Baba MAHAMAT

Mes chers frères Maliens,…

Je tiens tout d’abord à m’excuser pour le retard pris dans la publication de ce billet en guise de soutien dans la guère que vous menez pour la libération d’une partie de votre territoire conquis par les islamistes des groupes terroristes MNLA, Ansar Dine, Mujao, Aqmi. Mais sachez aussi que j’ai toujours eu au fond de mon cœur, ce soutien pour vous, depuis le commencement de l’occupation pour avoir été l’un des partisans d’une intervention militaire afin de déloger illico presto ces personnes, hors la loi qui se croient détentrices d’une mission divine notamment l’application de la Charia ‘a. C’est une forme de colonisation si on se réfère à la citation d’un célèbre auteur Malien, paix à son âme -que je n’ai cessé de lire ses ouvrages- Massa Makan Diabaté, « la colonisation, c’est maintenir quelqu’un en vie, pour boire son sang goûte à goûte ». C’est à cela qu’on peut considérer les terroristes !

J’ai suivi de très près, les événements qui se sont succédés sur la situation de votre pays et l’intervention militaire qui n’a fait que duré pour des raisons que chaque organisation impliquée veut s’en accaparée. Je n’ai pas intervenu à temps dans la rédaction de ce billet car il y avait du feu chez moi, et il fallait que je m’y atèle pour contribuer afin de l’éteindre : le patriotisme oblige. Mon pays la République Centrafricaine a connu des moments tristes de son histoire avec des crises politico-militaires qui nous ont infligés des situations dramatiques inimaginables. Toutefois, je ne veux pas surseoir à cette belle proverbe dont je fais mienne «Quand il y a du feu chez ton voisin, aide-le à l’éteindre car tu ne sais pas si tu seras le prochain». Certes, le feu n’est pas totalement éteint chez moi, mais avec une fois de plus un accord de paix signé à Libreville le 11 janvier dernier et le partage u pouvoir, je continue à croire que tout ira bien !

La guère que vous menez aujourd’hui est une guère de libération car de milliers de personnes ont souffert et continuent de souffrir  au Nord du Mali à cause des différentes sévices imposées par ces terroristes qui souvent violent les femmes en groupe, décapitent, torturent, pillent…, avec comme cibles de pauvres habitants qui ne savent à quel saint se vouer. Faire cette guère, en plus d’une obligation, est une nécessité pour le peuple malien tout entier mais également pour l’Afrique et le monde qui risquent de sombrer dans la désolation si le terrorisme venait à gagner. Que Dieu nous en préserve ! D’aucuns se leurrent en comparant la situation centrafricaine à celle que vous traversez actuellement, c’est mal analyser les deux cas de figures qui sont diamétralement opposés.

Je suis Musulman croyant et pratiquant et selon le Saint Coran et le Prophète Mohamed (Paix et salut à son nom), l’Islam est une religion de tolérance, de pardon et d’amour. Une des meilleures religions au monde, les fanatiques se cachent derrière elle pour accomplir des actes barbares qui ne font qu’augmenter les pleurs de la population mondiale. Qu’ils soient chrétiens ou musulmans, les victimes du terrorisme se comptent par milliers et cela est contraire aux principes de l’islam. Aujourd’hui, nous avons des frères qui meurent en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, au Mali, … pour ne citer que ceux-là, et ce à cause des extrémistes qui n’ont pas de cœur et qui ne méritent pas d’être appelés des personnes pire encore des Musulmans. Même si certains Africains sont contre cette intervention, sachez que vous avez mon soutien indéfectible.  Inch Allah, nous gagnerons cette bataille, lourde de sacrifices.

Je rends hommage à tous ces vaillants soldats qui ont payé de leur vie, le prix de la libération. Je salue également les décisions de certains pays notamment la France qui a envoyé in extremis des troupes et bombardée la position des terroristes avec des frappes aériennes.  La décision du Président Idriss Deby Itno mérite d’être encouragée avec l’envoi de quelques 2000 hommes pour contribuer à reformer le Mali in extenso.

En de pareille circonstance, notre souhait à nous tous, est de vous voir unis à nouveau. Il faut privilège l’unité et rester souder autour du Président de la transition DIONCOUNDA Traoré et du Premier ministre pour faire de la rapide reprise des régions occupées votre mot d’ordre et anéantir les par la même occasion terroristes à jamais. Que Dieu vous vienne en aide dans la lutte que vous menez avec notamment les pays frères.

