Baba MAHAMAT

Top 10 des chiffres qui alarment en Centrafrique

Une situation humanitaire très alarmante, au bout du chaos, une l’insécurité grandissante, de graves violations de droits de l’homme,… sont autant d’expression que les médias utilisent ces derniers mois pour qualifier la situation qui prévaut en Centrafrique. Très peu donnent des chiffres afin de corroborer cette crise centrafricaine sans précédent. Dans ce billet, nous vous proposons quelques chiffres réunis en 10 points pour vous donner une idée de la souffrance que subis le peuple centrafricain depuis ces derniers mois.1-

1-Situation humanitaire

Selon l’organisation onusienne le Haut Commissariat des Réfugiés(HCR), plus de 206 000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, et 50 000 réfugiées à l’extérieur. Ces refugiés à l’extérieur sont repartis dans les pays voisins tels que le Tchad, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Congo.

2-Indice de développement humain (IDH)

Selon les derniers chiffres de l’Indice de développement humain (IDH) publié chaque année par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la RCA était classé 180e sur une liste de 186 pays en 2012.3-

3-Esperance de vie

Le pays affiche la deuxième espérance de vie la plus faible au monde : 49 ans ; en 2011 déjà, 30% de la population vivait dans l’insécurité alimentaire, et 16% des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition

4-Victimes des derniers événements

Presque toute la population soit environ 4,5 millions d’habitants de ce pays d’une superficie de 623 000 km² sont affectés par la dernière crise. Selon une enquête de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, plus de 400 personnes ont trouvé la mort pendant la crise. Seulement ce chiffre serait encore plus important compte tenu des cas de décès non-comptabilisés surtout les victimes se trouvant dans l’arrière pays.

5-Aide des organisations internationales et autres pays

L’ONU a promis une aide d’urgence de 7 millions d’euros en juin, et l’UE une rallonge de 8 millions en juillet (soit 20 millions d’euros en 2013). En attendant que ces sommes tombent, la situation ne fait que s’aggraver. Le Congo a accordé un prêt de 25 milliards de FCFA, 8 milliards ont déjà été débloqué, ce qui a servi a épongé deux mois d’arrières de salaires et autres dépensés de l’Etat.

6-Les éléments de la Seleka

La Seleka (coalition en langue sango) qui a débuté les hostilités le 12 décembre 2012 et s’emparant du pouvoir le 24 mars est une alliance de plusieurs mouvements de rébellion qui sévissaient depuis plusieurs années au nord et nord-est du pays. Ces éléments sont estimés à environ 25 000 hommes dont 20 000 devront être intégrés dans l’armée selon le nouvel homme fort de Bangui.

7-Le CNT et ses en-dessous

Emanant des recommandations de Ndjamena lors de la réunion des Chefs d’états de la CEEAC, le Conseil National de Transition a été mis en place avec initialement 105 conseillers qui ont pour mission de défendre et de parler au nom du peuple. Malgré que les caisses de l’état soient vides, Ndjamena II a revu à la hausse le nombre à 135 conseillers

8-La signification du fameux chiffre 10.

Même si en voyant de près, ce n’est pas une fatalité, les centrafricains ont commencé à mettre dans leur tête que chaque 10 ans, le pouvoir change de main. Après l’élection d’Ange Félix Patassé en 1993, le Général François Bozizé va le renverser le 15 mars 2003 par les armes. Qui tue par l’épée, mourra par l’épée, François Bozizé sera à son tour chassé du pouvoir par un civil, Michel Djotodia, chef de la coalition Seleka le 24 mars 2013. La prochaine décennie va nous renseigner pour si la tradition centrafricaine va se pérenniser.

9-De la FOMAC à la MISCA

De 1200 hommes de la Fomac, une résolution de l’union africaine a permis de convertir cette force en Misca(Mission de sécurisation de la Centrafrique) sous l’égide de l’Union africaine. Elle passera ainsi de 1200 hommes sur le terrain à 3600 selon la résolution. Même si le nombre des éléments de cette force est loin d’être suffisant, il faut noter que c’est une avancée considérable dans la stabilité du pays.

10. Université publique

Un(1), c’est le nombre d’université publique en Centrafrique. Créée il y a plusieurs année, l’université de Bangui reste unique dans ce pays en accueillant plus de 20 000 étudiants de nos jours.


