Baba MAHAMAT

Lettre ouverte aux hommes politiques centrafricains

C’est avec beaucoup de tristesse que je saisis cette opportunité pour vous adresser cette lettre ouverte qui j’espère, vous motivera à sortir de votre mutisme constaté depuis les événements du 24 mars 2013, ayant occasionné le départ de François Bozizé du pouvoir et l’installation de Michel Djotodia comme président de Transition. Loin de moi, l’idée de vous manquer de respect, au contraire, beaucoup d’entre vous m’ont remarqué dans le passé dans certaines actions qu’ils ont accomplies. Mais cet écrit tient lieu d’un constat amer que je fais mien et de ma contribution, des idées dont certains Centrafricains épouseraient sans doute. Je ne suis pas un homme politique mais je suis un centrafricain patriote qui a vécu les événements et ayant perdu des personnes qui m’étaient très chères à l’exemple de DJIME Yabongo Fleury.

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Dans tous les pays du monde, au nom des principes de la démocratie, l’animation de la vie d’une nation se fait à travers des entités reconnues par l’Etat et dont leurs rôles concordent pour asseoir la paix, le développement et la cohésion sociale. Ces entités dont figurent la majorité présidentielle, l’opposition politique, la société civile et les forces religieuses s’accordent ensemble, grâce à leur indépendance pour apporter une valeur ajoutée aux valeurs humaines et à la sauvegarde de la démocratie. Le dernier dialogue politique salué de tous et soutenu par toutes les institutions nationales qu’internationales a été une réussite à cause de son inclusion de tous les acteurs susmentionnés. Après l’échec de sa mise en application notamment par les deux principaux acteurs qui étaient d’ailleurs des belligérants – la majorité présidentielle et la Seleka – le rôle de l’opposition politique devrait être plus déterminant qu’à jamais afin de sortir de l’impasse que traversait notre pays depuis quelques temps.

Cependant à en croire, la classe politique a faillé dans sa mission de contribuer à la recherche de solutions idoines pour écourter la souffrance d’un peuple, celui du peuple centrafricain qui ne vit qu’au jour le jour, ne sachant pas si une balle perdue, un groupe de bandits, un élément ayant un esprit démoniaque appuient  sur la gâchette. Depuis plus de trois mois, si ce n’est pas pour critiquer la constitution du gouvernement de par sa représentativité, très peu d’entre vous parlent du quotidien des centrafricains, des victimes qui se comptent par milliers, des femmes et filles violées qui ont perdu la raison de vivre à cause de leur dignité bafouée, des enfants qui ne savent plus si leur avenir est encore assurée à cause des écoles qui sont fermées, des parents qui ne cessent de prier pour trouver juste de quoi nourrir leurs enfants, de tous les jeunes qui vivent impuissants en se demandant si demain sera mieux qu’aujourd’hui, de tous ces vieux qui, à défaut de recevoir une balle, craquent de différentes maladies dont la crise cardiaque. Le rôle que vous devriez jouer notamment en dénonçant les actes perpétrés sur la population et en les condamnant fermement afin de contraindre les autorités à garantir ne fut-ce que la sécurité et la dignité de la personne humaine n’a plus son sens. La plupart d’entre vous ont préféré s’occuper de la représentativité de leurs partis au sein du gouvernement, un eldorado dont la majorité des partis trouvent le moment opportun à l’exception d’une minorité. Certains ministres de l’opposition politiques ont intervenu il y a quelques temps pour sonner l’alarme à cause des menaces qu’ils ont subies, notamment à travers la confiscation de leurs véhicules de commandement par des bandes armées ou/et  ayant été victime d’actes de pillage. N’eut été ces événements, tout porte à croire que vous avez perdu votre langue pour des raisons que le peuple ignore. Où est partie cette opposition qui dénonçait les dérives du pouvoir au temps de François Bozizé ? Pourquoi cette résignation de votre part?

