Baba MAHAMAT

Pèlerinage à la Mecque en retard pour les musulmans de Centrafrique !

C’est confirmé ! A la veille de l’Aïde el-kebir ou la fête de Tabaski, les pèlerins centrafricains au nombre de 662 ont pu quitter l’aéroport International Bangui M’Poko pour le pèlerinage à la Mecque, ville Sainte et  n’auront pas la chance de vraiment profiter du sol saoudien que les autres.  Selon des informations émanant de certains d’entre eux et le  Comité National du pèlerinage à la Mecque, organe chargé d’organiser le voyage et le séjour de ces croyants, la compagnie saoudienne Djeddah Eagle Aviation était retenue pour le déplacement de ces personnes malheureusement, l’avion a pu atterrir et la dernière vague va quitter Bangui pour Djeddah depuis  hier 15h GMTà l’aéroport International Bangui M’Poko jusqu’à lors. Pourtant pour un aller-retour Bangui-Djeddah- Djeddah- Bangui, chaque pèlerin avait déboursé 1.700.000 frs CFA (environ 2590 euros) en plus des frais d’hébergement et de nourritures et autres frais liés à ce voyage religieux. L’aéroport de Djeddah avait été fermé au trafic par les autorités saoudiennes depuis vendredi dernier justement pour les besoins du pèlerinage aux Lieux-Saints de l’Islam. Ces voyageurs ont attendu depuis plusieurs jours.

Deux vols avaient étaient programmés malheureusement, l’avion n’a pas fait signe. Les pèlerins et leurs parents accompagnateurs découragés n’ont pas trouvés d’autres solutions que de quitter l’aéroport Bangui – M’Poko et d’occuper le siège du Comité National du pèlerinage en guise de protestation. Ne savant pas à quel saint se vouer, ces adeptes ne font qu’égrainer leurs chapelets à la longueur de la journée. Chaque année, l’organisation du pèlerinage pour les musulmans Centrafricains est une affaire juteuse que bons nombres de gens de tout azimut en profitent (dignitaires, responsables étatiques, hommes d’affaires,…). Du détournement d’argents de certains pèlerins au retard des vols d’avions, la liste des problèmes est assez longue. Cependant, cette année c’est du fiasco total.

Historiquement, le pèlerinage, l’un des cinq piliers de l’Islam autorise tout musulman à l’accomplir une fois dans sa vie s’il en a les moyens, est le plus grand rassemblement humain au monde concernant les musulmans.

Dans la plupart des pays africains, l’organisation du pèlerinage est une affaire qui implique souvent les responsables administratives, ce qui permet la transparence et l’efficacité des opérations. Cependant en RCA, il y a encore beaucoup à faire pour espérer la participation des responsables publics.

A ces nombreux problèmes que rencontrent les pèlerins et musulmans Centrafricains tous les ans, il faut ajouter le prix exorbitant des moutons qui varie entre 45 000 à 250 000 FCFA (environ 67 à 381 euros). Le prix du sucre et de l’huile a augmenté ces derniers temps et les problèmes d’argents ne facilitent non plus la célébration de cette fête des moutons. Nous avons interrogé une femme musulmane Adjé Ousmane sur cette cherté d’aliments et de viande, elle se lamentait en affirmant que les gens confondent les fêtes religieuses à des projets qui ont des financements à l’avance. Elle déplore l’indifférence total des vendeurs qui vont jusqu’à boucher leurs oreilles aux supplices des pauvres.

En entendant que la lumière soit faite sur ce retard, les pèlerins centrafricains auront la chance de fouler le sol de la Ville Sainte.


Oublier la logique et voyager avec les trafiques en RCA

Les voyageurs de Centrafrique vont sans doute le confirmer. Voyager à l’intérieur de la RCA (République Centrafricaine) avec les trafics est un casse-tête sans nom. Aux nombreuses difficultés rencontrées ainsi que de diverses tracasseries routières, s’ajoutent les conditions lamentables que doivent accepter les passagers qui sont souvent obligés de se serrer comme des « chinchards » , poissons congelés en provenance de Douala dans des conteneurs. La vétusté de la route est l’une des causes sans oublier l’augmentation constante du prix du carburant – par exemple, en une année, les carburants ont augmenté deux fois – laissant le voyageur centrafricain à son triste sors.

