La fusillade de Charlie Hebdo, un acte anti-islamique

Le monde entier et la presse subissent un choc sans égale depuis mercredi 7 janvier 2014. Une fusillade dans l’enceinte du journal Charlie Hebdo a occasionné la mort de douze personnes. Ce drame qui a plongé tous les médias de la France, d’Afrique et du monde dans le noir vient compléter la liste innombrable d’actes perpétrés par certaines personnes se croyant musulmans. Pourtant, l’islam est une religion de paix, d’amour et de tolérance. Nul ne peut ôter la vie à un être vivant, aucune religion au monde n’incite à la violence. Ni même l’islam. Au moment où le terrorisme a considérablement changé l’image des vrais croyants musulmans, faut-il le rappeler que la religion musulmane est l’une des religions au monde qui prescrit à ses adeptes d’être indulgents et de pratiquer la tolérance.

Je suis profondément touché par cet acte barbare et ignoble. C’est de l’imposture tout simplement, il faut savoir faire la part des choses. Il n’est nullement prescrit dans le Coran qu’il faut tuer pour le Prophète (Paix à son âme). Ces personnes méconnaissent l’Islam qui est une religion de tolérance, d’amour, de pardon et de paix. En tant que musulmans, nous devons montrer aux yeux du monde que nous mettons en pratique ce que notre religion nous prescrit. La liberté de presse est fondamentale. Partout dans le monde, elle doit être exercée sans que personne ne soit inquiété d’être victime de la barbarie. Nous devons tous, en tant que fidèles musulmans nous lever ç l’unissons, condamner ce qui s’est passé afin d’éviter d’amalgame et lutter efficacement contre le terrorisme et l’intégrisme.

J’ai été assez scandalisé par le fait que certains frères musulmans trouvent de la joie dans ce qui s’est passé à Charlie hebdo. En Palestine par exemple, certains habitants ont fait savoir leur soutien à l’acte qui a couté la vie aux 12 membres de la presse. Nous devons adopter un comportement de rejet envers tous ceux qui pensent que la violence est permise dans notre noble religion. Nous devons rejeter tous ces actes qui ont comme conséquence d’ôter la vie, ou de faire souffrir autrui à cause de notre conviction. Ne savons-nous pas que c’est à travers nos comportements que les autres vont juger notre conviction ? Moi, j’en ai marre de passer et d’être considéré comme un terroriste parce que je suis musulman. Nous avons hérité d’une belle religion mais nous devons nous démarquer de ces soi-disant musulmans qui salissent le nom de la religion islamique en perpétrant des crimes odieux. Car en refusant de contester ces faits ignobles, nous donnons la raison à ces fanatiques de continuer à tuer les innocents pour rien. Nous devons tous faire part de notre opposition à ces actes inhumains. Toute la communauté musulmane du monde doit se lever et combattre l’extrémisme et le terrorisme par tous les moyens.

Je suis musulman, je ne suis pas terroriste, je condamne la fusillade de Charlie Hebdo

Centrafrique : il fallait une intervention française

La tragédie centrafricaine est sortie du silence depuis que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution pour soutenir Bangui, fin septembre. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la présidence est assurée depuis décembre par la France, a ainsi voté la résolution 2127 pour soutenir la force MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) et pour autoriser la France à intervenir en Centrafrique. Au même moment, des Centrafricains mal intentionnés, assoiffés de pouvoir et n’ayant aucun respect pour la dignité humaine ont frappé de plein fouet Bangui. Il a fallu attendre encore quelques heures pour que la résolution adoptée puisse permettre un début d’opérations afin de rétablir la sécurité dans le pays. Cette décision du Conseil de sécurité, favorablement accueillie par la population centrafricaine, s’explique par le fait que le nouveau régime, malgré d’innombrables discours, ne parvient pas  garantir la sûreté des personnes.

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Centrafrique : l’internationalisation de l’aide, une bonne nouvelle pour les centrafricains

Près d’un mois après la réunion sur la crise centrafricaine qui a eu lieu en marge de la 68e assemblée générale des Nations-Unies, des progrès ont été remarquées dans la résolution du conflit centrafricain. Ce dernier qui a longtemps été ignoré a fait son apparition sur l’agenda international grâce notamment au plaidoyer de la France qui a décidé finalement de réagir.

Laurent Fabius et la chef de la diplomatie centrafricaine à Bangui, le 13 octobre 2013(crédit:http://www.acap-cf.info)

Laurent Fabius et la chef de la diplomatie centrafricaine à Bangui, le 13 octobre 2013(crédit:http://www.acap-cf.info)

Le 26 septembre dernier lors d’une réunion co-présidée par la France et l’Union européenne, un pas important a été fait en lançant un appel à contribution à l’encontre de la communauté internationale afin d’aider à l’éradication du mal centrafricain. Quelques jours avant, à l’occasion des travaux de l’assemblée générale, certains présidents à l’instar du français François Hollande, du tchadien Idriss Deby et du Gabonais Ali Bongo sans oublier le plaidoyer du chef du gouvernement centrafricain de transition Nicolas Tiangay ont essayé de peindre une situation peu reluisante que vivent les centrafricains depuis plus de 6 mois au monde. Tous ces discours n’ont pas accouché d’une souris, la preuve, une résolution sous initiative française a été finalement adoptée à l’unanimité par les 15 membres du Conseil de sécurité sur le renforcement du mandat du Binuca (Bureau intégré des Nations-Unies en Centrafrique) et le soutien au déploiement rapide de la force africaine Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique).