Il n’est pas encore tard de faire marche en arrière et de reprendre les choses en main. Aujourd’hui, notre pays, le peuple dont vous avez fait vœux pieux de défendre à travers vos partis politiques connait une situation sans précédent. En preuve, il n’existe dans aucun pays monde où les ministres se font braquer leur voiture de commandement, où la population se cache pendant des semaines dans la forêt pour éviter une razzia sans précédent, où chaque famille doit pleurer quotidiennement pour un membre qu’elle a perdu, où la vie est un mot exclu du dictionnaire et de langue des centrafricains? Même en Irak ou en Afghanistan, la situation ne peut aller jusqu’à ce point. Je m’attendais à voir certains ministres démissionner pour prouver leur soutien au peuple qui ne sait à quel sait se vouer, mais sans surprise ils ont décidé de continuer de profiter des privilèges afférentes à leur poste. Je me suis toujours dit que, lorsqu’on n’est pas d’accord, on doit dire non. Un non qui doit montrer à quel point vous compatissez avec le peuple. Toujours est-il qu’il faut que vous soyez en Centrafrique et que vous viviez la situation comme le peule pour mesurer l’ampleur de la situation. Puisque la plus part d’entre vous a choisi délibérément de vivre de manière voilée ou à l’étranger pour éviter l’atteinte de votre vie. Vous devriez savoir que même en politique, les sacrifices sont utiles lorsqu’on a une conviction et qu’on veut apposer une tache indélébile en choisissant ce qui est bien pour le peuple. L’ancien président Burkinabé Thomas Sankara a été tué par son ami et presque frère. Malgré des informations qu’il disposait faisant foi qu’il serait tué, il a accepté de se sacrifier pour montrer combien il fallait rester fidèle aux principes qu’on a épousé, aux agencements qu’on a fait nôtre. On assiste simplement à un abandon de votre part.

Je tiens à encourager par contre tous ceux qui ne cessent de dénoncer en critiquant ce qui se passe chez nous, en appelant à une mobilisation pour aider à rétablir la sécurité et la dignité humaine. Qu’ils savent que, aussi difficile que soit la tâche, le peuple ne les oublierai jamais, l’histoire retiendra leur courage et leur loyauté auprès du peuple tout entier. Même si certains observateurs qualifient de d’un peu tard, les interventions de certains d’entre vous comme Marie-Réine HASSEN et Martin Ziguele, président du MLPC ont reçu un écho favorable auprès de la population.

La parole d’honneur que vous avez donné au peuple lors de vos parcours politiques doit être respectée et tenue. Vous avez entre vos mains une lourde responsabilité dont vous avez le choix, soit de l’accomplir soit de la trahir. Vous avez devant vous, une mission à accomplir et les yeux du monde entier sont braqués sur vous. Les larmes des centrafricains attendent d’être essuyés et pour ce, il faudrait que vous prenez vos responsabilité en main et que vous jouez pleinement votre rôle de premier plan car la solution à cette crise doit être d’abord politique et c’est là où vous devriez jouer votre partition. Vous devriez commencer à être unis afin de mieux porter votre voix pour qu’elle soit entendue. L’avenir nous dira davantage.

Très désespérément


Crise centrafricaine : le silence complice de la communauté musulmane

Il y a plus de trois mois déjà que le pouvoir de Bangui a changé de chef. Le nouvel homme fort de Bangui, Michel Djotodia de père musulman et de mère chrétienne comme il l’a dit à maintes reprises dans ses interventions ne parvient toujours pas à maitriser la situation. Sa rébellion Seleka qui l’a amené au pouvoir, constituée majoritairement de musulmans et de mercenaires Soudanais et Tchadiens constitue la cause principale de l’insécurité dans toutes les régions qu’elle contrôle. Les chefs de la Seleka ne parviennent plus -ou ne veulent plus- à contenir leurs hommes qui sont assimilés aux bandits de grands chemins. Des voix se sont levées pour dénoncer cet état des choses qui discréditent purement et simplement la Seleka mettant en doute les véritables raisons de la prise du pouvoir. L’insécurité a atteint un niveau record et les centrafricains commencent à regretter ce changement d’un peuple agonissant. Mais, qu’en est-il de la communauté musulmane, quel rôle doit-elle jouer pour faire ramener à la raison ces bandits que leurs leaders appellent des « incontrôlés », pourquoi ce mutisme des musulmans malgré la souffrance subie par leurs frères ?