Je suis président africain, je ne veux pas être jugé car c’est à moi de juger

Combien ils sont, on ne comptera pas assez. Ces présidents africains qui ne cessent de violenter leur peuple, un peuple qu’ils ont juré de défendre et de conduire à bon port. En Afrique, le titre de ce billet fait le buzz car les présidents africains se croient au dessus de la loi. Pourtant, les juristes aiment dire, « nul n’est censé ignoré la loi ». D’autres encore expliquent que, après la loi, c’est le mûr.

 

 Il suffit de faire un tour sur le site de la CPI, cette Cour Pénal Internationale que les dirigeants africains ont finalement decidé de renier car ils se sont rendus compte que la plupart des mandats sont lancés contre les africains. Cette opposition ou bien la mise en cause de cette prestigieuse cour qui a fait couler beaucoup d’encre lors d’un sommet de l’Union africaine tenue à Addis Abeba.

Dans mes folles réflexions, je me suis aussi posé la même question que nos dirigeants sur le véritable de ce tribunal que mes compatriotes connaissent très bien grâce à l’affaire Jean-Pierre Bemba. Cette question m’a parut dénué de sens vu les atrocités que nos dirigeants commettent chez eux. En Afrique, il est presque impossible pour un président d’avoir les mains tachées. Je me suis demandé si Macky Sall aura un casier vierge à sa sortie ! Quand on est président en Afrique, on doit VRIAMENT régner. Vous savez ce que veut dire régner chez nous, ben cela veut dire qu’il faut s’imposer, se faire respecter. Et pour faire asseoir son autorité, un dirigeant africain ne passera pas par mille chemins : on préfère faire mieux que les colons, on tue, on emprisonne arbitrairement, on accuse nos opposants ou détracteurs d’intelligencia à un coup d’état ou mieux encore d’auteur ou co-auteur d’une déstabilisation du pays. Les motifs ne manquent surtout pas. Tous les moyens sont permis pourvu qu’on arrive à faire taire définitivement si possible ces épines qui ne cessent de piquer.

Mais lors de mes réflexions, j’ai pu me faire une idée de la peur qui traverse souvent les dirigeants africains les amenant toujours à faire recours à l’ultime chemin, s’accrocher au pouvoir et ne pas le quitter d’une semelle. Les présidents en Afrique ne veulent pas abandonner le navire juste pour une raison simple : ils ont fait assez de mal au point d’avoir peur de l’avenir sans ce pouvoir qui devient au bout du temps, leur seule raison de vivre. Et, il faut être bête pour remettre le pouvoir alors qu’on signe notre mort par la même occasion. Toutes ces victimes, ces personnes qui ont été séquestrées, emprisonnées arbitrairement, torturées et qui ne sont pas morts attendent juste le moment opportun pour prendre leur révenge. Et surtout dans tout cela, c’est la CPI qui est la plus bénéfique : ouverture d’une enquête en vue de réunir les preuves pour une éventuelle poursuite judicaire contre X. Ce X représente souvent un dignitaire du pouvoir.

L’organisation judiciaire d’un pays autorise qu’une enquête soit ouverte à l’encontre d’un ancien président afin de découvrir d’éventuelles preuves dans sa culpabilité. Cette organisation combien acceptée par la constitution n’est mise en cause par un président que lorsque ce dernier n’est plus aux règnes. Il y voit pareille une arme qu’il tenait le déclencheur mais inversée dans sa situation actuelle où il se trouve pointé par l’arme. Il n’est pas interdit de se soumettre à cet exercice judicaire qui peut mettre en cause tout citoyen. D’ailleurs, si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi ne pas vous soumettre ?

Donc ne vous trompez pas. Si Hissein Habré qui a bénéficié jusqu’à une date récente d’une liberté et ses avocats s’opposent à son incarcération, il a sans doute raison. D’ailleurs, vous devriez sans doute écouter l’ancien président centrafricain François Bozize qui, malgré sa triste prison de Bossembele, refuse de reconnaître les assassinats qui ont eu lieu dans cette partie de la RCA en balayant le mandat d’arrêt international lancé à son encontre. Ce dernier a raison aussi. Tous ces dictateurs africains qui aujourd’hui sèment la terreur chez eux, ne se gênent pas pour le moment malgré le forfait qu’ils commettent sur de paisibles citoyens. Tous ont raison à cause de ce principe africain : je suis président africain, je ne veux pas être jugé car c’est à moi de juger. Messieurs les présidents, prenez votre courage à deux mains et affrontez la justice de vos pays pour prouver votre innocence.


