Baba MAHAMAT

Oh Dieu, vient sauver mon pays car il est mal-en-point !

C’est avec un cœur serré et une déception paroxysmique que j’ai décidé de parler des événements qui secouent mon pays depuis quelques semaines déjà. On espérait laisser derrière nous tout ce cycle de violence qui avait fait beaucoup de victimes, surtout des innocents, pauvres femmes et enfants par milliers dans le passé. Mon pays, celui que je chérie et que je défends corps et âme, va très mal. C’est avec des larmes aux yeux que je saisis cette opportunité à travers cet article pour partager avec vous, mes compatriotes de toutes les couches, mes frères africains, nos alliés occidentaux et tous ceux qui, de loin ou de près connaissent ce petit pays qui est le mien.

On ne choisit pas sa terre lors de la naissance, mais Dieu nous envoie sur une terre qui devient le nôtre au jour de la naissance. Me voici Centrafricain, pauvre Centrafricain que je suis ! Peu importe mais la réalité est que quand j’ai eu des occasions pour me déplacer hors mon pays, j’ai été le fruit de tous les maux : rébellion, mutineries, coup d’état, grève, vol, coupeurs de route, dégradation des infrastructures publiques, pauvreté, corruption, népotisme, favoritisme, clanisme, et j’en passe.

A l’extérieur de mon pays, je ne suis absolument rien comme l’est maintenant un Malien. Je ne suis rien et je le suis mille fois et surtout foutu car si rien n’est fait, je souffrirais avec tous ceux qui en ont marre de toutes ces situations de guerre qui ne s’arrêtent jamais. Oh mon Dieu, pourquoi tout cela arrive chez moi ? Pourquoi toutes ces victimes, ces tueries ? Pourquoi cela arrive à moi et à mes compatriotes ? Pourquoi cela arrive à un pays africain ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je souffre et mon âme est agonisante. Mon âme ne peut pas être guérie, je suis très affaibli par tout ce qui se passe dans mon pays.

Oh mes frères, pourquoi ne pas nous aider ? Pourquoi ne pas mettre fin à toutes ces atrocités ? Pourquoi moi ? Pourquoi ma terre ? Pourquoi la RCA, est-ce la fin du monde en Centrafrique ? Pourquoi ces pauvres parents habitant dans les provinces sont-ils en train de souffrir ? Pourquoi les populations des arrières pays doivent-ils fuir à chaque fois ? Pourquoi malgré la marche organisée dans différentes villes de la RCA, on ne peut pas dialoguer ? Pourquoi toujours les armes entrainent-elles des larmes ? Pourquoi envisage-t-on toujours la force au lieu de favoriser le dialogue et l’harmonie entre nous ? Pourquoi cette haine qui nous ravage ? Pourquoi ne pas être des patriotes ? Pourquoi déteste-on ce pays ? Pourquoi nous entretuer pour des intérêts personnels ? Pourquoi refusons-nous de voir les choses en face et de se dire que nous sommes tous coupables à un moment ou à un autre ?

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne comprenons nous pas que les armes détruisent les vies humaines et que seul l’esprit d’entente et de cohésion peut nous sortir du trou que nous ne cessons de creuser ? Pourquoi même continuer de creuser ce trou qui est déjà béant ? Pourquoi aimons-nous toujours avoir des intermédiaires ou bien des médiateurs pour résoudre nos différends ? Pourquoi nous ne savons pas que nous devons nous donner la main pour avancer comme les autres pays ? Pourquoi il n y pas d’amour dans nos cœurs ? Pourquoi nous faisons subir tout cela à de pauvres enfants innocents qui ne méritent aucunement cette souffrance que nous leur infligeons ? Pourquoi ne comprenons-nous que c’est un fratricide que nous réalisons depuis le commencement des conflits armés ? Pourquoi ne devrons pas tous nous levé comme un seul homme, DIRE NON AU RECOURS A LA FORCE, ET FAVORISER UN DIALOGUE SINCÈRE ?

Mon âme agonisante est mourant… Le plus important pour moi est que le message passe ! Et si nous diffusons ce message autour de nous, et que nous prenons conscience du danger qui guette notre pays, nous devons agir tous pour que la paix soit la panaché de toutes les catégories et couches sociales !