Des musulmans centrafricains à Bangui(Photo crédit: Centrafrique-presse)
Des musulmans centrafricains à Bangui(Photo crédit: Centrafrique-presse)

L’envoi de certains chefs rebelles en arrière pays, une mauvaise idée

Depuis le début de la crise, la population centrafricaine s’est contentée de subir toutes les atrocités commises par la Seleka et autres groupes affiliés. La prise de pouvoir qui avait pour but écourter voire d’arrêter la souffrance quotidienne que subie les centrafricains à l’exemple de l’insécurité grandissante à l’époque où François Bozize était aux reines du pouvoir s’est transformé en véritable chaos. Le peuple centrafricain agonissant a été précipitée au coma. Malgré la résistance de quelques groupes de quartiers, une violence sans précédant s’est installée dans toutes les seize(16) préfectures de la Centrafrique. Des chefs rebelles dans la plus part des musulmans ont été envoyés dans les grandes villes par le ministre d’Etat à la Sécurité publique afin de sécuriser. Une mission qui, si souvent se transforme en actes de pillage, de vandalisme, d’exécutions sommaires, … Ces chefs rebelles devront plutôt être remplacés par les FACA mais, ce, après le désarmement des éléments de la Seleka.

 Ces Seleka musulmans qui échappent à toute autorité de leurs chefs

Des voix se sont levées pour condamner ces actes barbares qui n’honorent pas les centrafricains épris de paix et de quiétude qui se voient enfoncés davantage dans un trou déjà extrêmement béant. Parmi ces voix, se trouve la communauté épistolaire à travers les prêtres des églises catholiques qui ont payé la lourde tribu. Le mutisme de l’opposition politique n’est plus à en parler. Cependant, la communauté musulmane a été pointée de doigt pour son rôle dans cette descente aux enfers. Cette dernière est indexée pour son rôle de facilitateur de la situation actuelle à cause de son appui à la dégradation de la situation et son mutisme. Pas de déclarations sincères et sévères condamnant les actes de barbarie perpétrés par les Seleka. En plus de ces étrangers musulmans venus des pays voisins notamment le Tchad et le Souda, il y a ces jeunes musulmans qui se sont faits enrôlés et qui échappent complément au contrôle de leurs chefs hiérarchiques ou leur recruteur. On constate parfois toute une famille qui s’est enrôlée et qui ne fait que sa loi dans sa zone de juridiction. Ces braquages qui se font compter par milliers sont très fréquemment le fait de ces Seleka musulmans, témoignent les victimes, parlant que l’arabe.

Le silence inexplicable des chefs religieux islamiques

Mais en tant que chefs de la communauté musulmane, quel est le rôle que doivent jouer ces personnes qui sont très écoutés à cause de leur pouvoir religieux ? Pourquoi ne pas dénoncer ouvertement et publiquement cette tragédie qui est loin de finir ? Ces chefs religieux ont-ils peur des représailles ?  Ce qui est sûr, dans mon quartier, personnes ne s’occupe de cette situation au contraire, on y voit que des complices, ces musulmans sympathisants qui passent le claire de leur temps à encourager les éléments dans leur sale besogne. J’ai été surpris quand lors d’une prière le vendredi, je m’attendais à ce que les conseils soient prodigués aux fidèles pour leur implication aux actes contraires à l’éthique de l’Islam. Tout s’est passé comme si on vit dans une situation normale.