Sachez qu’en acceptant d’aller en guère vous avez décidé de compléter un chapitre de  l’histoire de votre peuple qui a déjà été écrite par beaucoup de griots et d’historiens Maliens. Cette guère dont les opposants ne se comptent que du bout de doigt n’est pas seulement un devoir de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU, de l’UE, de la France, des Etats-Unis et j’en passe, mais une logique dans la résolution d’une crise qui n’est pas régionale ni continentale car mondiale ; le terrorisme ne touche pas qu’une région ou un continent au détriment des autres mais c’tous les pays du monde sont concernés. Il est important que les synergies doivent être réorganisées pour faire de la bataille contre le terrorisme, une priorité.


La résolution de la crise centrafricaine, signe d’une maturité de la diplomatie africaine

L’image est exaltante, une poignée de main entre Le président Centrafricain François Bozize et le Chef de la coalition rebelle SELEKA Michel Djotodia après les accords de paix signés à Libreville au Gabon. On l’a bien vu, la crise centrafricaine a été résolue et ce grâce à l’appui de la CEEAC qui a été d’une exemplarité sans égale. Aujourd’hui, la crise n’est pas derrière nous mais les résolutions prises vont permettre de décanter la situation et d’amener une paix durable-on l’espère beaucoup-dans cette partie centrale du continent africain qui a tant souffert. L’espoir de tous est que cet accorde signé puisse être définitif.

Le vendredi 11 janvier a marqué un événement important pour tous les Centrafricains où qu’ils soient. Cet événement est la signature de l’accord politique permettant à la Centrafrique et son peuple tout entier de souffler à nouveau à ce vent de paix qui n’a pas de prix. Après plus de trois semaines d’affrontements militaires et de guère médiatique caractérisée par des déclarations de toutes sortes par les différents protagonistes, le cri de cœur des Centrafricains que je fais mien dans l’un de mes billets a été entendu par le Bon Dieu. Trois de jours de face à face a permis d’arriver à ce résultat escompté.

Le plus grand honneur revient à tous les protagonistes qui ont été exceptionnels  afin de sortir de cette impasse, un signe de la maturité de tous les Centrafricains quelque soit leurs différences. Mais cette victoire centrafricaine est notamment celle de l’Afrique toute entière et de sa diplomatie en générale et surtout de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale qui a ménagé aucun effort pour réunir les belligérants autour d’une table et les aider à trouver un consensus pour résoudre leur différends.

A travers cette issue, l’Afrique toute entière a prouvé qu’elle peut valablement parvenir à réunir ses filles et fils afin d’enterrer la hache de guerre et de les permettre de manger dans une même assiette. Cette maturité diplomatique a été menée de bout en bout par les Excellences Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo et médiateur mandaté par la CEEAC, Idriss Deby, Président de la République du Tchad et Président en exercice de la CEEAC qui ont contribué efficacement à cette fin passible et surtout pour leur implication personnelle dans la réussite des négociations de Libreville ayant aboutie à la conclusion d’un accord politique apprécié par les parties prenantes, une bouffée d’oxygène pour tous les Centrafricains épris de paix. Les différents participants ainsi que les chefs de fil de chaque délégation ont été conciliants et c’est une action qu’il faut saluer en tant que Centrafricain.

Il faut reconnaitre que contrairement à tout ce qui se dit, l’accord politique ayant pour conséquence la formation d’un gouvernement d’union nationale regroupant toutes les parties prenantes avec  la désignation d’un Premier ministre issu de l’opposition, l’arrêt des hostilités entre autres n’est pas une victoire d’une partie ou d’une autre, mais celle du peuple centrafricain qui ne veut plus de la guère.

Si l’on a fait l’éloge des contributions de tous les acteurs impliqués dans la résolution de cette crise, il faut reconnaitre que la tradition africaine a toujours favorisé le dialogue entre frères. Le baobab symbolise par exemple l’arbre à palabre qui servait de cadre pour des concertations. En donnant toute la valeur au dialogue comme solution aux mésententes qui peuvent animer certains groupes de personnes, les africains essayent de renouer à la tradition jadis qui a été oubliée à un moment donné, un retour à la source qu’il faut applaudir et souhaiter que cela perdure.

Il ne reste qu’à souhaiter bon vent pour la mise en application des résolutions prises à Libreville et espérer que les autres pays en conflits puissent emboiter le pas à l’exemple centrafricain.


Il y a 10 ans, mon histoire avec Internet commençait!