Le système éducatif africain et le mystère autour des examens de fin d’année

 Corruption, baisse de niveau, favoritisme, infrastructures inexistents, echec aux examens, autant de problèmes que le système educatif africain fait face sans vraiment réussir à les faire reduire voire disparaître. Dans ce billet collectif, qualque blogueurs ont collaboré en parlant de la situation de l’éducation dans leurs pays respectifs.

 

 Sinatou Saka, Bénin

 

 

Faible taux de réussite au Bac au Bénin: Causes et essais de solutions

 

« Les résultats du baccalauréat 2013 (32.35 pour cent d’admissibles) au Bénin sont depuis quelques jours, objet de controverses et de polémiques. Cependant le problème est plus profond et est dû à deux facteurs. Les échecs sont dus d’abord aux enseignants qui ont reconnu qu’en leur sein, il y en a qui n’ont pas le niveau requis ou les qualifications qu’il faut pour bien transmettre le savoir aux élèves. Outre cette raison, il y a le faible niveau des élèves qui pour la plupart, arrivent difficilement en terminale, pour certains, sans CEP ou BEPC. Il est donc important de consolider les savoirs des enseignants, d’adopter une politique de recrutement plus claire et d’installer dans les écoles des conseillers d’orientation pour guider et accompagner les élèves. »

 

Baba Mahamat, Centrafrique

 

L’éducation centrafricaine, une descente effrenée dans l’enfer

Avec seulement 6,9% d’admis soit 737 déclarés admis et 1.957 autorisés à subir les épreuves du second groupe sur 10.665 candidats ayant composé en juillet 2005, le mystère qui tourne autour de ce examen national en Centrafrique est loin d’être élucidé. Les résultats du baccalauréat 2005 proclamés ont été rendus publics à l`issue d`une délibération présidée par le ministre de l`Education nationale de l’époque, Timoléon Mbaïkoua. Depuis 2003, ces résultats qui ont souvent été controversés témoignent des tensions dus à des fraudes massives qui parfois, contraignent le ministère de l`Education nationale à annuler partiellement certaines épreuves pour divulgation de sujets et autres pratiques néfastes.  Au delà de tout soupçon, la question de la baisse du niveau en Centrafrique n’a pas été au cœur de la politique des différents gouvernements qui se sont succédé depuis plus de deux décennies.

Après les mutineries (1996 et 1997) qu’à connus le pays, la chute du niveau s’est faite de manière vertigineuse et elle est bien entretenue pour qu’elle soit irréversible car tout le monde trouve son compte. D’années en année, on assisté à un système bien que médiocre mais bien entretenue par tous les acteurs : ministère de l’éducation, parents d’élèves et d’étudiants, politiciens, élèves et étudiants. Et en cause, on se retrouve avec des enseignants très mal formés dans la plupart des cas, un manque de motivation total des enseignants à cause de conditions de travail exécrables, des arriérés de salaires et de frais de vacation incalculables, des parents de plus en intransigeants pour que leurs enfants passent en classe supérieure peu importe le chemin emprunté, des infrastructures presqu’inexistantes, la surpopulation dans les classes, manque de reformes.

Les autorités doivent savoir que « les coqs qui chantent étaient d’abord des œufs » (yombe). Avant qu’ils soient président, ministre, ou directeur, ils étaient passés par l’école et doivent impérativement réfléchir à des reformes dans le secteur éducatif pour offrir une bonne formation. Pour rompre avec ce système qui ne fait que creuser davantage le trou en abaissant le niveau éducatif, il faut absolument crever l’abcès car on ne peut pas faire une omelette sans casser les œufs. Le baccalauréat 2013 qui aura lieu selon les dernières informations le 20 août 2013 – à cause des troubles que traverse le pays – ne fera vraisemblablement pas l’exception : plus d’échecs et même la plupart des admis ne mériteraient pas et auront très peu de chance pour affronter les études universitaires, véritable baptême du feu pour tout lycée en Centrafrique. Wait and see.

 

Thierno Diallo, Guinée Conakry

 

En Guinée c’est ce mercredi 17 juillet 2013, après près de deux mois d’attente, que les candidats aux différents examens nationaux ont été fixés sur leur sort. Au vu des pourcentages, on constate à une légère amélioration par rapport aux années précédentes.

En effet, au CEP (connu généralement sous l’examen d’entrée en 7e Année) 64,03% de candidats ont réussi à obtenir leur admission pour le collège. Au BEPC – Brevet d’Etude du Premier Cycle – ils sont 43,21% à être déclarés admis. Enfin au baccalauréat unique, on a enregistré 34,69% de réussite dans toutes les options confondues.