« Les élus de la nation exigent la paix en Centrafrique »

C’est en substance le message qui a été imprimé sur la banderole lors de la marche des députés de l’Assemblée Nationale Centrafricaine, une première en Centrafrique car habituellement, c’est la population qui réalise des marches. Les députés au nombre d’une soixantaine dont le président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Député Célestin Leroy Gaombalet ont marché ce mardi 18 décembre 2012 autour de 13 heures (12 heures Temps universel) avec ce slogan « Les élus de la nation exigent la paix en Centrafrique ». Cette marche n’a pas été le fruit du hasard car elle coïncide avec l’attaque de certaines villes dans le nord-est de la République centrafricaine. Les manifestants protestent contre les multiples attaques rebelles et la conquête des villes dans le nord-est du pays. Ils ont commencé leur marche devant l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, arborant l’avenue des Martyrs où se sont joints au mouvement les étudiants avec en tête le président de l’Association Nationale des Étudiants Centrafricains(ANECA) Fleury Pabandji, longeant jusqu’au Rond-point du centre ville. Ils ont remis un mémorandum au Représentant de l’Union Européenne en Centrafrique pour demander la paix dans ce pays. Il y a quelques jours encore c’était la ville de Ndélé qui avait été attaquée faisant plusieurs victimes et ce mardi 18 décembre autour de 5 heures du matin, la population de Bria s’était réveillée avec le crépitement des armes. Selon le correspondant de la RFI en Centrafrique, il s’agirait d’une coalition de rebellions notamment les factions CPSK, CPJP et UFDR réunis sous la dénomination CPSK-CPJP-UFDR  Séléka (« alliance » en langue sango). Une quarantaine de militaires loyalistes seraient sans nouvelle. La coalition  exige « le respect de l’accord » de paix signé en 2007 entre le gouvernement et l’Union des forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), et « la mise en œuvre concertée des recommandations et conclusions du Dialogue politique inclusif » de 2008, qui devait mettre fin aux conflits en Centrafrique.

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Dehors, les nouvelles vont bon train. La population de Bangui s’est livrée à une publicité médiatisée sans précédent, les points de vue diffèrent selon l’humeur ou la position du locuteur : pro Bozize ou pro rebelle (surtout pour la plupart des chômeurs toute catégorie confondue). Ces personnes commentent les informations plus que des journalistes professionnels, ce son de véritables analystes d’information sans source sûre. Mais c’est cela Bangui, les ont dits. Je me souviens qu’un grand de mon quartier me disait : « Mon petit, il ne faut pas aller loin, les rebelles ont déjà pris la ville de Bambari il parait. Et puis, il se peut qu’il entre à Bangui cette nuit. Alors moi je t’ai prévenu seulement ». J’acquiesçais de la tête comme si je me pliais à son conseil. Jusqu’alors, les rebelles proposent dix points au pouvoir de Bangui pour faciliter la sortie de crise. Ces points concernent entre autres le respect de multiples accords de paix signé entre le Gouvernement et les rebelles, ainsi que la lumière sur la disparition de certains leaders  de l’opposition armée, dont l’ancien ministre d’Etat, le colonel Charles Massi, fondateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). La région Nord-est de la RCA est en proie depuis quelques années avec plusieurs rebellions privant la population de la paix.

Mais les jours à venir nous permettront d’avoir une idée claire de cette rébellion et de son efficacité. La population centrafricaine qui a déjà trop souffert des rebellions est loin d’aspirer à une paix. Pourtant, la paix est plus qu’importante dans cette partie de l’Afrique qui doit se développer.


Mohamed Morsi, un changement à changer ?

Il y a déjà quelque temps que j’ai décidé de suivre de très près les événements qui font parler d’eux en  Egypte, le pays des pharaons. C’est lors des soulèvements de janvier 2011, obligeant le président Hosni Moubarak à démissionner et à céder ainsi le pouvoir à son vice-président que j’ai trouvé cette envie qui est devenue mienne.

Le vice-président, se trouvant entre le marteau et l’enclume, était contraint d’organiser les élections dont le premier tour a eu lieu les 23 et 24 mai et le second tour les 16 et 17 juin 2012, lesquelles ont permis à Mohomed Morsi d’être vainqueur à l’issue du deuxième tour. Le choix avait été difficile pour les Egyptiens, car il fallait accorder leur confiance soit à un ancien du régime qu’ils ont combattu et obliger le leader à abdiquer, soit à Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, un parti islamique persécuté pendant le règne du président déchu.  Pris au piège,  la population avait finalement décidé du choix de Morsi, car mieux vaut un nouvel homme, même islamiste, qu’un ancien du régime Moubarak.  Le peuple Egyptien a choisi de tourner la page et d’écrire une nouvelle page de son histoire en accordant la majorité des voix à Morsi.