Des actes souvent causés par les éléments de la Seleka avec des complices musulmans

Au Kilomètre 5 par exemple, malheur a quiconque veut avoir de problème à un musulman. Il payera le prix par les menaces pour le chanceux,  la torture ou une exécution pure et simple. Au quartier Combattant, à la sortie de l’aéroport Bangui M’poko, un jeune mécanicien avait été égorgé simplement à cause de 5 000 FCFA. Ces bourreaux, des éléments de Seleka l’ont passé à tabac avant de l’emporter pour une destination inconnue. Ses parents recevront un appel de ses ravisseurs à la tombée de la nuit, leur demandant  de payer une rançon de 10 000 FCFA, le double de leur dû pour éviter qu’il soit tué. Il sera malheureusement retrouvé à la morgue de l’hôpital communautaire le lendemain. La conséquence de ces actes est sans équivoque : une haine sans merci entre les centrafricains à obédience musulmane et les autres communautés qui jusqu’à là vivaient en parfaite harmonie. Un contingent des éléments de la Seleka accompagnés des Mbarara, ces peules qui traversent la frontière centrafricain-tchadienne pour liquider leur bataille ont pris d’assaut une localité vers Batangafo, une ville situé au nord de la RCA. Ils ont tiré à bout portant et les victimes se sont compter par milliers encore.

Malgré tout ce que la population a subi, la communauté musulmane ne s’est jamais gêné de s’organiser sur le plan humanitaire pour venir en aide aux victimes. Pas un sous, ni du matériel pour venir aux secours de ces centrafricains qui sont obligés de se cacher dans la brousse afin d’être épargné. On le voit bien, la communauté chrétienne notamment à travers Caritas et les autres ONG s’organisent pour apporter des vivres, des matériels de survie, des médicaments et autres quittes aux nombreuses victimes. Qu’attendons-nous ? Est-ce le moyen qui manque ?

L’Islam est une religion de tolérance et de pardon, pas de barbarie 

A travers des discussions que j’ai eu avec quelques autres compatriotes musulmans comme moi, j’ai essayé de les faire comprendre que tous ces actes nous amèneront sans aucun doute à des conséquences néfastes dont j’ignore pour l’instant l’étendu.  Mes raisonnement s se basent sur le fait que la religion musulmane est tolérante et même si, d’aucuns disent que les musulmans ont soufferts dans les précédents régimes, ce n’est pas une raison pour autant de faire subir l’invivable à son peule, ses frères. Il n’est nullement dit dans l’islam qu’il faut tuer son prochain, ni le faire subir des actes de barbarie. Les chefs religieux doivent s’approprier ces chapitres du Coran et les inculquer aux fidèles. Il faut qu’ils disent que ces responsables des actes horribles ne sont pas de véritables musulmans car un musulman digne de ce nom, croyant et pratiquant ne devrait pas s’adonner à de telles pratiques, contraires à l’esprit même de l’Islam.


Ces rumeurs ou les « gens ont dit » qui tuent en Centrafrique

Photo (Crédit Facebook)
Photo (Crédit Facebook)

Le site les rumeurs d’Abidjan que je consulte parfois dans mes heures perdues a belle et bien sa raison d’être. En commençant ce billet, je me suis posé la question de savoir pourquoi un internaute, un centrafricain réfléchi, un compatriote aux yeux tels ceux d’un sorcier ne pourra pas lancer un site appelé les rumeurs de Bangui, du moins quelque chose de pareil pour parler des « les gens ont dit » qui torturent moralement les centrafricains mêmes les plus avertis.

A vrai dire, il n’y a aucun centrafricain qui puisse s’en passer de cet exercer très courant à Bangui en particulier et en Centrafrique en général. Même moi, je suis passé par là. Ah oui, il faut que je sois véridique, la franchise est la meilleure chose qu’on peut remarquer chez une personne. Mais si j’ai parlé d’exercice au début, autant dire que c’est un exercice dangereux même si certains y trouvent un loisir.

