Centrafricains, évitons de tomber dans les mêmes erreurs !

La République centrafricaine ne cesse de faire parler d’elle. Entre une transition nonchalante, un forum de réconciliation qui est censé mettre fin à la division et des élections prévues en juin 2015, les Centrafricains vont-ils réécrire la page d’une nouvelle histoire ? Sous la pression de la tenue du forum de réconciliation censé se tenir du 27 avril au 2 mai et des élections dont le premier tour est prévu en mi-juin, la transition réussira-t-elle son pari pour ramener la paix et la cohésion sociale?

Difficile de dire que tout se passera bien tellement les défis sont importants. Les consultations à la base qui se sont déroulées aux mois de février et mars dans les sous-préfectures de la Centrafrique et les pays voisins où vivent les réfugiés centrafricains ont certes montré la volonté de tout le peuple centrafricain à tourner la page. Les recommandations qui ont été faites par les différentes couches sociales sont légion. De la sécurité comme condition sine qua non pour un retour à la normale, au problème de développement des régions, à l’exclusion sociale, la lutte contre la pauvreté, la mauvaise gouvernance et la corruption sont entre autres des idées revenues plusieurs fois parmi lesdites recommandations.

Mettre les victimes au centre des préoccupations

Mais, les Centrafricains doivent avoir à l’esprit les causes profondes de notre tragédie. Le forum de réconciliation qui se tiendra dans quelques jours ne doit pas se reposer sur le même schéma que les précédents. Nous avons vu comment se sont déroulées ces assises dans le passé, une tribune offerte aux bourreaux pour remuer le couteau dans les plais des victimes et se blanchir de leurs crimes. Les victimes doivent être au centre des débats, leurs préoccupations doivent être l’épicentre des discussions. Au lieu de laisser les politiques parler de leur projet d’accéder au pouvoir en soudoyant la population avec des propos mielleux, l’occasion doit être offerte aux victimes de s’exprimer.

Lutter contre l’impunité

Par-dessus tout, l’impunité doit être combattue. Les responsables des atrocités et ceux qui ont appuyé de quelque façon que ce soit les belligérants dans leur entreprise doivent être poursuivis par la justice. La justice doit être un instrument au centre de cet important rendez-vous. Car l’une des causes des troubles que nous avons subies est l’injustice. La plupart des victimes ne font plus confiance à la justice de leur pays qui n’appartient qu’aux riches et ceux qui sont puissants. Même les coupables deviennent des victimes, une justice à deux poids, deux mesures.

Poser les bases d’une nouvelle armée républicaine

L’armée centrafricaine (F.A.C.A ou Force des armées centrafricaines) y est pour beaucoup dans la profonde crise que traverse la RCA. Le recrutement dans l’armée s’est effectué sur le clanisme et l’ethnisme. Au lieu de recruter à base de l’intégrité, du courage et de la bravoure … c’est l’aspect partisan qui s’est imposé. Même des personnes de moralité douteuse dont des voleurs et autres bandits se sont retrouvés dans cette importante institution qui devrait garantir l’intégrité des personnes et biens ainsi que garantir l’intégrité territoriale. Des discussions approfondies doivent être menées avec l’aide des pays amis afin de définir la forme et les critères de recrutement dans l’armée.

Organiser des élections démocratiques, transparentes et équitables

Les futures élections en Centrafrique seront déterminantes. Elles sont d’autant plus importantes qu’elles doivent permettre le retour à l’ordre constitutionnel. Il conviendra de désigner des choix des hommes politiques qui doivent se démarquer des autres régimes en relançant l’économie, la santé, l’éducation… Les chantiers sont nombreux. Mais ce choix de ces hommes et femmes ne doit pas se faire comme à l’accoutumée en se basant sur les ethnies, l’argent… Il faut que le peuple tire des leçons de ce qui s’est passé en faisant un choix utile qui permette de sortir ce pays de l’ornière.

Alors la transition a un rôle important à jouer pour aider le peuple à prendre le chemin de son destin. La présidente et les membres de transition doivent tout mettre en œuvre pour réussir ce pari. Mais la réussite de ce dernier passe par la volonté des Centrafricains à prendre conscience et à prendre un autre chemin que celui de la division, de la haine, de la destruction, de la violence… Nous devons tous choisir la paix, la cohésion sociale, la fraternité, le développement de notre cher et beau pays la Centrafrique.

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eyesango
Citoyen du monde. Originaire de la Centrafrique, travaillant à Douala, diplômé en informatique activiste des Droits humains, leader d'opinion, voyager et échanger est ma passion...

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