouvement rebelle hétéroclite, ses éléments ne devraient normalement pas être impliqués à ces opérations, ce qui se justifie également par la fraternité qui pourraient exister entre ses éléments empêchant sans doute le sérieux pour le désarmement. Tout le monde sait que seules les opérations de désarmement bien organisées et efficaces peuvent permettre de ramener l’ordre dans ce pays.

-L’absence du général Moussa Assimet, une cause probable

On se souvient encore du transfert du général Moussa Assimet, l’un des chefs de la Seleka le plus influent, le 18 octobre dernier au Soudan son pays natal. Celui qui se réclamait centrafricain d’originaire était parti seulement avec une dizaine de ses hommes à bord de l’avion qui l’avait amené. Pourtant, une source militaire à Bangui expliquait qu’il dispose encore de quelques 500 éléments à Bangui et qu’il avait demandé à ce qu’ils soient incorporés dans l’armée centrafricaine. L’absence de ce chef peut avoir des conséquences sur ses éléments qui pourraient être les instigateurs de la violence à Bangui. Sans leur chef, ils se croiraient biaisés et décideraient de se faire payer sur la peau de la bête. Le cantonnement de tous les éléments de la Seleka y compris ceux du Général Moussa Assimet doit être une priorité pour le gouvernement et le président de la  Transition s’ils veulent absolument ramener l’ordre sur le territoire centrafricain.

Le gouvernement de transition est-il incapable de faire appliquer ses décisions ?

A en croire, le problème financier avec l’état piteux où se trouvent les caisses du trésor centrafricain n’arrange pas la situation. Même si tout le monde sait que ce problème est essentiellement dû à la non-opérationnalisation des services de douanes et d’impôts notamment dans les provinces qui alimentent essentiellement les caisses de l’Etat afin de garantir les dépenses de l’État. La suspension de l’aide par certains partenaires de la République centrafricaine telles que la Banque Mondiale, le FMI et autres n’a fait qu’amplifier la descente aux enfers. Mais le problème le plus grave est sans doute le respect des décisions prises par les autorités de la transition. En mai dernier, l’ancien Ministre de la Sécurité, également le numéro de l’ancienne Seleka avait pris des décisions interdisant aux ex-Seleka de se promener dans la ville de Bangui lourdement armés comme si, ils partaient en guerre. Cette décision avait accouché d’une souris. Il en va de même des décisions prises par le Chef de l’Etat interdisant les éléments de l’ex Seleka de prendre part aux opérations de désarmement. Tout porte à croire que même les décisions du président de la transition ne font pas l’unanimité parmi les responsables de ce mouvement.

-L’aide internationale tarde à venir

Tous les pays y compris les pays du conseil de sécurité des Nations-Unies se sont rendus compte de la dégradation de la situation sur le terrain. Plusieurs « lieutenants » de Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations-Unies l’ont confirmé lors de leur visite dans ce pays. La visite de Laurent Fabius alors ministre français des Affaires étrangères le 12 octobre et sa déclaration ont fait comprendre au monde entier combien les centrafricains souffrent. La résolution de l’ONU visant à renforcer le Binuca (Bureau Intégré des Nations-Unies en Centrafrique) et le renforcement de la Misca (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) a été une décision saluée par les uns et les autres même si l’envoi des casques bleus n’est pas d’actualité pour les Américains et les Anglais. La promesse des partenaires ainsi que celle de l’Union européenne et des Etats-Unis ont été des signes qui expliquent la prise de conscience de la situation centrafricaine. Mais l’aide promise, dans l’ensemble tarde à se concrétiser face à l’urgence de la situation sur le terrain. L’opérationnalisation de la Misca et son soutien apparaissent inévitablement comme une solution incontournable. Mais les défis restent présents dans la mise en place de cette force africaine dont la date du 19 décembre est décidée pour son effectivité.

Un constat amer fait l’unanimité : la République centrafricain est au bout du chaos, elle est en situation de pré-génocide comme le disent les Américains, au bord du génocide comme l’explique la position française et un état défaillant comme l’affirment certains  responsables des Nations-Unies. Mais si tout le monde sait que ce peuple qui a commencé à souffrir depuis plusieurs mois et continuent de subir des atrocités sans précédent a besoin qu’on le fasse sortir de ce trou dont la sortie semble impensable, pourquoi ne pas voler à son secours ? Que fait-on de la solidarité humaine? Et pourquoi ignorer l’appel et le cri de détresse d’un peuple au bord de l’irakisation? Comme le dit certains responsables de l’ONU dont le sous-secrétaire de maintien de la paix, il faut agir maintenant et vite pour éviter un génocide.


Centrafrique : sommes-nous obligés de passer par un autre dialogue national inclusif ?

