Baba MAHAMAT

Et si le 08 mars n’était pas une fête mais une journée de méditation pour toutes les femmes

Le 08 mars 2013 à l’instar de tous les autres fils du monde, le devoir voudrait que je puisse dédier un billet pour cette occasion annuellement unique. Si beaucoup d’enfants diront  que de bonne chose pour ces femmes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes pour que la famille continue de suivre son chemin, je pense qu’il est juste et opportun d’en profiter pour faire le tour d’horizon des problématiques liés à la gente féminine.

A l’accoutumée, la Journée Internationale de la Femme se voit adjoindre les festivités de tout genre se laissant dépouillé du sens qu’elle doit revêtir, c’est-à-dire permettre à la femme de faire un examen de conscience et une autocritique de ses actes, ses aspirations, ses difficultés afin de faire des projections d’avenir pour son épanouissement. Les femmes préfèrent les festives et croient que c’est en ce jour qu’elles doivent satisfaire leur désir inassouvi en prenant part à aux cérémonies officielles, au défilé dans certains pays, aux bars et boite de nuit, … Cette catégorie de femmes oublient que l’heure n’est plus à ces actions qui ont toujours remis en cause la place que la femme occupe dans la société. Et si elles comprenaient que le monde a vraiment besoin d’elles pour faire bouger les choses. L’heure est grave et leur apport est plus que nécessaire. Une commémoration n’est pas nécessairement une fête mais c’est souvent un moment de réflexion.

En Centrafrique, à l’instar de la plupart des pays africains, les femmes s’adonnent à l’alcoolisme le jour du 08 mars et les dégâts qui s’en suivent rendent la situation vraiment alarmante. Mais en tant que femmes, vous ne devriez pas vous laissez emporter dans ces pratiques qui vous déshonorent. Il faudrait redonner une nouvelle image à la gente féminine que vous êtes en vous servant de vos positions respectives, vos capacités personnelles et collectives pour le bien de toute l’humanité. En tant que femmes, vous disposez d’un pouvoir dépassant ceux des hommes même si vous n’êtes pas toujours au centre des préoccupations. N’est-ce pas un adage dit : « Derrière un grand homme se cache une grande dame ». Vous devrez savoir que cette journée n’est pas l’apanage de l’OFCA (l’Organisation des Femmes CentrAfricaines), une entité qui n’est pas du tout représentative car remplie que de femmes intellectuelles alors que la plupart d’entre vous ne sont pas intellectuelles. Vous devriez savoir que ce n’est non plus une journée réservée uniquement aux femmes politiques mais également à vous, toutes les femmes qui nuit et jour, faites des efforts indéniables pour que la société  redevienne une société seine et que vos maris, progénitures et parents goutent au plaisir de la vie. Ce jour n’est pas uniquement un jour où vous recevez des médailles en signe de reconnaissance à vos mérites, mais un jour où vous devriez vous demandez ce que vous pouvez faire de mieux et davantage pour aider tous ceux dont votre aide leur est précieuse. C’est aussi une journée pour vous les femmes qui priez sans cesse pour que la paix redevienne définitivement en Centrafrique. C’est aussi une journée  pour vous toutes les femmes qui, très tôt au levé du jour, abandonnant vos progénitures, vous vous levez pour les activités de commerce permettant à la population d’avoir de quoi à mettre sur les dents. Cette journée commémorative n’est pas uniquement celle des femmes politiques qui souvent n’usent pas de leur position auprès de leur entourage afin de faire changer les choses. Cette journée n’est pas synonyme de porter un pagne !