Le 17 janvier 2003, j’avais commencé avec le monde du web. Internet et moi fêtons notre dixième anniversaire qui ne peut passer inaperçu vu la richesse de notre odyssée. Dix ans après, il est important pour moi de parler des avantages que cet outil incontournable de nos jours m’a apporté sur tous les plans et de rendre hommage à ceux qui m’ont aidé à me l’accaparer.

Je commencerai tout d’abord par le contexte dans lequel j’ai fait la connaissance d’Internet qui au fil du temps est devenu mon compagnon de tous les jours, mon meilleur ami. En fin décembre 2002, alors que j’étais élève en classe de troisième (3ème) au Lycée Privé du Complexe Protestant pour la Jeunesse (CPJ), un établissement d’enseignement secondaire général de Bangui en Centrafrique, j’avais eu la chance d’avoir Monsieur Alfred DANBOY comme professeur d’Anglais qui m’ouvrait les yeux. Cette histoire a débuté le jour où, pendant une discussion en classe, j’avais laissé entendre à ce dernier que la connaissance de l’outil informatique n’était pas indispensable, du moins pas pour le moment, pour nous qui sommes encore en classe de 3ème.  C’est ainsi qu’il nous avait fait un briefing sur les avantages de l’informatique et m’avait invité à la fin du cours, à venir chez lui le week-end prochain. Meilleur de ma classe, je n’imaginais pas que ce rendez-vous qui devrait changer le cours de ma vie, ne devrait me permettre de manger et si possible me rafraichir pour m’encourager des mérites dont je faisais preuve en classe. Grande était ma déception quand arrivé chez lui, rien ne m’était servi mis à part une bouteille d’eau dont  j’avais juste pris une gorgée histoire de ne pas l’offusquer. Vous ne devinerez pas, il m’avait installé convenablement dans son salon où se trouvaient déjà ses deux enfants Heuck et Beck et sa charmante femme. Et puis, un tour dans sa chambre et il avait ramené une gigantesque machine que j’avais eu la chance, entre temps de voir ailleurs déjà mais qui n’avait jamais éveillé mon sens de curiosité qui était sans égal : c’était un ordinateur. Ce jour ne m’avait guère semblé à celui que j’imaginais pour cette rencontre que je pensais cordiale. Mais tout ce que Dieu fait est bon, aime dire une de mes grandes sœurs que je chéris bien. Ah oui ! Dieu a fait quelque chose de merveilleux pour moi et je le comprendrais quelques semaines par la suite.

Mes séances de coaching continuait, je me rendais chaque dimanche à Boy Rabe, un quartier tristement célèbre pour la mentalité peu recommandable de ses habitants ; il ne fallait pas commettre d’erreurs là-bas, tout forfait était réparé sans scrupule au delà des limites, c’était un secteur où la loi n’était pas la bienvenue. Mais puisque tout le monde le savait déjà, je ne pouvais que prendre mes précautions. Et puis, le 16 janvier 2003, après avoir été encouragé par mon tuteur d’informatique, j’ai décidé d’aller au delà de mes performances en me rendant dans un cyber-café. A l’époque, il n’était pas aisé de se rendre dans les cybers-cafés, pas parce qu’on interdisait l’accès mais c’était une nouvelle histoire pour les habitants de Bangui dont j’en faisais parti. Se rendre et payer le fameux ticket d’une heure qui se vendait à 2000 FCFA au cyber d’ADMN Systems nous donnaient la chance d’appartenir à la classe des privilégiés, un cercle vicieux. Mais au delà de mon engouement pour cet outil qui, au fil de temps j’en ai fait mien, il faudrait saluer l’aide incommensurable dont m’apportais mon grand-frère Ibrahim, un des premiers à s’acquérir cet outil. Un hommage mérité à ces deux personnages (Alfred DANBOY et Ibrahim MAHAMAT) qui ont contribué « à forger le forgeron que je suis aujourd’hui».