Mais il faut se dire que l’élection de Morsi a été peu appréciée par certains Occidentaux notamment, dans le pays de l’oncle Sam où les Américains le voient comme un radical. Ce qui est le plus frappant, c’est la manière que les islamistes utilisent pour conquérir le pouvoir au Maghreb.

Comme la démocratie imposée par les Occidentaux semble être la seule la forme légitime de prendre le pouvoir, les partis islamistes ont compris qu’il fallait retourner leur veste pour conquérir les électeurs, comme se fut le cas en Tunisie avec Ennahdah. Ils ont accepté comme les autres partis le processus démocratique mais avec des ambitions voilées. Morsi a compris très tôt qu’il fallait écarter à tout prix les militaires du pouvoir pour avoir la marge de manœuvre nécessaire, sur l’objectif des Frères musulmans qui est d’islamiser le pouvoir en envoyant leur chef en retraite.

Le dernier épisode en date est celui du fameux article permettant au Président Morsi de posséder des pouvoirs supplémentaires, comme si les fonctions dont il dispose ne lui étaient pas suffisantes. L’opposition divisée, la population a repris les choses en commençant comme en 2011 par des manifestations à la place Tahrir (littéralement « place de la Libération »), le foyer de la révolution ayant renversé Moubarak.

Les Égyptiens sont appelés à se prononcer sur la constitution, après la décision du président Morsi de retirer le décret lui attribuant certains pouvoirs. Ce retrait d’article est jugé insuffisant par l’opposition qui demande le report du referendum sur la constitution. Avec d’un côté les partisans de l’opposition dirigée par le prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei et de l’autre les partisans des frères musulmans, l’Égypte se prépare à vivre à nouveau un moment turbulent de son histoire.

Les Égyptiens ont attribué leur confiance à Morsi, une confiance qui ne mérite pas d’être trahie. Le Président égyptien devrait vite se ressaisir pour ne pas subir le même sort que son prédécesseur Moubarak. D’aucuns disent qu’il obéirait aux ordres de son parti ; pourtant il a été élu par un peuple, pas par le parti des frères musulmans. Etre président est une lourde  fonction et n’importe qui souhaitant aspirer à ces fonctions doit disposer d’une certaine indépendance sur tous les plans dans la prise de décision.

L’histoire retiendra que même si certains hommes peuvent abuser de la confiance d’une partie du peuple, ils ne pourront jamais l’abuser éternellement car le peuple finira par triompher, et le pouvoir appartient au peuple.

A mes frères Égyptiens, que Allah soit avec vous, sachez que comme le disait Thomas Sankara – paix à son âme –  une citation que vous avez compris depuis 2011, « que celui qui ne milite pas pour sa liberté ne mérite qu’on s’apitoie sur son sort », vous avez su vous faire attendre et ce n’est pas un homme qui vous arrêtera, seule la lutte libère.

Le samedi 15 décembre, deux situations se présenteront à coup sur aux Égyptiens : soit la Constitution est acceptée a une large majorité, et le président Morsi sortira renforcé de cette épreuve, soit le NON l’emportera sur le OUI et les contestations reprendront de plus belle. L’Egypte revivra une fois de plus une triste situation. Mais la prière de tous les pays du monde est celle de voir la paix renaître et pour cela, il faudrait que les pharaons ressuscitent de leurs tombes et qu’ils interviennent avec leur esprit de sagesse pour permettre que le bon vent souffle de nouveau.


Evitez de draguer les filles au mois de décembre!

A l’approche du mois de décembre, les attitudes des jeunes en Centrafrique en général et en particulier à Bangui sont partagées entre soucis financier pour les garçons et la facilité de se faire de l’argent pour les filles.

Même si certains diront que la RCA est un pays pauvre, il faut bien se douter de cette situation à l’approche de la fin d’année. Le mois de décembre est particulièrement un mois à part entière et ce, depuis l’avènement des kermesses (foires lors desquelles sont exposés des stands avec entre autre, la vente des boissons, des nourritures, des objets d’arts et d’autres articles). Cette activité a trouvé sa place parmi les jeunes Banguissois  qui ne peuvent plus s’en passer. Il faut bien être à la mode. Plus qu’un moment de loisirs, ces places animées le plus souvent à partir de la tombée de la nuit jusqu’au matin rassemblent souvent une foule inestimable de personnes de toute âge arrivant avec les poches pleines et rentrant avec moins de liquidité.