Pour remédier au problème de transport, la SONATU (SOciété NAtionale de Transport Urbain) a été créée grâce à un don du gouvernement indien d’une centaine de bus en 2011 à la Centrafrique. Ces bus, après leur mise en activité commerciale, sont confrontés à d’énormes difficultés : de la gestion commerciale à la confiscation des bus par certaines autorités, qui leur permettent de satisfaire leurs besoins personnels, et surtout l’état des routes impraticables de la capitale qui envoie tous ces bus au garage, les pratiques maffieuses des mécaniciens qui n’hésitent pas à voler et vendre les pièces de rechange… Ils n’ont finalement pas eu la longévité qu’espérait la population.
Une dizaine desservait l’arrière-pays, notamment les grandes villes telles que Bossembélé, Bossangoa, Boali, Bambari, Bria, Gara Boulai, pour ne citer que celles-ci.Puisque la capacité n’est pas suffisante vu le nombre des voyageurs, d’autres véhicules desservent les provinces afin de permettre le déplacement des intéressés et non sans mettre leur vie en danger, en contre partie d’un prix dérisoire sur certaines axes. Il s’agit le plus souvent de petites voitures et d’autres pick-ups obligés de surcharger marchandises et passagers pour s’en sortir avec le prix du carburant.

Mais au lieu de parler, il vaut mieux vivre soi-même les faits car « Lexpérience est le meilleur enseignant » disait un vieux proverbe. De retour d’une mission à Mbaïki, une ville située au Sud de la Centrafrique à une centaine de kilomètres de Bangui, la Capitale Centrafricaine, nous étions obligés – car il n’y avait pas d’autres occasions après avoir tant attendu – de monter à bord d’un véhicule de marque Peugeot qui transportait les commerçants ainsi que quelques autres passagers. Le pire a été sans doute de grimper sur plus de 4 mètres de hauteur, pour avoir une « place » pour s’asseoir, ce qui ne se faisait pas sans difficultés. Alors, nous avons pris chacun une portion de place et les trois dans le véhicule, le chauffeur qui avait son pied sur le frein n’attendait que le signe de son apprenti pour continuer son voyage. Il était 16 heures 30, heures de Bangui, une heure de moins au Temps Universel. Et il nous restait environ 25 kilomètres pour arriver à destination. Dans les conditions normales, quoique le tronçon Bangui-Mbaïki est dans un état de décrépitude avancée, 25 à 40 minutes auraient suffi pour arriver à Bangui.

Tous les cinq ou sept kilomètres, le véhicule s’arrêtait pour prendre d’autres marchandises et passagers. La cabine réservée pour accepter deux personnes comporte dans ces circonstances quatre à cinq personnes. Même la place du chauffeur est occupée et par celui-ci et surchargée par un autre passager faisant en total « deux chauffeurs » pour un véhicule. Un voyageur commençait à fustiger les propriétaires du véhicule pour avoir exagéré et mis en danger la vie des passagers. Une quinquagénaire commerçante ripostait en expliquant qu’elle avait toujours voyagé dans ces conditions et que c’est Dieu qui détient le destin, il peut l’ôter comme bon lui semble mais pas nécessairement dans ces conditions. Même si ces raisonnements nous laissaient perplexes, il vaut mieux les écouter pour se réconforter. Le chauffeur qui, décidément, se trouvait être également le receveur, chargé de percevoir l’argent des clients, s’arrêtait et continuait de donner l’ordre à ses apprentis de charger d’autres marchandises. Peu importe même si on dépassait cinq mètres de hauteur, pourvu que chacun ait la possibilité de grimper et de s’asseoir. Linconfort est indiscutable mais pas question de descendre car cétait une occasion en or pour rentrer à Bangui, se disaient intérieurement tous les passagers. Dans la cabine se trouvait un bébé qui pleurait, sa maman était assise avec nous sur le véhicule. Le chauffeur demeurait insensible à ces pleurs et continuait à accélérer malgré les supplices de la maman. A gauche, une moto passait à une allure extrême avec une commerçante appelée communément « ouali ngara ». C’était une femme d’une quarantaine qui était assise sur ses sacs de manioc comme la « co-pilote ». Dans la stupéfaction totale de tous, ces deux passagers ont continué leur bonhomme de chemin sans être inquiétés. Et puis comme d’habitude, ce nest pas la première fois que les gens voyagent dans ces conditions.