Les informations relayées de bouche à oreilles ou que dire, d’oreilles à bouches sont monnaies courantes en Centrafrique. Surtout pendant les moments de crise, comme celle que notre pays continue de traverser, les rumeurs ont joué et jouent encore un rôle prépondérant dans le quotidien des Bnguissois. Toutes les couches d’âges sont concernées. Juste une parenthèse, dans mon quartier à Bangui, le fameux quartier Malika où j’ai passé toute mon enfance et où j’y vivais jusqu’à mon récent départ pour le Cameroun, il y a des gens, jeunes et vieux qui vivent des rumeurs. Ben, si je dis qu’ils vivent des rumeurs, cela veut dire qu’ils en ont fait leur métier.

Depuis une dizaine d’années, j’ai grandi en voyant des ainés de quartier se levé très tôt, s’asseoir devant le goudron, quémandant le petit déjeuner chez les plus dégourdis qui attendent le transport pour se rendre à leur lieu de travail- je suis passé par là, je vous en pris- à midi, ils sont toujours là, partageant parfois quelques tasses de café très noir, sans véritablement avec du sucre et dépourvu du lait, avec quelques rares fois un bout de pains, le tout grâce à un budget de 75 FCFA. Vous savez chez nous, une tasse de café peut être commandé à 25 FCFA, le pain-est-ce du pain encore-, très maigre et laid comme une fille que sa mère a craché, à 50 FCFA (Ces boulangers Libanais vont nous tuer dans ce pays).

Et puis à la tombée de la nuit, dans le meilleur des cas, un plat de coco(aliment de base en Centrafrique) presque sans viande et avec une quantité incommensurable de coussecousse faite à base de la farine de manioc, le tout à 250 FCFA, une autre tasse de café cette fois-ci sans pain et/ou une calisse de ngouli ou de kangoya(deux boissons traditionnelles faites à base du palmiers très prisées par les centrafricains). Cependant, dans le pire des cas, ils se contentent juste d’une tasse de café. Et puis tard la nuit, ils glissent un à un en partance pour leur « maison », entrant dans leur « taudis » et dernier programme, faire l’amour pour finir la journée en beauté si possible en s’aidant des excitants comme cité dans cet article du Mondoblogueur camerounais Florian Nguimbis.

Mais ce n’est le fait qu’ils ont choisi ce mode de vie qui me gène mais ce sont leurs ragots qui me dérangent. Parce que, à cause de ces ragots des personnes ont perdus la vie. J’ai décidé d’écrire ce billet  parce que j’ai perdu un étudiant à cause de ces griots à la parole facile et disant n’importe quoi pour paniquer toute une ville en proie déjà à l’insécurité grandissante à Bangui. Un de mes étudiants qui venait d’obtenir sa licence en informatique a laissé sa vie dans le fleuve Oubangui, sous le pont de PK 9, à la sortie de Mbaïki. Ce jour-là, c’était le premier vendredi après le coup d’état. Je revenais de chez ma grand-mère qui habite vers Yangato. Et puis, je me suis rendus compte que les gens courraient de tous les sens. Ne sachant quoi faire et n’ayant pas la bonne information, j’ai décidé de continuer paisiblement ma marche vers chez moi. Je me suis dit que vaut mieux faire face au danger que de courir comme les autres ne sachant pas de quel côté viendrait le danger. Et vers Bimbo, la panique a fait son effet et une trentaine de personnes ont perdu la vie en cherchant à sauver leur vie. Mon étudiant, d’ailleurs le meilleur de sa promotion n’aura pas la chance de se trouver dans une pirogue qui se noyait au bout de quelques instants à bord. Les corps seront repêchés quelques jours après par la Croix Rouge Centrafricaine.