Contrairement aux années antérieures, ce sont les Sciences Sociales qui ont connu le plus faible nombre d’admis, seul 10%. Une surprise qui n’est pas restée sans commentaires. Puisque cette option était jusqu’ici considérée par les élèves médiocres des Sciences Mathématiques et Sciences Expérimentales comme un chemin sûr qui ouvre la porte aux   institutions d’enseignement supérieur.

En quelques mots, lorsque les élèves échouent dans les autres options d’aucuns transhumensaient en sciences sociales qui leur offraient la possibilité d’accéder à l’université. Cela semble être sur le point d’être révolu. À signaler qu’un malheureux bachelier s’est suicidé quelques heures après la proclamation des résultats. Le défunt venait d’apprendre son échec en philosophie pour la quatrième session consécutive.

 

Josiane Kouagheu, Cameroun

 

-Le Bac et moi, un amour douce amer

Le baccalauréat au Cameroun, je le compare au fruit qui veut murir, mais qui ne murira jamais. Mon histoire avec lui est toute une histoire, comme celui du Camerounais lambda qui a traversé cette étape. Tout commence en terminale. Vous savez, là, on se croit vraiment le plus fort. On regarde de bas, les cadets des classes antérieures. Facile! On vient de traverser la classe de première, le tamis, le vrai pont. «J’ai mon probatoire hein ? », dis-tu orgueilleux au cadet. On débarque alors en terminale. Dernière corvée avant la liberté. On fait des cours avec des profs qui vous vantent à longueur de journée la vie estudiantine, l’après bac. Je pense qu’ils essaient plutôt de nous plonger dans leur rêve, le monde qu’ils auraient voulu construire. Pauvres profs! On travaille alors comme un forcené. Mais non que dis-je? On se force à travailler comme tel. Après neuf mois, on s’assoit pendant cinq jours et on « compose le baccalauréat ». Deux mois plus tard, on est admis. On crie à perdre la voix, la famille mange à satiété.

Mais pauvre bachelier(e), sais tu que vous êtes 50 739 à l’avoir eu en 2013? Vous étiez 91 195 candidats au départ ! 53,3% de taux de réussite. Pas mieux qu’en 2012. Heureux vous !  Sais-tu que tu fais peut-être partie de ceux et celles qui l’ont obtenu avec une moyenne de 8/20? Que sais-tu au fond? Que tu es un chômeur de plus, un bandit de plus, une prostituée de plus, un mendiant de plus…heu, un ingénieur de plus, un médecin de plus, un comptable de plus…? Mieux ! Je n’insulte pas notre cher bac et vous non plus! Que non, il me laisse aujourd’hui de marbre. Avoir ou pas, quelle différence au fond ? La majorité des admis se compte parmi les pauvres étudiants de demain ! A la fac, certains veulent partir, d’autres veulent entrer. Je veux passer un message à l’Office du baccalauréat du Cameroun : «donnez la réussite aux meilleurs. Revoyez avec les ministres (qu’ils sont nombreux dans le gouvernement de popaul) un nouveau modèle d’éducation. Répariez sur autre chose. Cessez de délibérer à 7, 8… En tant que bachelier, on n’aspire pas au chômage. On aspire à une vie meilleure».

Et moi qui ne connais même pas la vraie histoire de mon pays, où vais-je ? J’ai eu mon bac. Oui c’est bien, mais en étudiant l’histoire des autres. Pauvre Cameroun ! Pauvre de moi !


Concours Mondoblog 2013 : saississez votre chance pour entrer dans la famille

Chers tous,

J’ai reçu plusieurs mails individuels sollicitant de ma part, quelques conseils pour le concours Mondoblog 2013 qui a été lancé depuis le 13 juillet dernier et dont la date limite est prévue pour le 7 septembre 2013. A travers cet écrit, je voudrais apporter quelques conseils à ceux qui veulent postuler afin de partager cette aventure et mettre plus de chance de leur côté.

Tout dabord, Mondoblog est un projet imaginé il y a trois ans par Philippe Couve et Cédric Kalonji. Il est aujourd’hui porté par l’équipe de l’Atelier des médias de RFI : Simon Decreuze, Raphaelle Constant, Pierrick de Morel et Ziad Maalouf.  Mondoblog a pour objet de contribuer au développement d’un contenu francophone de qualité sur Internet

Le projet a commencé en 2011 avec la présélection d’une centaine de blogueurs issus de tous les pays du monde pour la première saison. A l’issue d’un encadrement de six (6) mois, notamment à travers le mail, le téléphone et les tutoriels, une vingtaine de blogueurs ont été retenus pour une semaine de formation au journalisme et aux outils numériques. Une dizaine de participants a été conviée à Dakar en avril 2011 et la deuxième dizaine quelques temps après, à Yaoundé.