Quelques semaines après son annonce dans le communiqué final de la réunion extraordinaire de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) , sur la crise centrafricaine tenue le 21 octobre dernier et le discours du président de Transition Michel Djotodia en début de semaine donnant son accord, les avis des centrafricains restent divisés sur le projet de Dialogue National Inclusif qui a également eu le soutien du GIC (Groupe Internationale de Contact sur la RCA) lors de sa 3e réunion tenue à Bangui le 8 novembre dernier. Les centrafricains se rappellent encore du nombre incalculable de dialogue, accords, concertations et autres regroupements qui se sont toujours soldés par un échec cuisant.

Dialogue politique Inclusif en 2008 en RCA - Photo(Crédit: sangonet.com)
Dialogue politique Inclusif en 2008 en RCA – Photo(Crédit: sangonet.com)

Même si un adage dit « La main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit », les centrafricains ne sont pas prêts à se lancer dans un autre dialogue demandé par la CEEAC. Le dernier en date s’appelle les accords de Libreville signés en janvier 2013 entre d’une part le pouvoir en place dirigé par François Bozize alors président de la République et d’autre part la Seleka, une coalition de rebellions dirigée par Michel Djotodia, l’opposition démocratique, les mouvements politico-armés, les représentants religieux  et de la société civile. Même si beaucoup d’observateurs continuent à croire à ces accords dits de Libreville, le centrafricains et les observateurs de la scène politique centrafricaine ne se voilent pas la face : ces accords sont caduques depuis le renversement du président François Bozize. Il n’est pas important de revenir sur les responsabilités étant donné que nous en avons largement parlé dans nos précédents articles mais le constant reste le même, le dialogue n’a jamais été le fort des Centrafricains.

 

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce scepticisme chez les centrafricains à revivre encore un dialogue de plus. Le mal centrafricain n’a jamais été ébranlé, malgré les concertations qui ont commencé depuis les années 90. Le vulgaire citoyen se dit que ces assises sont surtout des moments qui profitent à une classe, laquelle ne représente pas forcement les aspirations du peuple car sa situation n’est jamais prise en compte. Depuis plus de 30 ans, la République centrafricaine est dirigée par les mêmes hommes, ces mêmes aussi qui sont aussi des acteurs des dialogues.

 

Du régime du feu Président André Kolingba à celui du feu  Ange Félix  Patassé en passant par celui du Général François Bozize, les mêmes personnes qui ont verrouillé le système sont toujours à la commande. L’avènement de la Seleka qui avait d’abord été salué par certains compatriotes et surtout la diaspora dont certains membres ont été contraints à l’exil pour éviter une fin malheureuse n’a pas fait l’exception à la règle, au contraire les dégâts parlent d’eux-mêmes. Les même personnes reviennent comme des grenouilles qui coassent dans les marres d’eau après le passage de la pluie. Le constat amer du centrafricain est sans détour : ces personnes peu importe leur affiliation (partie politique, société civile, religieux, …) ne visent que leur intérêt. La preuve, après les concertations, il est toujours recommandé de former un gouvernement dont le nom varie -gouvernement de consensus, gouvernement d’union nationale- et qui permettent à de pseudo-représentants du peuple de se retrouver les pieds et la tête dans les affaires.

 

La situation que traverse la Centrafrique  ces derniers temps est grave. Cette gravité s’explique par la dégradation sans précédent de la situation sécuritaire laquelle oblige tout un peuple mis à genoux par les graves violations humaines dont l’humiliation, les exactions, les tortures, les assassinats et j’en passe font des centrafricains des animaux devant une force de la Seleka guidée par le mal. La priorité pour le centrafricain est la restauration de la sécurité sur toute l’étendue du territoire ainsi que sa dignité bafouée depuis belle lurette et ce, en restaurant de l’autorité de l’Etat qui est un mot vain il y a bien longtemps dans ce pays, à cause des intérêts mesquins des uns et des autres. On ne peut parler de dialogue lorsque, dormir ne fut-ce qu’une nuit sans être chatouiller par des tirs à l’arme lourde est un rêve que chaque centrafricain n’a pas eu l’occasion de côtoyer depuis la difficile cohabitation avec la Seleka.

 

Faire le dialogue ? Mais avec qui ? Lorsque nous savons que la crise centrafricaine a été entretenue par les hommes politiques qui ne se gênent pas à utiliser la souffrance du peuple pour assouvir leur besoin. Il ne s’agit pas de réunir cinq cent (500) ou mille (1000) personnes qui passeront leur temps à parler comme des sourd-muets car au lendemain, tous reviendront à la case du départ, ni de faire des recommandations qui accoucheront d’une souris à l’accoutumée. Les recommandations, les centrafricains en ont encore en mémoire. Ils ne sont pas prêts à écouter encore d’autres recommandations qui ne seront jamais tenues. Le peuple centrafricain éprouve de sérieux problèmes, de problèmes que les dirigeants doivent prendre à bras-le corps au lieu de passer leur temps à se morfondre comme des petits-enfants qui se disputent un morceau de gâteau.  Le pouvoir doit appartenir au peuple et c’est lui qui délègue et pas aux pseudo-politiques.