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Et quand en fin 2003, mon budget estudiantin avait augmenté à cause de l’octroi de la bourse d’excellence par le Service d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Centrafrique à travers le projet EDUCA 2000, aux meilleurs élèves de Centrafrique, je faisais d’Internet ma passion la plus absolue au point que même mon choix d’études universitaires avait été affecté. En ce début de ma classe de 2nde  S (2nde  Scientifique), ma vocation était de tout faire pour réussir plus tard en tant que médecin, un choix indiscutable avant la découverte d’Internet. Et tout a chamboulé pour que je me réoriente vers l’informatique. Aujourd’hui en tant qu’étudiant en fin de Cycle de Master en Réseaux et Sécurité Informatiques, sans Internet, je ne serai pas à ce stade où j’ai pu saisir beaucoup d’opportunité qui se sont offertes à moi. De la communication très fructueuse avec mes proches notamment le transfert d’argent d’une tante aux États-Unis qui privilégiait internet comme moyen d’être en contact, en passant par les connaissances que je me suis faites à travers des forums de discussion, de sites de rencontre, de sites et de moteurs de recherches tel que Google, les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Hi5,… et surtout des rencontres internationales comme ma participation à l’Atelier de formation des jeunes de l’Afrique centrale sur l’observation électorale tenu à Kinshasa en mai 2011 à l’issue duquel a été créé le Réseau Thématique Jeunesse Francophone, ‘Démocratie, Droits de l’Homme et Paix en Afrique centrale’ dont je suis le point focal en République Centrafricaine grâce au Portail Jeunesse Francophone, l’Université Internationale de la Jeunesse à Yaoundé en Décembre 2012, la liste des avantages que m’a procuré Internet est longue. Au delà de tout ce que j’ai énuméré comme retombé, la plus grande reste et demeure mon appartenance à Mondoblog qui a fait de moi un homme épanoui, me permettant de partager avec vous en ce jour heureux, cet article en plus de tant d’autres que vous avez aimés et commentés. Que Internet nous unisse davantage. Vive un monde technologique avec plus d’échanges de savoirs et de savoir-faire.


La crise en RCA, des similitudes avec celle de sa voisine la RDC ?

L’année 2012 a été une année particulièrement difficile pour certains pays africains. A l’instar de la République Démocratique du Congo (RDC), la République Centrafricaine (RCA) n’a pas fini  2012 en beauté. Pourtant, personne ne voyait cette crise venir, même les militaires et les agents de renseignements centrafricains qui ont été estomaqués.

Véritable casse-tête pour les deux pouvoirs en place et les Présidents Joseph Kabila de la RDC et François Bozizé de la RCA, les crises qui secouent le Congo avec la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23, et avec la prise en moins de trois semaines des villes de Bria, Ouadda, Bambari, Grimari, Kaga Bandoro, Sibut par la coalition SELEKA (Alliance en sango)  en Centrafrique.

En RDC, la rébellion du M23 lourdement armée a pu prendre la ville de Goma sans trop d’obstacles. On a assisté à une armée impuissante, incapable de défendre l’intégrité territoriale. Cette rébellion a pu menacer le pouvoir de Kinshasa qui était obligé d’accepter le dialogue.

En RCA, le climat est tel qu’on peut remarquer aisément l’incapacité des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à défendre la territoriale. Même scenario congolais, l’armée centrafricaine n’a fait qu’éviter les combats pour des raisons non-élucidées. Est-ce le problème de reformes de l’armée ? Ou bien la division de l’armée en plusieurs groupes et surtout le traitement exceptionnel de certains proches du pouvoir ?

Des deux crises, nous pouvons remarquer les similitudes suivantes:

– Accusation d’agressions externes notamment des voisins

En RDC, le Président Joseph KABILA a plusieurs accusé ses voisins le Rwanda et l’Ouganda de soutenir les rebelles. Ce que refusent d’entendre les Présidents Ougandais et Rwandais. En RCA, le Président François Bozizé a, lors de son premier discours public après la crise, pointé du doigt le soutien des rebelles de la SELEKA par des mains « invisibles ».  Cependant, si le régime de Kinshasa a pu indexer les pays qui cherchent à déstabiliser la RDC, celui de Bangui a du mal à faire pareil. Le président Centrafricain pouvait accuser également son homologue Tchadien d’avoir orchestré de toute pièce cette crise et d’armer les rebelles à cause de la tension entre les deux hommes après la dernière visite d’Idriss Deby à Bangui. Mais pour avoir intervenu en force d’interposition afin de barrer la route à l’avancée très probable des rebelles vers Bangui, le locataire du palais centrafricain de la Renaissance doit son régime aux forces Tchadiennes. C’est d’ailleurs ce qu’il n’a pas caché lors de son discours en remerciant son voisin Tchadien Idriss Deby pour l’avoir secouru.

Le point de départ de ces rébellions repose également sur un processus électoral raté et contesté ?