Mais pour les filles, c’est un eldorado. D’aucunes ont installé leurs stands pour profiter de toute sorte d’avantages : vieilles connaissances de passage, famille manche courte et manche longue, petits amis même les ex, collègues  pour ne citer que ceux-là.  D’autres encore et la plus grande partie ne cherchent juste à se faire une beauté de fer avec non moindre, l’argent d’un petit-ami après chantage, en faisant une belle tresse et le soir avec une tenue en mode, le tour est joué ; les yeux ne manqueront pas d’apprécier. Les bips explosent les réseaux téléphoniques dans le but de décrocher un rendez-vous de sortie. Et comme disait un camarade, elles font souvent trembler les yeux des hommes. Qui veut profiter ne fusse-que de la présence de cette beauté doit en payer le prix fort. Ce dernier – malchanceux ou l’heureux gagnant parmi tant d’autre – passe par des dépenses telles que l’achat de boissons, la prise en charge des « accompagnateurs » de celle-ci, et l’inévitable plat de « yabanda » bien fait. Mais, en plus de tout cela, il faut remarquer qu’elle t’apportera dans un stand où la propriétaire est une amie, une sœur, … C’est un peu de marketing aussi. Les hommes, ne voulant pas montrer leur faiblesse en de pareille circonstance, ne savent pas à quel saint se vouer et se font violence en acceptant la prise en charge totale pour les poches pleines ou partielle pour ceux qui ne se sont pas préparés à l’exercice et qui dans le pire des cas prennent la poudre d’escampette.

Outre cette situation qui met les hommes dans l’imposture savamment orchestrée par ces jeunes filles, il faut noter que ces dernières n’oublient jamais de proclamer leur jour d’anniversaire en profitant de la situation où les hommes tiennent le diable par la queue. Un budget prévisionnel bien structuré avec, à la main, beaucoup de marge est orchestré de toute pièce et est présenté à chaque petit-ami, prétendant ou un ex qui continue à convoiter (comme elles n’en ont pas un seul), location d’un cadre, achat d’habits de mode, frais de tresse, achat de boissons, de nourritures, … Le montant total de réalisation de cette cérémonie variant entre 25 000 FCFA et 150 000 FCFA (environs 38 et 229 euros) car dépendant du statut social de l’homme. Fonctionnaire de l’Etat, haut cadre d’une entreprise de la place, ingénieur,  comptable d’une grosse boite, les demandes sont fonctions d’une estimation non sans abus, du salaire. C’est leur honneur qui est en jeux! Inutile de préciser que cet honneur, certains hommes vont même commettre l’irréparable : dette avec intérêt, vol, escroquerie est une liste non-exhaustive.

Et puis en janvier, les victimes n’ont que leurs yeux pour pleurer. On fait des comptes et on gère la galère en se rappelant ses souvenirs de décembre.

Et comme les hommes sont très  malins car « on n’apprend pas à un vieux singe les grimaces », ils changent la donne. La plupart ont compris la situation après une étude approfondie et ont décidé de rester sur leur qui-vive à l’approche du mois de décembre. Dès début novembre, les problèmes surgissent dans certains couples, souvent causés par l’homme. Puisque les partenaires vivant en couplent ou en union libre ne sont pas épargnés. Aux gros maux, grands remèdes! La réconciliation n’intervient qu’à partir de janvier, après le passage de la tempête. Alors évitez de draguer à l’approche de la fin d’année, pour ne pas pactiser avec le diable pour vivre après le passage de l’ouragan ou de la Sandy.


La LRA ou l’AQMI de l’Afrique Centrale

La comparaison entre AQMI  au Maghreb qui sévit dans les régions du Sahel et en Afrique de l’Ouest et le groupe terroriste LRA est sans équivoque. Entre un groupe terroriste enlevant des personnes et parfois demandant des rançons ou exécutant ses otages ou bien faisant des attentats occasionnant de lourds dégâts humains et matériels et l’autre qui pille, viole, exécute sommairement des personnes en imposant ses règles, il n’y a pas de différence. Mais cette indifférence, la plupart d’entre nous ne la voyons pas, et c’est bien dommage !