 

Les nombreuses violations des droits humains ne doivent pas restés impunies. Hors, que constatons-nous ? Habituellement, le dialogue national est une occasion de laver les coupables et de saper le mémoire des victimes des atrocités. A l’exemple de la République Démocratique du Congo où le M23 qui a longtemps régner en  maitre dans une importante partie du Congo a demandé l’amnistie pour ses membres en dépit des dégâts qu’ils ont causés sur la pauvre population. Que consolera les victimes et parents de victimes après tant d’humiliation? Il faut que les auteurs des crimes et de violation puissent être inculpés et jugés, la justice doit faire son travail.

 

Ce n’est pas lors de quelques jours de débats pour se voiler la face que le changement viendra. Détrompons-nous. Le changement doit être moral. Il est l’aspiration de la collectivité à rompre avec les pratiques néfastes du passé. Il est comportemental. Nous devons en tant que centrafricains prouver que nous voulons faire une scission d’avec le passé en tournant la page et en regardant le futur en face.  Ne nous leurrons pas la réalité, ce n’est pas du fait que la CEEAC et la communauté internationale nous imposent un dialogue national inclusif que nous sortirons de l’ornière. Nous devons apprendre de nos différences en les transformant en forces puis en les complétant pour rendre ces  forces collectives. La dynamique du groupe doit prôner. Il est la voie du salut centrafricain, en conséquence du développement socio-économique.

 

Le dialogue ne doit pas être imposé, il doit être éprouvé, le peuple doit le sentir, il doit l’appuyer s’il est venu de lui afin de mettre clairement ses aspirations sur la table pour son bien-être. S’il est imposé, il ne sera qu’une formalité et nous tomberons dans les mêmes erreurs. Il faut que nous apprenons des erreurs de notre passé pour jaillir de nouvelles idées pour le renouveau centrafricain.

Peace en Centrafrique


Centrafricains, partageons-nous la responsabilité dans le drame de notre pays ?

Tant de questions ont effleuré mon esprit ces derniers temps me poussent à rédiger cet article. Des questions qui sont pour la plupart légitimes vu leur importance. Pour se relever de cette crise endémique, il faut repartir à la source. « Pour tuer un serpent, il faut couper sa tête ». Les Centrafricains de toutes les couches partagent-ils la responsabilité collective de notre drame ? Le conflit centrafricain est plus profond qu’il en à l’air. Il est béant. Il doit être vu et expliquer dans tous ses contours. Dans ce billet, nous tenterons d’expliquer un certain nombre de choses qui ont permis de creuser davantage notre tombe.

 Quelques compatriotes avaient déjà abordé ces constantes qui méritent d’être soulignées. Dans un article de notre confrère blogueurCentro, la crise centrafricaine résulte d’un complot international et la solution ne viendrait pas de cette communauté internationale, ces personnes qui se disent politiciens, de l’Union africaine ni de la CEEAC qui ne font que tergiverser. Le scénario est semblable à celui du Mali où plusieurs réunions avaient été convoquées (plus d’une dizaine) sans vraiment avancer dans résolution de la crise malienne. Il a fallu que la France intervienne et qu’aux côtés des troupes françaises, un contingent tchadien se décident de lancer l’assaut pour libérer le nord Mali des groupes djihadistes. En Centrafrique, déjà 5 réunions extraordinaires, plus de 6 mois et une force qui n’existe que sur le papier car le contour financier reste discutable. Les organisations sous-régionales, régionales et internationales se regardent sans se concerter réellement sur le financement de la Misca. Je partage cette analyse du fait que nous avons largement contribué en tant que Centrafricains à arriver à cette déconfiture où passer une nuit sans une mauvaise nouvelle du genre attaque à Bossangoa, pillage à Boye-Rabe, assassinat à Combattant devient quelque chose de normale.

La vie de chaque Centrafricain ne tient qu’à un fil qui peut être fendu à tout moment par la volonté d’une tierce personne. L’humain est animalisé, dépouillé de toute sa dignité. Qu’à cela ne tienne, la faute nous incombe, car en tant que patriotes, notre responsabilité première consiste à nous unir pour barrer la route à tous ceux qui s’opposent de quelque façon que ce soit, au développement de notre cher et tendre pays, un pays qui a brillé dans le passé. Nous avons non seulement assisté à cette lamentable situation, mais nous y avons largement contribué par la mauvaise foi, par nos sales besognes, par le manque de patriotisme. Chacun quel que soit son travail, a jeté l’huile sur le feu. Notre ignorance a été constante et elle est un effet boomerang.