Les 40 kilomètres pour arriver à Bangui nous ont pris plus de 3 heures. Et oui, c’est ainsi que ça se passe avec les trafiques en Centrafrique ! A l’arrivée au PK 9 vers 18 heures, tous les passagers étaient dans un état de fatigue avancé. Nous étions arrivés à Bangui tout essoufflés, mais le plus important était d’arriver… Le reste n’est que détails à oublier très rapidement.

Le développement de certains pays se base sur le secteur du transport, mais ce n’est le cas pour la Centrafrique. Le transport terrestre dans ce pays se trouve parmi les premières causes de mortalité. Dans une telle impasse, le gouvernement et le ministère du transport doivent réfléchir à des solutions durables afin de palier à ces problèmes qui n’ont fait que trop durer.


L’avenir de la musique centrafricaine: mythe ou réalité?

Depuis quelques décennies, la musique centrafricaine s’est apparentée à la rumba congolo-zaïroise caractérisée par un rythme très dansant, avec les anciens orchestres tels que Musiki, Centrafrican Jazz, Canon Stars, Super Stars, Commando Jazz, Makembe, Tropical Fiesta, Cool Stars, Ouaka Stars, Zokela pour ne citer que ceux-là.

La musique centrafricaine moderne existe même si elle est inconnue sur la scène internationale. L’absence d’une politique culturelle a « ghettorisé » cette musique. Cette musique est née dans les années 50, période où la rumba cubaine et le high-life venus du Ghana faisaient fureur en Afrique centrale. La République Centrafricaine n’était pas demeurée insensible au nouveau courant puisque les musiciens de l’époque reprenaient à Bangui des morceaux populaires cubains et ghanéens qui étaient diffusés sur le puissant émetteur de radio Brazzaville installée par les colons français.

Parmi les pionniers centrafricains, l’on peut citer : Jean-Marc LESOI, Jean MAGALET, Dominique EBOMA, Prosper MAYELE, BEKPA, et Jimmy ZAKARI surnommé Jimmy de l’hawaïenne par les zaïrois. Ces figures ont participé à la création de la rumba congolo-zaïroise compte tenu du fait que Jimmy ZAKARI avait évolué tantôt à Brazzaville et tantôt à Kinshasa où il fut le professeur de guitare du célèbre musicien zaïrois Franco LUAMBO.


Paulo KAMBA (Congo), Jimmy ZAKARI (Centrafrique) et WENDO (Zaïre) sont les précurseurs de la rumba congolo-zaïroise. Le manque de moyens de production et de promotion a mis sous silence la musique centrafricaine. A l’intérieur du pays, les groupes se forment et disparaissent par manque de structuration et de soutien. Quelques orchestres populaires agrémentent les soirées banguissoises dans les principaux bars dancings de la place : Musiki, Canon Stars, Super Stars, Commando Jazz, Tropical Fiesta Et Les Zokela

Les difficultés rencontrées par les artistes ont contraint certains à l’exil où ils trouvent une occasion de faire connaître leur talent à l’étranger. C’est ainsi qu’on trouve à Paris les chanteurs comme Charlie Perriere, Sultan Zembellat, Laskin Ngomateke, Baba By-Gao, Lea Lignanzi, Leonie Kangala, Frederic Kangala, Bebe Matou, Delmas Kelou et Judes Bondeze, à Douala et récemment à Paris Idylle Mamba, qui se produisent en concert et en disque.

Mais on n’oubliera pas, quelques groupes qui, contre vent et marrées continuent d’agrémenter le public banguissois en produisant des spectacles et en chantant de très bons morceaux notamment les artistes OZAGUIN, NGOU TI WA avec des chansons évoquant des thèmes d’amour, de savoir vivre, de tristesse,…
La musique moderne centrafricaine véhicule le sango qui est la langue nationale et officielle parlée par toute la population. Elle représente un atout dans ce pays puisqu’elle véhicule le sango pour éduquer, sensibiliser la population et favoriser la promotion de la langue qui n’est pas enseignée dans les écoles (exception faite à l’Alliance française où cette langue est enseignée). La majorité des ouvres centrafricaines sont écrites et chantées en sango. Si la musique moderne centrafricaine fait figure de parent pauvre, elle est cependant une richesse inexploitée de nos jours. Son rayonnement mondial – ce qui se fait suffisamment déjà bien avec la musique polyphonique des Pygmées Aka – peut être un facteur déclencheur de la découverte du pays encore méconnu. A l’heure où le développement culturel n’est pas prioritaire dans plusieurs pays africains, les artistes centrafricains doivent compter sur leurs propres moyens afin de faire connaître leur art.