Tout comme cet acte qui s’est produit faisant paniquer toute une ville, il y en a eu plusieurs. Et puis, à chaque fois, ce  sont d’innocentes personnes qui payent la peau cassée et ces parasites, vaux rien, menteur de grand-chemin et souvent alcooliques et invertébrés sont à l’origine de ces drames. Dans un pays normal, la justice devrait poursuivre ces fainéants de tout genre qui n’ont rien à faire que de passer le plus claire de leur temps à dire des ragots. La justice devrait les poursuivre pour troubles à l’ordre public. Et puis, coupables de mettre en danger la vie d’autrui. Il faut à tout pris dissuader ces personnes mal intentionnées que juste à cause de leurs dires, des personnes étaient morts, et que s’ils continuent ils seront traqués comme des chiens par la justice et ils seront condamnés en cas de preuves tangibles.


Faut-il encore faire confiance à la justice centrafricaine ?

Panneau bois Lex, par  Rémi Noyon (Flickr/CC)
Panneau bois Lex, par Rémi Noyon (Flickr/CC)

Je n’ai jamais compris comment la justice Centrafricaine marche chez nous. Du coup, je ne lui ai jamais fait confiance, je n’ai jamais cru à son devoir d’impartialité et aux sentences rendues. Je ne sais pas si chez vous, la justice fait correctement son travail mais chez nous, elle est mise en doute par les plaignants. Pour moi,  cette justice n’œuvre que pour les plus forts. Pour corroborer mon propos, je vais vous raconter deux petites histoires que je ne parviens pas à chasser de mon esprit avant d’arriver aux poursuites lancées contre l’ancien Président François Bozize.

En 2005, mon grand-frère s’était rendu au Tchad, à N’Djamena pour ses vacances. De retour en décembre, il avait ramené une bicyclette qui lui avait couté une centaine de mille. Trois mois plus tard, un jeune du quartier, sous prétexte d’aller juste faire une course, avait disparu avec la bicyclette. Après des recherches qui n’ont, malheureusement, donné aucuns résultats probants, mon grand-frère a décidé d’amener l’affaire au niveau du commissariat de notre arrondissement appelé OCRB de Ngou-Ciment.

Le vélo qui disparaissait deux fois

Il suit de bout en bout la procédure et décide à son niveau de continuer lesdites recherches. Après une semaine, on l’informe que le voleur se trouverait à Boressé, une localité située à une trentaine de kilomètres de Bangui, la capitale centrafricaine. Il s’y rend avec un de ses amis, et tous deux ramènent le fugitif jusqu’au commissariat. Au bout de quelques heures, le voleur avoue avoir vendu la bicyclette au fils d’un commissaire. Mon grand frère ne s’arrête pas là et après son enquête, retrouve le domicile du receleur.

Il ramène la bicyclette au commissariat et l’enquêteur décider d’envoyer le voleur et la bicyclette au parquet pour jugement. Mon frère finit par se rendre compte que la bicyclette a disparu du parquet et que le voleur a été libéré. Conséquence, mon grand et moi avions décidé de ne plus faire confiance à la justice de notre pied.

Quand la victime finit en prison…

La deuxième histoire est celle d’un petit du quartier Malika qui, à cause d’une fille qui lui avait volé son téléphone, décide de la traduire devant notre fameux commissariat du quartier. Après convocation des deux parties, le commissaire a décidé de relâcher la fille et de faire emprisonner le petit Kario. Le petit sera contraint de payer une amende de 10.010 FCFA pour être libéré. Depuis, il vit avec sa triste histoire dans la mémoire. Au vu de ces exemples probants, on se rend compte que la justice centrafricaine est une justice à deux poids deux mesures, favorable aux plus forts.

Il est bien vrai que ces deux histoires semblent un peu différentes, mais elles ont presque la même conséquence : celle de remettre en doute la confiance dans la justice de son pays. Les gens qui sont chargés de dire la loi ne respectent pas leur serment. Une fois aux affaires, ces personnes font ce qui leur convient, en favorisant de tierces personnes-parents, connaissances, personnes bien placées financièrement ou occupant un bon rang social, au détriment d’autres, d’où l’impartialité.