En juillet 2012, le concours de la deuxième saison a été lancé et 150 blogueurs ont été retenus lors de la présélection en mi-septembre 2012. Retenu lors de la saison 2, nous avons bénéficié d’un encadrement à distance d’une équipe très réactive et soucieuse de nos attentes malgré le fait que la famille a grandi et qu’il y a plus à faire pour cette équipe à travers les moyens susmentionnés. Cette formation consiste à mettre à la disposition des blogueurs des tutoriels pour l’édition des billets ou articles, la recherche d’informations , le respect de la charte Mondoblog,  la réutilisation de contenus libre d’utilisation selon les termes de contrat, …

En février 2013, nous avons été une cinquantaine, à être retenus dont 39 de la saison 2 sur les 150 au début et 13 autres blogueurs issus de la saison 1 ont été retenus pour suivre la formation à Dakar du 06 au 14 avril 2013. Les participants pour cette deuxième saison sont venus de vingt six (26) pays, trois continents avec une majorité d’étudiants et de journalistes.

Actuellement, la plateforme compte 231 contributeurs actifs, appelés des Mondoblogueuses et des Mondoblogueurs. Avec ce nouveau concours de la saison 3, la famille s’agrandira davantage et avec elle le partage sur des valeurs culturelles de plus en plus diversifiées.

Pour moi, Mondoblog est plus qu’un projet imaginé, c’est surtout une famille, des rencontres cordiales et le partage des personnes venus des quatre coins du monde avec notamment des cultures un peu différentes, des modes de vie, des réalités parfois identiques et ayant surtout une vision, faire le journaliste citoyen grâce à la langue française. Le blogging ne remplace aucunement le journalisme mais vient l’appuyer. Le blogueur est souvent celui qui vit une situation ou en est temoin, quelqu’un qui sait arriver aux lieux où souvent pour des problèmes techniques, le journaliste ne pourrait pas se rendre.  Il faut sans doute se dire que le blogging est l’avenir du web-journalisme.

En ce qui concerne le concours, le formulaire soumis doit être bien lus, et surtout bien renseigné. Dans ce formulaire, il sera question de répondre à un certain nombre de questions, de donner ses points de vue sur le blogging par exemple, quelle place occupe-t-elle dans le monde. Il sera évidemment question de cerner votre personnalité et d’en savoir un peu plus sur vous. On vous demandera un curriculum vitae mais le gros problème résidera sans doute dans l’article que vous devriez écrire. Un conseil, écrivez sur quelque chose de personnel, n’utilisez pas d’article déjà publié même partiellement, l’équipe Mondoblog très active, veille à ce que les contenus soient originaux et je crois que c’est l’une des taches les plus difficiles que réalise tous les jours ces merveilleuses personnes parmi lesquelles figurent Raphaëlle Constante et Eliot.

Vous devez faire valoir votre propre imagination et soigner votre écriture pour être à la hauteur de l’attente de vos lecteurs. Ces derniers ont besoin de quelque chose d’originale, de parfois réelle même s’il faut parfois, y mettre un peu de piment pour assaisonner la sauce. Mon  secret consister à raconter de manière objective ce qui m’entoure en me mettant en cause, réaliser des analyses et des enquêtes avec à la clé, le respect de la charte de Mondoblog, avoir à l’esprit que je n’écris pas pour moi-même mais pour mon lecteur, respecter mon lecteur quel qu’il soit. Ma vision, faire de mon blog une vitrine pour la prise de conscience de mes compatriotes en particulier et en général des Africains et du monde entier.  Une vision que j’aimerais partager avec vous.

Pour postuler maintenant, cliquer ici.

Bonne chance à vous et que les meilleurs gagnent!


Concerts de casseroles, cette autre manière pacifique de protester en Centrafrique

Lorsqu’un peuple a en marre, il trouve toujours une manière telle qu’elle soit de le manifester. Dans un pays où les actes de barbaries ne font que se multiplier, les pillages n’ont jamais cessé et les exécutions sommaires ainsi que les viols ont atteints un niveau record, la population a trouvé sa manière de manifester son mécontentement face à la situation chaotique qui prévaut en Centrafrique. Dans une situation où manifester semble suicidaire, les habitants de Bangui, la capitale centrafricaine s’est levée comme une seule personne en décrétant les concerts de casseroles qui ont véritablement commencé le dimanche 30 juin.