Et si cette journée était pour toutes les femmes du monde, d’Afrique et de Centrafrique, une journée de rédemption, une journée lors de laquelle les femmes politiques décideront de ne pas suivre les hommes dans leur folie prenant souvent des décisions sans pour autant penser aux répercutions sur la population. Et si cette journée était réellement un nouvel élan pour toutes les femmes qui épris de paix, décident de prendre à bras le corps les problèmes liées à sa condition de vie. Et si cette journée était une occasion pour toutes les femmes de montrer à tous les hommes qu’elles valent mieux que les hommes, caractérisés par leur orgueil. Et si cette journée était une journée où toutes les femmes doivent montrer au visage du monde entier qu’elles sont unies et qu’elles ont décidé de faire partie des grandes décisions sur le monde. Et si, toutes les femmes battues quotidiennes par leurs maris prenaient conscience ce jour. Et si cette journée était différente des autres journées de la femme. Et si, et si, …

Femmes du Monde, d’Afrique et de Centrafrique, êtes-vous prêtes pour relever ce défi qui s’impose à vous ?

Ndjoni Mantaga na a wali kwe- Bonne fête à toutes les Femmes-

Zo Kwe Zo


Hommage à Stéphane Hessel, un grand humaniste s’en va !

Le monde et avec lui, la France est en deuil. Le mercredi 27 février 2013, les médias ont annoncé la mort de cet homme qui a beaucoup milité pour un monde libre, de solidarité et de respect des droits humains. Un homme qui a tant donné pour que ce monde devienne uni et que chacun retrouve sa dignité. Ancien déporté, poète, écrivain, défenseur des droits de l’homme, c’est un homme d’une qualité exceptionnel ayant vécu de pires moments dans sa vie comprenant ainsi la souffrance de tous ceux qui sous la  coupe de l’injustice peinent à retrouver un équilibre dans un monde de plus en plus capitaliste.

Le succès planétaire, Stéphane Hessel le doit à son livre intitulé «Indignez-vous», un livre qui a inspiré les jeunes qui ont lancé en Espagne un mouvement de protestation, initialement « Mouvement du 15-M » qui avait débuté le 15 mai 2011, par l’occupation permanente de la place Puerta del Sol en plein cœur de Madrid, à l’image des contestataires égyptiens de la place Tahir au Caire. Le livre, une manifeste d’une trentaine de page dénonce les écarts de richesse, la dictature des marchés, l’absence d’humanité notamment à propos de la situation des Roms, des sans-papiers, et aussi sur le conflit israélo-palestinien qu’il considère comme son principal sujet d’engagement. Le  mouvement du 15 mai 2011 sera rebaptisé «Indigés » qui a secoué de plein fouet une soixante de villes européennes. Mais si son livre a inspiré ce mouvement, il faut reconnaitre que Hessel s’est toujours combattu pour la solidarité internationale, une expression qui doit retrouver sa place pour sortir le monde de la terrible crise qui continue à parler d’elle et avec des répercutions sans précédent.

Ce fervent défenseur des Droits de l’Homme possède un parcours charismatique. Il a notamment participé aux travaux de la Commission d’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme après avoir été nommé secrétaire de la Commission des droits de l’homme de l’ONU en 1948. Le monde du Proche-Orient retiendra de cet homme, un fervent partisan de la création d’un Etat palestinien et les Israéliens, une ennemie malgré son origine juive qui a fait son temps. Il faisait parti de ceux qui rêvent à la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens, un rêve qu’il emporte avec lui, après l’avoir nourri pendant des années.

Les membres de l’émission Club Rfi que dirige Eric Amiens,  journaliste à la RFI ne l’oublieront jamais. Il est le parrain du Prix de la jeune écriture Alliance Francophone / Club RFI, qu’il a parrainé (900 poèmes et 78 nouvelles ont été enregistrés en candidature dont j’en fais parti). C’est un très beau succès que rencontre donc ce Prix que Stéphane Hessel nous fait l’honneur de parrainer, ouvert aux jeunes âgés de 15 à 25 ans dont la première édition est lancée fin 2012 et dont il n’aura malheureusement pas la chance de participer à la remise des prix en savourant ce moment exceptionnel. J’ai personnellement fait mien sa citation « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer » dont j’aime savourer à la longueur de la journée. Les sans papiers et tous ceux qui sont opprimés viennent de perdre un de leur avocat défenseur.