De nos jours, la tendance est au MUSIKA ?

Cependant de nos jours, nous remarquons un véritable sursaut musical avec de nouvelles générations d’orchestres comme sapeke musika, lakouaga musika, 92 musika, combattant musika. La nouvelle tendance est de voir chaque arrondissement de Bangui et des provinces créer son propre groupe d’orchestre musika.

D’ailleurs, le hip hop a commencé avec l’avènement du SOUMA HIP HOP en 2007 qui est un festival réalisé par l’Alliance française de Bangui rehaussé par la présence des artistes de renommée internationale tel que Didier AWADI de nationalité Sénégalaise.

Il faut dire que le SOUMA HIP HOP avait démarré par de multiples compétitions préliminaires pour atteindre ses objectifs qui consistaient à donner plus d’entrainements et d’inspirations aux jeunes talents et faire la promotion des artistes locaux.

Il en est de même pour le concours de la chanson francophone organisé annuellement au mois de mars, à l’occasion de la Journée Internationale de la Francophonie, par l’Alliance française de Bangui en partenariat avec quelques sociétés de la place. Le but étant de galvaniser les jeunes artistes pour qu’ils soient talentueux. Les activités consistent en des interprétations des chansons francophones et quelques spectacles de danse.

En plus de ces activités qu’organise l’Alliance Française, il faut noter avec satisfaction que la création des orchestres dans les arrondissements a été encouragée par la mise à la disposition de ceux-ci d’instruments de musique et de spectacle offerts par le Président de la République au Ministère de la Jeunesse, de la Culture, des Arts et du Sport permettant à ces groupes de se produire, même souvent en plein air pour le public centrafricain.

Ce qu’il faut aussi ajouter, c’est l’aspect de l’originalité que recherchent ces jeunes en vue de montrer aux yeux du monde et des autorités nationales l’engouement pour la promotion de la culture et leur volonté à se démarquer  des autres artistes.

Côté production, c’est le miracle

Ne sort un album qui veut. Quelques jeunes producteurs font le plein, mais ils manquent de ressources à la fois financières et humaines. Le domaine de la production, il est vrai, est un casse-tête en République Centrafricaine. Et les artistes musiciens sont toujours à couteau tirés avec leurs producteurs. Les premiers accusent les seconds de se faire du beurre sur le dos des artistes. « Pas vrai, répliquent les producteurs. Il faut qu’ils améliorent la qualité de leur travail ».
Nul ne doute que la production discographique connaît la plus grande baisse de son histoire. Sur les marchés et les bacs, on ne retrouve pas assez des disques et albums centrafricains. Seul le groupe Canon Star fait quelques bonds, mais là encore, la question de visibilité se pose avec acuité. Manque d’encadrement artistique et de subvention de l’Etat, pas de sérieux dans le processus de management, les artistes Centrafricains se doivent de multiplier les énergies pour refaire surface. Une surface devenue de plus en plus glissante. De nos jours, le business et la musique font bon ménage.

En plus du problème d’organisation évoqué ci-haut, il faut savoir que la musique centrafricain peine à s’imposer sur le plan international à cause de manque de maison de production. L’amateurisme de certains artistes nous laisse  perplexe quant à l’odyssée de cette musique qui a connu beaucoup de succès à une époque de son histoire.

Il revient ainsi au Ministère de la Jeunesse, de la Culture, des Arts  et du Sports et les partenaires culturels de relancer définitivement la musique Centrafricaine en insistant sur les droits d’auteurs et en appuyant la production des jeunes artistes. L’avenir nous dira mieux sur cette musique.


15 octobre 2012: Journée Mondiale des Paysannes, que retenir en Centrafrique?

La commémoration chaque année, de la Journée Internationale de la Femme Rurale est une occasion pour nous de jeter un coup d’œil à la situation de la condition de femmes vivantes dans les provinces.