Comment cette justice peut-elle juger Bozizé ?

Mais une autre affaire importante concerne une enquête ouverte contre l’ex-président François Bozizé pour violation des droits de l’homme le 2 mai 2013, moins de deux mois après le putsch qui l’a évincé du pouvoir. Si pour beaucoup de Centrafricains, un avis que je partage également, François Bozize et ses proches doivent comparaître devant la justice pour répondre des accusations d’abus de pouvoir, de crimes et d’arrestations arbitraires, la cour qui les jugera se doit d’être impartiale et indépendante.

La justice centrafricaine dans son état actuel ne réunie pas les conditions nécessaires pour assurer un procès juste et équitable aux accusés et rendre justice aux victimes. Mais à travers le mandat d’arrêt international qui avait été lancé le vendredi 31 mai par le Procureur de Bangui Alain Tolmo contre François Bozize pour crimes contre l’humanité et incitation au génocide, tout porte à croire que la justice centrafricaine persiste et signe pour juger cette affaire dont certains observateurs pensent qu’elle relève de la compétence du Tribunal Pénal International (TPI). A ce jour, le TPI n’a toujours pas décidé d’ouvrir une enquête mais se dit en état d’observer et de collecter des informations relatives à une possible ouverture d’enquête. La véritable question à se poser n’est pas de savoir si François Bozizé doit ou pas être jugé mais quelle justice est compétente pour permettre un procès équitable, transparente et juste.


Centrafrique : christianisme et islam, une cohabitation de plus en plus difficile

Carte de la République centrafricaine, par aaker (Wikimedia Commons)
Carte de la République centrafricaine, par aaker (Wikimedia Commons)

J’hésitais à faire cet article sur les relations plus que tendues entre chrétiens et  musulmans en Centrafrique, mais mon voyage du 27 mai dernier m’y a obligé. C’est un réel problème qui risque de perdurer encore. Depuis décembre 2012, les ragots vont bon train et la population centrafricaine a trouvé un nouveau sujet d’actualité. Que ce soit dans les bus et taxis ou au bureau, à l’université, dans les écoles et lycées ou dans les avions, les Centrafricains ne parlent que de la Seleka et de la possible islamisation de la RCA. Mais cela va plus loin, sur la toile et notamment sur Facebook, des heures entières sont consacrées à parler de la période difficile que traverse notre cher et beau pays, mais aussi et surtout à y faire mention de son islamisation très prochaine selon certains compatriotes.

Lorsque je partais à Dakar en début avril pour la formation MondoblogDakar, l’avion qui nous amenais, la fameuse compagnie RAM (Royal Air Maroc) nous a obligé à faire une escale de plus de 6 heures à Casablanca. Plus de la moitié de ce moment de détente à été consacrée aux discussions liées à notre pays. Il se dégageait déjà chez quelques compatriotes l’inquiétude de voir la Centrafrique passer aux mains des islamistes. Mais là n’est pas le problème. Dans tous les pays du monde, cohabitent musulmans et chrétiens. Ce n’est pas la Centrafrique qui fera l’exception. Les événements qui se sont déroulés en Centrafrique – et notamment le coup d’état du 24 mars – ont fait couler beaucoup d’ancre principalement du fait que le chef de l’exécutif soit un musulman, pour la première fois de l’histoire de ce pays.

Le pouvoir de la désinformation

Lundi 27 mai, après le décollage d’un vol de la nouvelle compagnie de transport aérien Karinou Airlines dans lequel je me trouvais, j’ai remarqué que les deux passagères assises juste devant moi parlaient beaucoup et en sango, ce qui a attiré ma curiosité. Après les salutations d’usage en langue sango, nous nous sommes lancé mes voisines et moi dans une discussion sans précédent. Le sujet était le même, la RCA et ses problèmes.