Né le à Berlin, le 20 octobre 1917, Stéphane Hessel nous a quitté dans la nuit de mardi à mercredi 27 février à l’âge de 95 ans. Le monde littéraire, diplomatique et humanitaire est en deuil.  Si tous les politiciens épousaient ne fusse-ce que la moitié de ses qualités, le monde ne serait pas ce qu’il est actuellement. Amadou Hampâté Bâ  disait « quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », c’est une bibliothèque qui brûle, alors Hessel tu n’es pas mort mais tu es quelque part dans un monde plein d’humanisme !


Bangui, une ville enclavée à cause du fléau d’«éffrondement des ponts»

Personne ne pouvait imaginer qu’à une époque pareille, on pourrait avoir une capitale comparable à Bangui mais c’est bien réel. Non, n’ouvrez pas les yeux mes amis, mais croyez-y seulement et vous vous rendrez compte. Un nouveau fléau a ravagé la capitale centrafricaine faisant déjà plusieurs victimes. Il y a ceux qui ont perdu des parents mais également une bonne partie de la population de Bangui, obligée de traverser ces ponts pour se rendre à l’autre bout de la capitale. Ce fléau qu’on peut appeler «écroulement des ponts » est d’être éradiqué.

Cependant, ce qui gène n’est pas du tout le fait que des ponts s’écroulent mais c’est surtout qu’on ne peut pas les réhabiliter après leur écroulement. Nous savons tous que l’écroulement d’un œuvre est lié souvent à son amortissement ou bien à d’autres facteurs endogènes, ce qui se passe dans d’autres pays notamment. Mais à Bangui, ces ponts hors d’état de fonctionnement continuent d’augmenter et Dieu seul sait quand est-ce qu’ils vont être à nouveau fonctionnels: pont de Langbashi, pont des Castors, pont Sica, pont Sapéké pour ne citer que ceux-là.

D’abord, ce sont des ouvrages qui ont datés de plusieurs années et aucun département ministériel n’a pas envisagé une prévision quant au problème qui pourrait advenir un jour, même pas le Ministère des équipements et des travaux publics. Il y a environs deux années quand le problème a été commencé, les responsabilités ont été réciproquement discutées entre d’une part la mairie de Bangui qui explique que c’est au ministère des équipements de réhabiliter  ces ponts et d’autre part à ce dernier qui rejette le tort sur la mairie se justifiant du fait que ces ponts se trouvant à Bangui, il y va de l’autorité de son adversaire. Dans une telle situation la population ne sait à quel responsable s’en tenir.

L’effondrement de ces ponts complique davantage la situation routière des habitants de Bangui : problème de transport, accidents de circulation et agression nocturne sont au rendez-vous. En ce qui concerne le transport, les chauffeurs de taxi et bus, spécialistes dans les mauvaises pratiques et réputés être des profito-situationnistes ont fait de ce problème une manière d’extorquer de l’argent aux clients. Alors par exemple quittant le quartier combattant pour se rendre à Petevo ou Bimbo à la sortie sud de la RCA, il faudrait payer au moins le double du tarif ; un premier tarif vous permet juste d’être déposé dans le meilleur des cas juste avant le pont de Langbashi dans le 6èmearrondissement de Bangui et un autre payement pour la suite. Mais la situation est encore plus catastrophique aux heures de pointe : entre 7 heures du matin et 10 heures ensuite 12 heures et 14 heures. Mais quand vous avez des impératifs qui vous obligent à respecter le timing-ce qui est difficilement respecté tant les voies même sont impraticables- vous devez vous faire violence et vous acquitter à contre-cœur de ces frais. Le pont de Sapéké par exemple a été le théâtre d’accidents en août 2012 faisant plusieurs victimes. En total on comptait 4 cas d’accidents mortels dont 2 de voiture et 2 cas des motos rien que pour le mois précité(août 2012).