A vrai dire, on peut remarquer que les deux crises ont comme point commun les conditions dans lesquelles ont été élus les deux présidents. Si les rebelles de la SELEKA ont justifié la reprise des armes par le non-respect des accords de Birao en 2007 et les accords de paix de Libreville de 2008, tout porte à croise pour l’opposition que le point fort de cette crise reste et demeure l’épineux problème des élections groupées (présidentiel et législatif) de 2011. Certains partis politiques centrafricains avaient boycotté le deuxième tour du scrutin de janvier 2011 créant par la même occasion le FARE 2011(Front d’Annulation et de la Reprise des Élections de 2011. Ce front regroupant les principales forces vives de la nation, continue d’exiger la reprise des élections, condition sinequanone pour le retour à une stabilité politique. La même situation en RDC où le principal opposant Etienne TshisekediI a rejeté en bloc les résultats des élections car selon lui, entachés de fraudes. Depuis lors, on voit apparaître dans le paysage politique congolais, des signes d’un pays où peut apparaître à tout moment une crise politique.

-La mise en place d’une force d’interposition et l’organisation de dialogue par des organes sous-régionaux

Dans les deux pays, se trouvent actuellement des forces d’interposition qui ont pour mandat de faire respecter, par les deux parties une zone tampon et favoriser le dialogue, seule issue de sortie de crise. Les deux régimes sont obligés de « manger » la même sauce que les rebelles même si c’est dans des assiettes différentes. Dans les deux cas, nous avons une rébellion qui est plus forte que l’armée obligeant ainsi le pouvoir à des négociations. LA CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) dans le cas centrafricain et la CIRGL (Conférence Internationale des Régions des Grands Lacs) dans la situation congolaise, des instances sous-régionales qui sont tenues de faire respecter  les décisions et de créer un cadre de concertation favorisant ainsi les pourparlers entre les différentes parties prenantes.

-Des négociations qui s’annoncent très difficile

Puisqu’il s’agit de dialogue presque, imposé par les rebelles dans les deux cas, les discussions seront d’ores et déjà houleuses. C’est même ce que nous avons remarqué en décembre avec l’ouverture des pourparlers entre le pouvoir de Kinshasa et les rebelles du M23.Il est difficile que les revendications du M23 aboutissent. Il en a de même de la SELEKA qui exige que soit mis dans  l’ordre du jour comme principal point lors de l’ouverture du dialogue ce jour mardi 08 janvier 2013, la négociation sur les conditions de départ du président François Bozizé lequel ne veut pas entendre. Même si personne ne le souhaite, on risque d’avoir un dialogue qui va accoucher d’une souris dans les deux cas.

Si hier, c’était le tour de la RDC et aujourd’hui le tour de sa voisine la RCA, il faut coûte que coûte chercher à résoudre ces conflits qui risquent de s’envenimer et de ce point,  se propager dans l’espace de l’Afrique centrale. Le voisin Tchadien qui avait déjà subi l’invasion des rebelles en 2008 doit rester sur son qui-vive au risque d’être surpris à nouveau. Les jours à venir, nous édifieront davantage sur la suite des différents pourparlers que toute la communauté nationale et internationale attend de pied ferme, l’adoption des recommandations pour une rapide sortie de crise.

Eyesango


Des signes précurseurs d’un nouvel an pas comme les autres

Malgré l’envie inassouvie des Centrafricains à fêter, les fêtes de fin d’années ne seront pas comme les autres.  Jamais le Centrafricain aurait aimé passer la fête dans ces conditions. Pour cause, la crise qui prévaut au nord-est du pays notamment l’avancée des rebelles de la coalisions SELEKA qui ont déjà pris la plupart des villes de cette partie de la Centrafrique. Cette  qui a commencé sa lutte depuis le 10 décembre dernier ne cesse de surprendre la population et les FACA (Forces des Armées CentrAfricaines). Une situation qui peut se résumer en quelques points:

1-L’instauration du couvre feu dans la capitale Bangui

Jamais les Centrafricains ont passé le nouvel an avec les couvres feu. Une mesure qui vient s’opposer à l’aspect festif de cette période où on aime sortir jusqu’à tard, aller boire un coup, rendre visite aux parents. Le gouvernement a instauré ces couvres feu de 19 heures à 5 heures du matin. Des rumeurs circulent à Bangui sur la possible intrusion de certains éléments de la SELEKA qui se seraient déguisés de manière peu orthodoxe : fous, vendeurs ambulants, … Le discours du Président de la République François Bozizé qui a duré plus de trente minutes exhortant la population ainsi que la jeunesse centrafricaine à plus de vigilance a accru davantage la méfiance envers des personnes inconnues ou ayant des comportements « suspects ». Par exemple, le samedi 29 décembre, le premier jour de l’application du couvre feu, je revenais d’une visite amicale vers benz-vi, un quartier célèbre de Bangui. Je me souviens qu’il était 19 heures, j’ai décidé d’écourter ma visite à cause des rumeurs et des «les gens ont dits». A quelques mètres de chez moi, un jeune vraisemblablement étranger a été interpellé par deux éléments de la FACA. Celui-ci était vendeur ambulant de pain. On l’a fait subir un interrogatoire en sango, et ne sachant pas s’exprimer, ces deux éléments l’ont accompagné manu militari dans une direction que j’ignore. Ce n’est qu’après qu’un jeune de mon quartier me disait qu’il s’agirait d’un Congolais connu du quartier. Outre, on peut remarquer à Bangui aux heures de couvre-feu, la mise en place de dispositif d’autodéfense des jeunes avec des check points un peu partout sur les avenues bitumées à environs chaque 500 mètres.

2- Le manque de clients dans les kermesses

Depuis le début des événements et surtout avec la prise de la ville de Bambari, les kermesses lieu des habitués de la viva sont restées désertes. D’abord, on redoute une possible attaque des rebelles et surtout leur entrée à Bangui. Personne ne voudrait être surpris ailleurs que chez lui si une telle chose devrait se produire. Les stands et leurs propriétaires ont fait leur plus faible recette. D’ici et là, on voit quelques accrocs qui se donnent rendez-vous pour partager une à deux bouteilles, difficilement au delà. Les nourritures préparées pour la vente sont souvent remises à la fermeture des stands au réfrigérateur pour le lendemain. Ce qui peut se faire même pendant plusieurs nuits. Face à cette situation, quelques propriétaires de stands ont décidé de quitter les lieux surtout avec l’instauration du couvre feu.

3- L’austérité des poches

Les poches de la plupart des centrafricains subissent une austérité sans précédent. Le constant est amer ; on peut le remarquer à la veille de la fête de Noël. Les parents payent très peu de jouets à leurs. Les habitants de Bangui qui sont habitués à dépenser énormément pendant les périodes de fêtes de fin d’années ont inscrit la période actuelle à l’exception à la règle. On dépense très peu sinon pratiquement pas car on ne sait pas ce qui peut arriver ce soir ou demain. Tout le monde est sur son qui vive. Certains ont même commencé à faire leur réserve au cas où la situation perdure. Car il faut savoir qu’en Centrafrique, de tel conflit apporte beaucoup de profit aux commerçants qui tirent les ficelles en augmentant sans cesse le prix des produits, n’ayant même pas pitié des pauvres personnes. On mange que des plats ordinaires comme le coco assaisonné avec un peu de poisson fumée ou des crevettes sans oublier «les morts vivants», une sorte de poissons très petits ne devant pas être péchés.

4- L’observation d’une période de prière par tout le monde et la fermeture des bars

Depuis quelques années, le Président de la république a instauré trois jours de prières chaque année du 29 au 31 décembre. Pendant ces moments de jeûne, tous les bars et bistrots doivent être fermés et quiconque n’obéissant pas à ce principe encoure des sanctions. Le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisions a été désigné pour annoncer et faire respecter cette période pendant laquelle toute la population est censée prier pour la paix dans le pays. Cette année, le répression à ceux qui désobéissent à la fermeture des bars a particulièrement exceptionnelle compte tenu des tensions relatives à l’avancée de la SELEKA. Mais il faut savoir que le Centrafricain, accroc à la boisson trouve toujours une manière pour contourner la règle. C’est ce qu’on peut remarquer avec certaines buvettes se trouvant dans les quartiers.

5-La visite du président en exercice de l’Union Africain

Le président Béninois Boni Yayi, également président en exercice de l’Union Africaine était à Bangui le 30 décembre dans l’après midi en visite éclaire. Cette visite qui n’a duré que quelques heures a pour objectif de convaincre le Président Centrafricain François Bozizé d’accepter de dialoguer avec la coalisions des rebelles du SELEKA qui menace d’entrer à Bangui et de renverser le régime actuel. Il faut noter qu’il est rare de voir une personnalité aussi importante se rendre à Bangui si ce n’est pas pour la résolution des problèmes.

Au delà de cette situation, il faut noter que les rues et avenues à Bangui sont désertes. La population préfère rester terrer à la maison. Une situation qui s’amplifie avec les coupures de courant plus fréquentes en ces périodes de crise. Les jours à venir seront plus décisifs et nous permettront de revenir sur la crise en Centrafrique que nous espérons trouver une issue le plus rapidement possible.