Marina, une jeune couturière et Eva, une fonctionnaire d’un ministère, se rendaient toutes deux à Douala pour un séjour d’affaire. Nous avons continué et voilà que Eva lance sans vergogne :

« Ce Djotodia-là, il a demandé aux 70 députés de l’Assemblée nationale de voter une loi appelée chaaria avec comme effet, de couper la main aux voleurs, châtier les personnes coupables d’adultère, contraindre toutes les femmes au port du voile… mais heureusement plus de quarante députés ont voté contre cette loi ».

Abasourdi, le visage très grave, le silence a eu raison de moi pendant plus d’une minute avant que je ne détourne la discussion. Alors, il s’agit vraiment là d’une désinformation car:

  • Il n’existe plus d’Assemblée nationale ni de députés en Centrafrique après le putsch, mais plutôt de 135 conseillers, selon les recommandations de la CEEAC lors de la réunion à N’Djamena sur la crise centrafricaine et non de 70 qui siègent au CNT.
  • Et puis, cette fameuse loi n’a jamais existé. Après l’élection des  Présidents de la République et du Conseil National de Transition (CNT), la deuxième session ordinaire du CNT ouvert début mai avait pour but de rédiger les documents de base dudit conseil.

Une mission : la fin des divisions

Mais ce n’est pas tout. Sur Facebook, après la diffusion d’une lettre datée d’avril 2012 dont la paternité avait été accordée à Michel Djotodia, certains compatriotes passent leur temps à chercher à discréditer le Président de la transition en l’accusant d’avoir des ambitions islamistes. Sur la toile , on peut lire des propos tels que : « Djotodia avec la complicité de Deby est entrain de mettre en place un plan machiavélique pour faire de la RCA un pays islamiste ».

Le Tchad qui possède plus de musulmans que la RCA, n’a jamais été un pays islamiste mais laïc. Ce qu’il faut réellement faire, c’est obliger le Président actuel à ramener la sécurité sur tout le territoire et rapatrier les mercenaires étrangers qui rendent la vie infernale aux Centrafricains. Nous n’avons pas besoins de nous diviser davantage car nous avons des défis difficiles à surmonter et ceux-ci nécessitent l’apport des Centrafricains de toutes les couches sociales, peu importe la religion, l’ethnie, la région…

Chrétiens et musulmans, une cohabitation de plus en plus difficile

De jour en jour, la cohabitation entre les adeptes de ces deux religions s’annonce difficile. J’ai souffert avec les autres du coup d’état du 24 mars dernier, j’ai condamné tout comme les autres patriotes cette vague de violence qui a précédé et suivie le 24 mars mais je regrette le fait que d’aucuns parlent d’islamisation juste parce que c’est un Musulman qui est au pouvoir. Si Michel Djotodia n’a pas pu être un bon berger avec sa bande de rebelles remplie de bandits de grands chemins, assoiffée de biens et d’argents, il ne faut pas pour autant lui prêter des ambitions islamistes. La situation en Centrafrique est plus compliquée, et mal la comprendre risque de mettre en péril la cohabitation de ces deux religions qui ont jadis vécu en harmonie.

La nomination du pasteur Josué Binoua, ancien ministre de l’administration du territoire de François Bozizé, au poste de conseiller à la présidence centrafricaine en charge des affaires religieuses et des minorités, annoncée par la Radio nationale lundi 20 mai devrait permettre d’atténuer les inquiétudes des responsables des églises qui ont été conviés à une réunion avec le nouvel homme fort de Bangui.

Centrafricains, ne suivons pas les hommes politiques avec tous leurs mensonges et leurs démagogie qui les caractérisent. Une bonne appréhension de l’histoire et de la géographie de notre pays nous permettra de vivre en harmonie. Si François Bozize et Michel Djotodia tiennent à leur peuple, ils n’ont qu’à tout œuvrer pour l’unir au lieu de le diviser en bradant des slogans hostiles et susceptibles de mettre en mal l’unité nationale. L’histoire du pays retiendra l’action de chaque homme, qu’il soit bonne ou mauvaise et le peuple n’oubliera jamais.