Aussi dans le quartier Langbashi où se trouve un de ces ponts, les piétons sont obligés de payer une somme variant entre 25 et 50 FCFA pour traverser de l’autre côté grâce à un pont à base de planches de bois et dont la probabilité de se faire noyer lors de la saison pluvieuse dépasse le 2/3. Toujours pour ce pont, en milieu de 2012, un passage provisoire avait été réalisés mais lors des pluies d’août dernier, ce pont avait été emporté on ne sait par quel miracle une nuit. Le lendemain matin, les habitants du quartier ne savaient ce qui s’était réellement passé.

Si un projet est en cours pour le rétablissement d’un des ponts effondrés, il faut noter que d’autres ponts notamment celui sur l’avenue  Koudoukou au 5e Arrondissement qui avait déjà fait l’objet de réhabilitation après son écroulement il y a quelques années, sont en phase de délabrement avancé et ne feront que rendre la liste pléthorique. Le gouvernement doit pouvoir, en s’appuyant sur des partenaires bilatéraux ainsi que les pays amis tels que la Chine et la France, réfléchir sérieusement sur la manière de réhabiliter dans un délai raisonnable de ces ponts afin d’abréger la souffrance des Centrafricains. Sinon le pays qui est déjà enclavé le sera de l’intérieur également.


La revue de la presse africaine du 17 au 24 février 2013

Loin de moi l’idée de me substituer au journaliste de la RFI Pierre-Edouard Deldique, réalisateur de l’émission « Une semaine en Afrique » mais la semaine du 17 au 24 février 2013 a été marquée par d’énormes événements en Afrique dont je voudrais donner un résumé succincte. L’Afrique a été une fois de plus au cœur du média, que ce soit les radios, les télévisions, la presse écrite ou les journaux en ligne, tous sans exception ont publié des informations sur certains pays.

Et comme la charité bien ordonnée commence par moi-même, je débute cette revue de presse par la Centrafrique. L’actualité qui a fait la une est sans doute la suppression de deux émissions radio pro-Bozize qui a fait couler beaucoup d’encre. Cette décision découle de la conséquence directe de la nomination il y a quelques semaines de Christophe Gazambéti, un des portes paroles de la SELEKA, comme ministre de la Communication après la mise en place du Gouvernement d’Union Nationale (GUN). Les émissions concernées « Yé so é lingbi ti inga » et « Bango ndo ti Gbia ti Kodro » étaient animées par des proches du président Centrafricain François Bozizé dont le Directeur de la presse présidentielle. Dans ces émissions, il est fait l’éloge du chef de l’Etat et des actions présidentielles. Les réactions sont divisées entre les partisans du président centrafricain et ceux de l’opposition. Aussi, le cantonnement des rebelles de la SELEKA a été prévu par la Fomac et le gouvernement pour le dimanche 24 février, mais il a fait l’objet d’un report pour des raisons technique a martelé Christophe Gazam Betty.

Le mardi 19 février, 7 Français dont deux hommes, une femme et 4 enfants ont été enlevés par les éléments de la secte islamiste Boko Haram à l’extrême-Nord du Cameroun. En milieu de la semaine, une information a circulé faisant état de libération de ces otages, une information démentie quelques heures plus tard par le gouvernement camerounais et relayée par la France. On compte de nos jours, 15 français en otage tous en Afrique (en Sahel et au Nigeria).

Au Tchad, le contingent tchadien au Mali constitué de quelques 1800 soldats a subi un coup dur avec la perte de 13 soldats lors de violents affrontements contre les combattants du MUJAO, un des groupes terroristes les plus actifs au nord Mali. Des combats qui ont fait 65 morts côté terroristes et 23 soldats Tchadiens a assuré le Chef d’Etat Major Adjoint de l’Armée de Terre. Au nombre des soldats tués, figurerait Abdel Aziz Hassane Adam, le commandant des forces spéciales tchadiennes au Mali.

Autre actualité, c’est en République démocratique du Congo. Un accord a été signé à Adis Abeba, la capitale de l’Union Africaine en présence du Secrétaire général des Nations Unies Bank ki moon, de la présidente de l’Union et d’une dizaine de présidents des pays voisins à la RDC qui se sont engagés à ne pas soutenir des mouvements afin de déstabiliser l’est de la RDC. Parmi ces présidents, se trouvait le numéro 1 Rwandais Paul Kagamé, accusé par son voisin congolais de soutenir la rébellion du M23. On espère que la signature de cet accord permettra de ramener la paix définitivement à l’est de la RDC, région en proie aux mouvements rebelles.

