Centrafrique, ce pays de paradoxes

Comme si on ne devrait pas être surpris, l’accalmie en Centrafrique, du moins dans la capitale centrafricaine, Bangui a été de courte durée. Après les grimaces des représentants des entités et composantes à savoir l’opposition dite démocratique, les deux principaux antagonistes, la Seleka et les Antibalaka, et la société civile, le calme qui a régné à Bangui fut de courte durée. A l’origine de ses heurts, une raison cachée qui voudrait que la Cheffe de la Transition Catherine Samba Panza démissionne selon les vœux des leaders du mouvement Antibalaka. Cette requête a été reprise par certains chefs Seleka, mouvement qui a pris le pouvoir le 24 mars 2013, ayant conduit à l’éviction de François Bozize du pouvoir.

La violence, seul mode de revendication dans ce pays ?

Nous sommes le jeudi 09 octobre, comme à l’accoutumée, très tôt le matin, je rejoins mon salon pour suivre l’information sur France 24. L’information d’une manifestation organisée par les musulmans du KM5 en réponse à la découverte du corps sans vie et calciné d’un de leur vers le quartier Gobongo. La violence a recommencé dans cette capitale jadis appelée « Bangui la Coquette »devenant maintenant « Bangui la Roquette ». A Bangui comme dans les provinces d’ailleurs, la vie a presque cessé. L’angoisse est devenue omniprésente et la population pris au piège par certains compatriotes voulant coûte que coûte avoir le pouvoir. Le pouvoir, c’est ce à quoi pensent les instigateurs de ce chaos centrafricain. C’est aussi l’eldorado dans ce pays meurtri depuis plusieurs décennies. Pourtant, la démocratie stipule que le pouvoir doit appartenir au peuple et c’est le peuple qui doit l’exercer à travers les urnes. A Bangui, les urnes n’ont plus d’importance, du moins depuis que le coup d’Etat et les rebellions sont devenus des moyens très prisés pour s’accaparer d’un poste ministériel et satisfaire ses désirs de bien-être.

Chez moi, les paradoxes régent en maître

Chez moi, c’est la République centrafricaine. Un pays extrêmement riches selon beaucoup d’experts, bien entendu en sous-sol mais pauvre en réalité par ses chiffres (PIB très faible, chômage exécrable, mortalité très élevé, analphabétisme sans égal, baisse de niveau exponentiel, …). Chez moi, c’est cette folle et meurtrière guerre qui ne dit pas son nom et dont les causes sont l’égoïsme, l’ethnocentrisme, la mauvaise foi,… Et chez moi de manière général, c’est le pays où il y a plus de paradoxes.

Ministère de la jeunesse ou ministère de la Rébellion

Depuis quelques années, le poste de ministre de la jeunesse a changé de camp. Pour récompenser les mouvements de rébellion (comme si faire de la rébellion est une bonne chose), ce ministère clef dans certains pays car la jeunesse représente le lendemain d’un pays, a complètement changé de main. Au lieu de choisir un homme capable de conduire au bon port la jeunesse à travers ce portefeuille gouvernementale, les groupes de rebellions se voient souvent offrir systématiquement le ministre de la jeunesse. Mais comment peut-on mettre un homme qui a commis des violences, -évidemment sur la jeunesse aussi- puisqu’elle représente la part de la population la plus importante, là où on devrait avoir une personne dont, l’exemplarité et la rigueur devrait servir à toute cette jeunesse en perte de vision ?

Que faire pour la Centrafrique ?

Aussi difficile qu’elle soit, cette question doit interpeller plus d’un, en commençant par les centrafricains eux-mêmes. Les différentes crises qui se sont succédées depuis les années 80 méritent d’être élucidées. Il faut tenir le taureau par les cornes. Le mal doit être soigné à la racine. Nous avons assisté depuis trois décennies à la succession d’hommes et de femmes corrompus, sans vergogne, dont le patriotisme et l’intérêt général est le cadet de leurs soucis. Mais que faire ?

1-Changer de mode de gouvernance

Le clientélisme, le régionalisme, la corruption, Comme mode de gouvernance doivent cesser. Il ya eu assez de violence, de victimes, de dégâts humains et matériels, …La démocratie et la bonne gouvernance doivent être au centre de la gestion de la chose de l’Etat. Des assises doivent être organisés afin que la population puisse énumérée elle-même les causes profondes de cette crise qui n’a fait que trop duré.

2-Combattre l’impunité

L’un des problèmes majeurs de la Centrafrique est l’impunité à tous les niveaux. Depuis trois décennies, les responsables d’atrocités n’ont pas répondu de leur acte devant la justice. La chaine pénale doit faire son travail, l’impunité doit cesser. Au lieu que les postes soient octroyés aux personnes qui utilisent la violence pour se faire entendre, les prisons doivent être aménagées pour les accueillir et les rééduquez.

3-Lutter contre le chômage et la pauvreté

Si nous sommes arrivés à ce point, c’est en grande partie à cause de la pauvreté criarde et du taux très élevé du chômage en Centrafrique. La jeunesse n’a jamais été au centre des préoccupations gouvernementales. L’Etat doit penser à l’insertion des jeunes diplômés et des jeunes désœuvrés qui n’ont pas pu aller loin dans les études.

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eyesango
Citoyen du monde. Originaire de la Centrafrique, travaillant à Douala, diplômé en informatique activiste des Droits humains, leader d'opinion, voyager et échanger est ma passion...

Une réflexion au sujet de « Centrafrique, ce pays de paradoxes »

  1. Tongolo dit :

    Bonjour, j’apprécie tout particulièrement vos idées. Pouvez-vous me transmettre une adresse mail à laquelle vous joindre? Merci d’avance.

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