En RCA, même si cette journée est passée inaperçue, il est de notre devoir de nous poser quelques questions sur les conditions des femmes, de nos mères qui vivent dans des conditions lamentables. La femme Centrafricaine a vécu ces dernières années dans la peur, la souffrance, l’humiliation, etc.

Nul ne peut ignorer que c’est à travers ces braves femmes rurales que nous avons nos nourritures quotidiennes. Elles sont des battantes qui se lèvent très tôt le matin et rentrent très tard à la tombée de la nuit, pour les travaux champêtres afin de mettre leurs récoltes en vente pour la population de Bangui et des grandes villes Centrafricaines.

Au sud du pays, la Femme Rurale est en proie avec son entourage à cause des accusations diverses notamment la sorcellerie et l’envoutement. Plusieurs femmes de cette partie de la RCA, souvent à cause de leur vieillesse ont été torturées ou/et battues à mort, maltraitées et même enterrées vivantes. Le dernier cas en date est celui qui s’est produit à Kapou II le 12 septembre 2012, une localité située à 40 kilomètres de Bangui à la sortie Sud de Bangui où deux femmes accusées de sorcellerie ont été enterrées vivantes dans le silence des autorités administratives de la localité. C’est ainsi que certains responsables publics avaient été interpellés, quelques chefs de quartiers mis en garde de vue et une enquête a été ouverte pour mettre la lumière sur cette affaire afin connaitre la vérité.

Cependant, au Nord de la RCA, la situation est plus que dramatique. Les différentes rebellions ainsi que les forces étrangères présentes sur cette partie du pays ont rendu la vie invivable à la population, aux femmes et enfants en particulier. Les groupes terroriste de la LRA (Lord Resistance of Army, Armée de Résistance du Seigneur) de Joseph KONY et rebelle FPR (Forces Populaires pour la République) du Tchadien Baba LADE ont monopolisé cette zone et imposent leurs règles depuis quelques années déjà. Les victimes se comptent par milliers et la fin de ses exactions n’est pas pour bientôt. Pour la force terroriste LRA-une rébellion ougandaise qui s’est déplacée en Centrafrique après avoir fait ses débuts en Ouganda puis chassée pour se retrouver en RDC et maintenant en RCA- malgré les efforts déployés par le gouvernement centrafricain, la présence de l’armée ougandaise, l’envoi d’une centaine de conseillers militaires américains, la mise en place d’une unité de police constituée(UPC) regroupant les forces Tchadienne, Centrafricaine et Soudanaise, l’appui des Nations Unies et le mandat international contre son chef Joseph KONY, les éléments de la LRA repartis en groupuscule continuent de semer la zizanie et la terreur sans être inquiétés.

Un autre groupe, celui du Chef rebelle Tchadien le général Baba LADE du FPR a sévi pendant plusieurs mois dans les régions telles que Kaga Bandoro, Bambari, … avant de déposer les armes au mois d’out dernier et s’est rendu aux autorités centrafricaines. Baba LADE a déclaré avoir trop souffert en brousse et que l’heure est venu pour lui de se rendre et de rentrer au Tchad. La souffrance des familles endeuillées et des victimes de ce groupe de malfrats ne peut être comparée à celle de celui de Baba LADE qui n’a pas compris que nous sommes à l’heure de la démocratie et que la force n’a plus sa place dans le monde actuel. Ces paysans qui vivaient en harmonie ne demandant rien d’autre que la paix, étaient obligés de payer des cotisations imposées par le FPR, maltraités et déposséder de leurs biens.

Il y a aussi les autres rebellions nationales qui pillent, tuent et brûlent des villages entiers faisant des victimes innombrables. Et aussi les forces gouvernementales qui ne cessent de terroriser la population des arrière-pays à cause de leur appartenance ethnique, régionale ou religieuse. A quand la fin de ces atrocités ?

Dans presque la totalité des provinces, les femmes perdent leur vie en accouchant à cause de manque d’infrastructures adéquates notamment des maternités ou de matériels pour les interventions d’urgence. On n’oubliera jamais ces femmes qui sont battues tous les jours par leurs maris, celles également qui n’ont pas accès aux premiers soins à cause de manque de cadres d’accueil.