En Guinée Équatoriale le 3e sommet Afrique-Amérique du Sud (ASA) s’est tenu du 21 au 22 février à Malobo en Guinée Equatoriale, regroupant une vingtaine de présidents Africains. Il faut rappeler que ce sommet sud-sud a commencé en 2006 permettant aux deux continents d’échanger sur la possibilité d’investissement et de favoriser les relations bilatérales. L’ASA regroupe 66 États, les 54 pays d’Afrique et 12 d’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Bolivie, Colombie, Chili, Équateur, Guyane, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela). Depuis sa création, les échanges économiques entre les deux continents ont bondi de 75% pour atteindre 39,4 milliards $ en 2011, selon les chiffres présentés par le Brésil, un des leaders du groupe. Cette donnée est non négligeable si l’on considère qu’en 2002, ce montant dépassait à peine 7 milliards $. En moins de 10 ans, ces échanges auront donc augmenté de 600%.

En Afrique du Sud, le célèbre athlète Oscar Pistorius accusé d’avoir tué sa femme avec une arme a été mis en libération après avoir payé une caution fixée à 85000 euros par le juge. Il sera à nouveau convoqué par contre le 4 juin prochain pour une nouvelle audience.

En Côte d’Ivoire, le 21 février dernier, l’ancien Président Laurent GBAGBO accusé de crime contre l’Humanité commis entre fin 2010 et début 2011 en Côte d’Ivoire a été présenté en audience de confirmation des charges devant la Procureur de la CPI Fatou Bensouda. Chaque camp dispose de 10 jours pour pouvoir donner des preuves et défendre ont rejetés les accusations. A la fin de cette audience de confirmation des charges les juges auront deux mois pour se prononcer et ainsi donner, ou non, leur feu vert à un procès Gbagbo. L’enjeu est évidemment énorme pour Laurent Gbagbo lui-même, mais aussi pour le Bureau du Procureur.

Au Sénégal, le procès de l’ancien Président Tchadien Hissène Habré commencera bientôt avec le démarrage des activités du tribunal en charge de fixer le sort de cet ancien dictateur. Cet ancien président est accusé d’avoir fait torturer et disparaitre de milliers de Tchadiens pendant son régime (1982 et 1990). L’organisation Human Rights Watch (HRW) a découvert en 2001 les noms de 1 200 personnes exécutées ou décédées en détention et de 12 000 victimes de violations des droits humains et notamment de torture.


Centrafrique : la population des zones occupées par la SELEKA oubliée par les accords de Libreville ?

Plus d’un mois après les accords de paix signés à Libreville le 11 janvier 20013, des accords de plus qui donnent un peu d’espoir aux Centrafricains épris de paix, la population vivant dans les régions contrôlées par la rébellion SELEKA continuent de payer le prix fort de l’occupation. A en croire les témoignages, la situation s’est surtout empirée avec la prise de la ville de Mobaye, frontalière avec la République démocratique du Congo (RdC) en début février et les exactions commises par certains des rebelles, ce que les leaders appellent les « éléments incontrôlés », alors que ces derniers ont accepté d’entrer au gouvernement d’union nationale(GUN).

Risque d’une crise humanitaire

La situation humanitaire est d’autant plus que préoccupante et en cause, les exactions commises ainsi que des menaces proférées contre la population ont fait qu’aggraver la situation sécuritaire déjà très précaire.  Le nombre de personnes déplacées est estimé à environs 15 000, selon la représentation régionale du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en RdC qui s’est d’ailleurs réjouit de la décision du gouvernement congolais de reconnaitre le statut de refugié aux Centrafricains ayant fuit leur pays. Des refugiés qui ont quitté pour la plupart la région de Mobaye, craignant pour leur vie et qui sont localisés dans la Province de l’Equateur (Nord-Ouest de la RDC) et dans la Province Orientale (Nord-est de la RDC) a précisé l’agence onusienne. On dénombre plus de 5000 enfants parmi les déplacés. Cette information a été confirmée par Le bureau de l’organisation des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA) en Centrafrique lors d’une rencontre avec les journalistes le vendredi 15 février 2013 à Bangui.