Historiquement, il y a quelques années quand AQMI a commencé ses opérations, personne ne pouvait imaginer la montée fulgurante de ce  groupe. Ce dernier perpétrait des attentats dans certains pays du Maghreb notamment en Algérie et en Tunisie mais les choses se sont très vite accélérées. Le Sahel, une région désertique que partagent certaines nations Africaine est devenue le théâtre des opérations d’AQMI et de ses alliés.  Avec la crise Malienne qui est loin d’être à son terme, la situation se détériore de jour en jour.

En Afrique centrale, AQMI a trouvé son équivalent, c’est la LRA (Lord’s Resistance Army, Armée de Resistance du Seigneur) de Joseph Kony est un mouvement en rébellion contre le gouvernement de l’Ouganda, créé en 1988, deux ans après le déclenchement de la guère civile ougandaise. Joseph  Kony et ses hommes qui se comptent par milliers ont commencé en Ouganda, chassés par l’Armée Ougandaise, ils se sont déplacés en République démocratique du Congo(RDC) avant de regagner la République Centrafricaine qui servira de base arrière et peut-être base définitive de ses opérations. Joseph Kony entend renverser le président ougandais, Yoweri Museveni, pour mettre en place un régime basé sur les dix commandements et la Bible. L’incapacité des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et son effectif très réduit, le manque de logistique et son inexpérience face à ces terroristes jugés se comportant comme des cannibales et sanguinaires sans pitié n’ont fait que renforcer la thèse que Joseph Kony a trouvé un terrain propice pour sa survie. Hors, c’est une partie de la population qui paye la lourde  tribu au prix de leur vie. Les attaques se sont intensifiées contre ces pauvres habitants  des provinces. Entre janvier et mars 2012, la LRA a mené au moins 53 nouvelles attaques en RD Congo et en RCA, au cours desquelles elle a enlevé 90 civils et en a tué neuf autres, d’après les dernières recherches effectuées par Anneke Van Woudenberg de Human Rights Watch en RCA et des informations publiées par les Nations Unies. Le gouvernement centrafricain, l’Union Africaine (UA), les Nations Unis et exceptionnellement des Etats-Unis, se sont engagés pour venir à bout de cette organisation terroriste. C’est ainsi qu’une force de lutte contre la LRA a vu le jour et l’envoi d’une centaine de conseillers militaires Américains pour aider à traquer ces hors la loi.

Et ces personnes qui ne savent à quel saint se vouer

Les populations des régions de Zemio, Obo, Bangassou et Mobaye n’inspirent plus à la quiétude qui les caractérisait autrefois. Qui veut sauver sa vie doit quitter son village car les éléments de la LRA, divisés en groupuscule sont devenus omniprésents dans ces régions. En illustration, deux sœurs de la ville d’Agoumar, âgées de 43 et 62 ans, ont raconté à Human Rights Watch qu’elles étaient parties pêcher le 27 février dernier lorsque la LRA les a enlevées. Elles ont été capturées par un groupe de trois combattants, qui les ont forcées à transporter du miel, des cacahouètes et de lourds sacs de farine qui avaient été volés dans un grenier à céréales voisin. La situation des civils est plus que préoccupante.

La fin des opérations de la LRA est proche ?

Il est difficile dans les conditions actuelles d’affirmer que les exactions de la LRA seront bientôt terminées. Il y a quelques mois, les campagnes médiatiques avaient permis de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur le danger que représente ce groupe terroriste. Cependant, malgré le déploiement d’une force régionale pour les traques, les éléments de la LRA, divisés en petits groupes continuent de sévir dans certaines zones.  Depuis début septembre 2012, on assiste à plusieurs attaques des éléments de Joseph Kony dans la région du sud-est de la République centrafricaine. L’Armée ougandaise avait signalé la présence du général, n°3 de la LRA, Dominic Ongwen dans la zone. L’armée ougandaise a indiqué qu’elle suspectait que Joseph Kony se cache dans la région du Darfour au Soudan avec environ 100 à 150 combattants, des membres de sa famille, ainsi que des enfants et adultes que la LRA a enlevés.

Il est important que des efforts soient déployés par tous les états concernés par ce groupe terroriste, par les différentes organisations internationale, régionales, sous régionales pour qu’on parvienne à la fin de la souffrance de nos parents se trouvant dans les zones prises en otage par la LRA.