Dans toutes les situations, ce sont les femmes et les enfants qui peinent car impuissants.

A toutes ces femmes-là, nos pensées ont vers elles car elles n’ont pas choisi de vivre dans la peur et la souffrance quotidienne et qui les subissent. A ces femmes-là, il faut avoir une conscience et les venir en aide car ce sont des êtres vivants comme nous qui ont le droit de vivre dans la dignité humaine et le respect de la personne. C’est un cri de détresse à l’endroit de toutes les personnes de bonne volonté ainsi que les humanitaires sans oublier le gouvernement pour œuvrer afin de d’éradiquer toutes forces nuisibles et améliorer les conditions de vie de la femme Rurale.


La baisse de niveau en Centrafrique, un mal à éradiquer à tout prix!

On ne se souvient vraiment peut être pas mais l’histoire retiendra que la République Centrafricaine a connu des élites qui ont fait sa fierté. Il y a encore quelques années, malgré le taux d’alphabétisation moins élevé, ce pays comptait sur quelques intellectuels qui ont brillé avec un parcours excellent tant au niveau national qu’international. Débuté il y a environ une décennie, la baisse de niveau est un fléau qui gangrène l’institution de formation fragilisé par le système éducatif. Parmi les causes, on peut entre autre parler de la corruption, du manque de moyens techniques et des infrastructures adéquates, du favoritisme, de l’irresponsabilité des parents et des élèves et étudiants eux-mêmes. A cela s’ajoutent les multiples crises  sociopolitiques qui ont plongé le territoire dans une instabilité totale.

Il y a quelques années, précisément en 2006 quand j’étais encore élève en classe de terminale C, je passais dans un établissement d’enseignement primaire, l’école Benzvi pour me rendre au Centre National de la Jeunesse et des Sports(CNJS) pour la révision de mes cours. Il  était 15 heures à Bangui et les élèves du Cours Moyen 2è année (CM2) de cette école située en plein centre de la capitale étaient en classe. Je me rappelais avoir écouté leur institutrice leur demandant de donner le nom de l’animal qu’elle avait dessiné au tableau. A sa grade surprise, aucun ne claquait le doigt. Après avoir insisté plusieurs fois, contrainte, elle demanda de donner le nom en sango (langue nationale en Centrafrique). Toute la classe pu crier maintenant mbo (en sango qui veut dire un chien). Stupéfait, j’étais resté quelques minutes terré et abasourdi par la scène dont je venais d’être le grand témoin. Qu’à cela tienne, la chute du niveau a été si vertigineuse que même le gouvernement ne semble plus maîtriser ce fléau. La corruption a été quasi légitimée à travers des pratiques indignes d’une institution de formation qui a pour mission principale d’inculquer aux écoliers et étudiants le respect de l’étique, de l’honnêteté et le sens de l’effort. On se demanderait pourquoi pratiquer la corruption à l’école? D’abord, il faut noter que le salaire des enseignants n’est pas consistant pour répondre aux multiples besoins quotidiens incommensurables de leurs progénitures. La cherté de la vie avec l’augmentation des denrées et produits de première nécessité ne favorise guère plus la situation. Pour surmonter toutes les difficultés financières, ils ont trouvé refuge en monnayant les notes. Non moindre, la pratique est omniprésente au sein des établissements secondaires et à l’université ainsi que dans les Instituts. Ainsi, On parle souvent des Notes Sexuellement Transmissible (NST) pour designer les rapports qu’entretiennent certains enseignants et autres responsables académiques avec leurs élèves ou étudiantes. La pratique est ainsi généralisée. Par exemple, un de mes amis m’annonçait en 2008 qu’il était obligé de remettre une somme de 100 000 FCFA(environ 152 euro) pour obtenir un diplôme de baccalauréat général après deux ans d’échec. Il me racontait qu’ à défaut d’avoir la même somme que lui, un de ses collègues a du payer 50 000 FCFA (soit 76 euros pour être admis au second tour. C’est la triste réalité. Je me souvenais qu’en 2010, lors de la délibération des examens du brevet des collèges, certains candidats malheureux ont pu être soulagés en payant 3000 FCFA (environ 4,5 euro)  pour leur admission. Alors à ce moment, le système éducatif ne mérite-il pas d’être remis en cause?