Une situation alimentaire très préoccupante

Si les Centrafricains sont habitués à la hausse des prix, personne n’a prédit cette nouvelle hausse en un si peu de temps, des prix des denrées alimentaires telles que le maïs ont doublé. La plus part des personnes vivant dans les zones occupées ont déserté leur localité, craignant pour leur vie pour se refugier en brousse. Ce qui défavorise les activités champêtre à cause du climat d’insécurité grandissant. Pour éviter une crise alimentaire, le PAM a demandé un accès humanitaire garanti dans le nord et le centre de la RCA où vivent près de 800 000 personnes. Selon cette agence, ces personnes risqueraient de souffrir d’une pénurie alimentaire au cours de prochains mois. Le risque serait accru entre les mois de mai et de septembre prochain, pendant la saison pluvieuse. Il faut préciser qu’avant le déclenchement du conflit par la SELEKA, quelques 200 000 personnes étaient déjà prises en charge par le PAM.

L’insécurité toujours grandissante

Il est de plus en plus difficile d’entrer et de sortir par les axes contrôlés par la SELEKA.  Pour causes, certains éléments de cette rébellion sèment la terreur au sein de la population. C’est ainsi qu’on a dénoncé la séquestration des personnes et certains religieux à Kabo et Mobaye en représailles à la dénonciation des exactions par certains responsables religieux. Certains jeunes, originaires des villes occupées se transforment en véritables complices indexant certains habitants et les dépouillant de leurs biens. Les ONGs sont notamment touchées par cette insécurité : il y a quelques jours, trois véhicules appartenant à Médecins Sans Frontières (MSF) et à la Croix Rouge avaient été volés à Ndélé. Fort heureusement, deux des trois véhicules avaient été récupérés par la FOMAC lors d’une mission dans les zones occupées. Le 15 février, à Kabo, un véhicule de MSF Espagne a été pris de force par les hommes de la SELEKA.  Les habitants de Bambari, une des villes les plus touchées par les dégâts viennent d’exiger le 16 février au président Centrafricain François Bozize, la réouverture des voies occupés par la rébellion jusqu’à lors. Il s’agit notamment d’ouverture un corridor humanitaire permettant de leur venir en aide.

Les écoles toujours fermées pour les enfants

Ils sont environs plus de 166 263 enfants n’ont pas accès à l’éducation dans les villes occupées par la rébellion de la Séléka, a relevé Henry Sylvain Yakara, administrateur national chargé des affaires humanitaires du Bureau de l’organisation des Nations Unies pour les Affaires Humanitaires (OCHA), une information révélé par le Réseau des Journalistes des Droits de l’Homme en Centrafrique. Les portes des écoles sont restées fermer depuis la prise des localités par le groupe armé, certaines écoles ont même été pillées et les bureaux saccagés. Plus de 2000 enseignants vivent en état de précarité et la plupart se sont réfugiés soit à Bangui soit dans la brousse ou dans les pays voisins. Une situation qui ne favorise pas la réouverture des salles de classe malgré l’approche des examens de fin d’année scolaire.

Fort de tout ce que nous avons développé dans ce billet, il est plus qu’urgent que le cri de détresse de ces habitants, des personnes comme nous puissent être écouté et que les autorités puissent les venir en aide. L’envoi de la mission conjointe FOMAC-SELEKA-FACA est une initiative louable mais en plus, le démantèlement et le regroupement des hommes de la coalition doit être une des priorités de la nouvelle équipe gouvernement afin que toute l’étendue du territoire sans exception puisse respirer la paix.

Zo Kwe Zo