Des faits qui parlent d’eux-mêmes

  • Lorsque nous avons décidé volontairement d’opter pour un régime basé sur le népotisme, le favoritisme, le clientélisme, le clanisme, ce n’est pas la faute à la communauté internationale.
  • Lorsque nous avons volontairement sacrifié l’éducation des Centrafricains en détournant les fonds destinés à réformer les systèmes éducatifs, à corrompre un système éducatif qui n’existait plus depuis plus d’une décennie, ce n’est pas la faute à l’Unesco.
  • Lorsque nous avons décidé volontairement de détruire l’armée, en favorisant le recrutement des proches et parents en son sein au lieu de réaliser un recrutement digne de ce nom en mettant en devant, les compétences et la bravoure, ce n’est pas la faute à la Fomac ni à la Misca.
  • Lorsque nous avons décidé d’aider ces étrangers qui se sont mis à piller, tuer, détruire les maisons par notre complicité en pointant du doigt les maisons, en profitant pour régler nos comptes, ce n’est pas la faute aux Tchadiens ni aux Soudanais;
  • Lorsque nos frontières sont d’une porosité extrême et que des groupes armés étrangers circulent en toute liberté sans pour autant être inquiétés, ce n’est pas la faute aux pays voisins ;
  • Lorsque nous avons décidé d’escroquer, en tant que chef militaire, les candidats au recrutement des militaires sous l’ancien régime et que ces candidats malheureux se retrouvant dans la Seleka en profitent pour se venger, ce n’est pas la faute d’une tierce personne ;
  • Lorsque nous avons décidé de créer les partis politiques pour ensuite sauter sur la première occasion pour entrer dans le gouvernement et rallier à la majorité présidentielle et perdre le chapeau de l’opposition en acceptant certaines pratiques non démocratiques et en privilégiant remplir nos poches au détriment du peuple que nous avons juré sur la tombe de nos ancêtres lors des discours creux et dénués de sens que nous allons le servir, ce n’est pas la faute au peuple qui a placé en  nous son espoir ;
  • Lorsque, au lieu de créer des entreprises afin d’embaucher des jeunes sans emploi, favoriser le développement socio-économique, nous avons jugé utile de créer des partis politiques qui « polluent » l’atmosphère politique en Centrafrique, ce n’est pas la faute à la France ;
  • Lorsque nous avons décidé d’aller vivre à l’étranger et de nous fier juste à des fameuses déclarations qui ne changent en rien la situation au lieu d’emboiter le pas aux initiateurs de URGENCE236 qui sont venus en aide aux populations affectées, ce n’est pas la faute aux organisations humanitaires.
  • Lorsque, nous avons décidé volontairement de regarder nos frères, peu importe leur région, leur ethnie, leur religion comme des étrangers, alors que ce sont aussi des Centrafricains comme nous, ce n’est pas la faute à la communauté internationale ;
  • Lorsque nous avons décidé d’aller voter pour un candidat parce qu’il est de notre ethnie, notre région, ou que nous avons reçu de l’argent et du matériel de sa part, ce n’est pas la faute aux observateurs internationaux ;
  • Lorsque nous acceptons de percevoir un billet de 5000 F Cfa pour endurer 5 ans de souffrance à raison de 1000 F Cfa par an, ce n’est pas la faute à l’Union européenne. Alors que nous pouvons opter comme Stephen King,  « La confiance de l’innocent est le meilleur atout du menteur», ôtons cette confiance aveugle aux politiciens et leur masque tombera toute seule.
  • Lorsque nous avons décidé d’ignorer ce qui se passe dans notre pays et vivre comme si de rien n’était en laissant nos pauvres parents pourrir comme des animaux, ce n’est pas la faute à la communauté internationale.

Alors Centrafricains, chers frères et sœurs, pourquoi renvoyer la responsabilité sur les autres lorsque nous sommes, nous-mêmes à l’origine de notre drame. Nous avons toujours opté pour la facilité en rejetant la responsabilité sur les autres puisqu’il est facile d’accuser que de s’accuser.

Quand est-ce que nous allons ouvrir les yeux et comprendre que nous sommes responsables de ce qui se passe et que c’est par nos propres efforts que de la solution idoine et définitive jaillira la joie dans nos cœurs. Il est temps que nous changions, car « Les erreurs ont toujours été les plus grands professeurs» affirme François Gervais.

Si nous ne voulons pas que notre pays revive la même tragédie, c’est à nous de décider de tourner cette sombre page de notre histoire et décrire une autre page dont la base doit être la démocratie. Ce combat ne doit pas être solitaire, il faut qu’il y ait une révolution morale, car c’est elle la vraie révolution, ce n’est pas les armes qui vont faire changer les choses et là, nous avons eu suffisamment de preuves pour ne plus nous en dissuader.