Pie encore, la responsabilité des parents. Certains parents vont même encourager ces pratiques en payant eux-mêmes l’admission de leurs enfants aux concours et examens. Il est quasi impossible qu’un enfant, paresseux soit-il puisse reprendre une classe. Le rôle souverain des parents qui est de conseiller leurs progénitures et les aider à surmonter les difficultés scolaires en les incitant à donner le meilleur d’eux-mêmes est transformé en des « poussoirs en classe supérieure ». Ils cautionnent ainsi la médiocrité au lieu d’inculquer la culture d’excellence. Sous prétexte qu’un monsieur soit bien placé, il n’aimerait jamais que ses enfants reprennent leur classe pour des raisons infondées. Certains vous diront que d’autres parents le font alors il n y a pas de raison qu’il ne le fasse. Qu’il essaie juste d’aider leurs enfants à réussir afin de les entretenir une fois qu’ils réussiront. Les visites parentales aux responsables académiques sont devenues monnaie courante. Surtout en période d’examen de fin d’année, les réseaux téléphoniques sont encombrés par les appels intempestifs des parents aux « sauveurs » de leurs enfants qui sont soit des enseignants retenus pour la correction des épreuves, soit des intermédiaires prêts à tout pour soutirer de l’argent aux parents qui manquent de vigilance. Les devantures des directions académiques se font remarquer par des allers et retour de personnes discrètement. La proximité entre parents et enseignants n’est plus à souligner. D’aucuns vont même dire que certains enseignants se rendent aux domiciles familiaux de leurs élèves pour proposer leur « aide ».

En ce qui concerne les élèves et étudiants, le principe est de ne pas reprendre une classe. Souvent, ceux qui reprennent une classe sont traités d’incapables. Ce qui signifie qu’ils n’ont, soit pas de parents bien « placés » soit ne disposent pas de moyens suffisants pour payer leur admission. Cependant, ce sont des cas d’une rareté extrême. En 2011, j’ai fait la connaissance d’un étudiant de l’École Normale Supérieure (ENS) de Bangui. Il s’agit de l’unique école de formation des pédagogues. Il m’expliquait comment les étudiants se comportaient lors des évaluations. La tricherie est devenue presque, une action légitimée par les étudiants. Même à l’université, à quelques années de la vie active, ils n’apprennent pas les bonnes manières. Certains enseignants font souvent l’objet de menaces proférées à leur endroit quand ils tentent d’appliquer le Règlement Intérieur portant organisation et déroulement des contrôles de connaissance. On se croyait dans la République de Gondwana en reprenant les termes de Maman. Certains élèves et étudiants préfèrent rester à la maison en faisant confiance à leur poche pour les faire passer. C’est ainsi que dans la plupart des cas, ils ne se rendaient sur les campus qu’au moment des examens, et là, juste pour une formalité.

La situation est plus préoccupante encore dans les zones reculées du pays. Dans certains endroits, le taux alphabétisation avoisine les 90% selon une source gouvernementale. Les enfants à l’âge de  scolarisation ne fréquentent pas à cause des travaux champêtres imposés par leurs parents.  Ces mêmes pratiques décrites ci-haut font l’unanimité. Les parents à défaut de disponibilité financière, apportent souvent aux enseignants et autres cadres académiques du bétail ou des articles divers selon les activités (chasse, agriculture, …).

Pour l’État, de multiples réunions ont permis de desceller les problèmes mais trouver les solutions semble tenir la queue du diable. Ce qui est important est la mise en cause du système éducatif qui prévaut jusqu’à lors. La mondialisation avec les progrès technologiques obligent la Centrafrique à s’aligner derrière les autres pays en envisageant la refonte de son système éducatif dans lequel tout élève ou étudiant finissant ses études soit à mesure de se rendre utile à travers ses compétences. Car il faut reconnaître que la compétition est très rude comparé aux pays voisins comme le Cameroun, ou le Gabon pour ne citer que ceux-là. Les documents pédagogiques au programme sont dans la plupart des cas, issus de vieilles éditions datant de plus de 30 ans devenant ainsi obsolètes

Tout cela à des conséquences graves et ne peut que mener cette nation à s’enfoncer davantage dans un trou que tout le monde est entrain de contribuer à rendre béant. Si la situation ne se stagne pas, la relève des cadres posera une réelle difficulté.