 

Photo(crédit:Facebook)
Photo(credit:Facebook)

Lorsque les dirigeants oublient ou ignorent que gouverner implique la résolution des problèmes d’ordre social, politique et sécuritaire, les centrafricains ont trouvé leur façon de montrer aux responsables gouvernementaux que la situation a atteint un seuil inimaginable et qu’ils n’en peuvent plus. Les concerts de casseroles ne sont pas une expression nouvelle dans le dictionnaire des centrafricains qui l’a pratiquée dans le passé. Je me souviens encore comme si c’était hier, malgré mon jeune âge aux temps de l’ancien Président Ange-Félix Patassé où Bangui a sombré pendant des jours dans le concert des casseroles. A l’époque, la principale raison semblait être les arriérés des salaires des fonctionnaires occasionnant la famine dans les foyers, étant donné que l’Etat reste le premier employeur dans ce pays. Les couvercles des marmites des ménages ont joué un rôle très important dans cette nouvelle révolution pour qui, la population en a fait une arme redoutable contre les dérives du pouvoir. On pourrait dire que, même si ces concerts n’ont pas été la cause immédiate de l’éviction d’Ange-Félix Patassé du pouvoir, ils ont été un signe vent-coureur d’un pouvoir qui vacillait.

Débuté avec la prise des armes par les éléments de Seleka début décembre 2012, les exactions, viols, actes de vandalisme, profanation des symboles de l’église, exécutions sommaires, spoliation  des biens de personnes et autres, ont atteint un niveau inégalable avec la prise du pouvoir le 24 mars 2013. La situation connaitra un virage sans précédent à travers la fameuse opération de désarmement orchestrée entre le 14 et 15 avril 2013 par un contingent  conséquent d’éléments de la Seleka au quartier Boy Rabe, opération lors de laquelle de nombreuses maisons ont été pillées, plus d’une trentaine de personnes ont trouvé la mort ainsi qu’un nombre incalculable de blessés par balle. Le pic sera atteint lorsque, lors d’une manifestation de la population contre l’enlèvement et l’assassinat d’un jeune étudiant de l’Ecole Normale d’administration et de la magistrature le vendredi 28 juin, des éléments de la Seleka ont tiré à balle réelle sur la foule faisant plusieurs victimes.

Face à cet état des choses, les habitants de Bangui qui avaient déjà nourri le désir d’une manifestation à la casserole a décidé de passer à la vitesse supérieure. Ce dimanche 30 juin, la soirée a été marquée par ces concerts de casseroles, un mouvement qui promet continuer jusqu’en fin de la semaine selon de nombreuses sources. Le concert de casseroles consiste à utiliser des marmites en faisant un maximum de bruit, une action qui est relayée par les voisins, ainsi de suite. Il s’applique souvent à la tombée de la nuit et s’arrête le plus souvent tard dans la nuit.

Si les raisons de cette action tournent autour de l’insécurité grandissante qui sévit dans tout le pays, certains en ont profité pour dénoncer le non-paiement des salaires depuis trois mois par les nouvelles autorités occasionnant la famine dans de nombreux foyers comme l’a souligné le réseau des journalistes de Droits de l’homme en Centrafrique dans son reportage. D’autres encore pensent que ce mouvement permettra d’alerter l’opinion internationale de l’ampleur de la situation qui a pris une autre tournure.

Dans ce soulèvement populaire, les réseaux sociaux ainsi que les réseaux téléphoniques ont joué un rôle de premier plan dans la communication. Car les amis et connaissances s’informent à travers facebook, sms et messages pour que le mouvement soit suivi par la majorité des Banguissois.

Les centrafricains sont habitués à fermer l’œil sur leur souffrance mais cet événement prouve combien le mécontentement s’est généralisé contre les éléments de la Seleka qui se livrent à des actes barbares. Les nouvelles autorités sont priées de prendre en compte les revendications légitimes du peuple pour ne pas se faire rejeter par celui-ci. Le pouvoir sans peuple n’est pas le pouvoir car ce sont les aspirations profondes du peuple qui doivent être prises en compte dans un système où la démocratie, la liberté d’expression et de manifester, de dénoncer semblent être un droit absolu et reconnu sur le plan international.

Vivement que ces concerts de casseroles réussissent.