La visite du ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius du 13 octobre dernier n’a été qu’une étape de plus dans la résolution de cette crise endémique que vit ce pays au centre du continent africain. Plus d’une qu’une visite de courtoisie pour remonter le moral des troupes françaises présentes à Bangui et visiter un centre hospitalier de Bangui, ce déplacement a permis au chef de la diplomatie français d’échanger avec les principaux responsables de la transition dont le président de la Transition Michel Djotodia, le premier ministre Nicolas Tiangay et le président du Conseil National de Transition Ferdinand N’guendet sur la nécessité de travailler ensemble et de laisser de côté les querelles intestines qui les opposent. Il a encouragé les nouvelles autorités de Bangui à faire davantage d’efforts dans la pacification du pays et surtout respecter la feuille de route de la Ceeac notamment la tenue des élections au plus tard début novembre et a rassuré les centrafricains qu’ils ne sont pas oubliés.

Le triplement de l’enveloppe européenne à la Centrafrique, est une autre bonne nouvelle pour ce milliers de victimes de du conflit qui ont besoin d’une aide conséquente surtout l’aide humanitaire. L’Union européenne est le principal bayeur du pays et reste la seule institution qui n’a pas suspendu réellement son aide malgré le repli d’autres institutions. On se rappelle que les salaires du mois d’avril avaient été payés grâce au déblocage de l’aide européenne. Le Fmi, la Banque mondiale et la BAD qui avaient suspendus leurs activités ainsi que leur aide sont revenus sur leur décision, ce qui est une action encourageante pour ce pays meurtri.

L’envoi de troupes supplémentaires par les pays de la sous-région Ceeac à l’instar du Tchad (quelques 400 éléments), du Congo Brazzaville (150) et de 200 militaires de la Guinée Équatoriale -pays qui n’avait jusqu’à lors pas de troupe par les forces de la Fomac en Centrafrique- et très prochainement du Burundi sont des mesures qui doivent être bien accueillies. Cette force africaine ou Misca contiendrait quelques 3000 hommes et doit être rehaussés à 3500 selon la résolution de l’Union africaine.

Le récent sommet extraordinaire – le 5e du genre sur la crise centrafricaine- dont le communiqué final lu par le secrétaire général de la Ceeac, a exhorté la communauté internationale à accroitre son aide, demander que la force africaine présente en Centrafrique fasse appel à la force si possible pour mettre hors d’état de nuire ces ex-éléments de la Seleka qui ont animosité la population. La mise à la disposition de la force des moyens aériens pour permettre de traquer ces ex-Seleka et les booster hors de la Centrafrique en les traquant reste aussi une très bonne résolution.

Enfin, dernière nouvelle, la demande envoyée par le secrétaire général au conseil de sécurité pour l’envoi de quelques 250 militaires de l’ONU et avec à terme son renforcement à 560 hommes afin de protéger la mission de l’ONU qui devraient se répandre dans l’arrière pays et la décision autorisant le Binuca d’aider pour la réussite du processus des élections prochaines sont autant de choses dont les centrafricains doivent se réjouir.

Hommage à Stéphane Hessel, un grand humaniste s’en va !

Le monde et avec lui, la France est en deuil. Le mercredi 27 février 2013, les médias ont annoncé la mort de cet homme qui a beaucoup milité pour un monde libre, de solidarité et de respect des droits humains. Un homme qui a tant donné pour que ce monde devienne uni et que chacun retrouve sa dignité. Ancien déporté, poète, écrivain, défenseur des droits de l’homme, c’est un homme d’une qualité exceptionnel ayant vécu de pires moments dans sa vie comprenant ainsi la souffrance de tous ceux qui sous la  coupe de l’injustice peinent à retrouver un équilibre dans un monde de plus en plus capitaliste.

Le succès planétaire, Stéphane Hessel le doit à son livre intitulé «Indignez-vous», un livre qui a inspiré les jeunes qui ont lancé en Espagne un mouvement de protestation, initialement « Mouvement du 15-M » qui avait débuté le 15 mai 2011, par l’occupation permanente de la place Puerta del Sol en plein cœur de Madrid, à l’image des contestataires égyptiens de la place Tahir au Caire. Le livre, une manifeste d’une trentaine de page dénonce les écarts de richesse, la dictature des marchés, l’absence d’humanité notamment à propos de la situation des Roms, des sans-papiers, et aussi sur le conflit israélo-palestinien qu’il considère comme son principal sujet d’engagement. Le  mouvement du 15 mai 2011 sera rebaptisé «Indigés » qui a secoué de plein fouet une soixante de villes européennes. Mais si son livre a inspiré ce mouvement, il faut reconnaitre que Hessel s’est toujours combattu pour la solidarité internationale, une expression qui doit retrouver sa place pour sortir le monde de la terrible crise qui continue à parler d’elle et avec des répercutions sans précédent.

Ce fervent défenseur des Droits de l’Homme possède un parcours charismatique. Il a notamment participé aux travaux de la Commission d’élaboration de la Déclaration des droits de l’homme après avoir été nommé secrétaire de la Commission des droits de l’homme de l’ONU en 1948. Le monde du Proche-Orient retiendra de cet homme, un fervent partisan de la création d’un Etat palestinien et les Israéliens, une ennemie malgré son origine juive qui a fait son temps. Il faisait parti de ceux qui rêvent à la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens, un rêve qu’il emporte avec lui, après l’avoir nourri pendant des années.

Les membres de l’émission Club Rfi que dirige Eric Amiens,  journaliste à la RFI ne l’oublieront jamais. Il est le parrain du Prix de la jeune écriture Alliance Francophone / Club RFI, qu’il a parrainé (900 poèmes et 78 nouvelles ont été enregistrés en candidature dont j’en fais parti). C’est un très beau succès que rencontre donc ce Prix que Stéphane Hessel nous fait l’honneur de parrainer, ouvert aux jeunes âgés de 15 à 25 ans dont la première édition est lancée fin 2012 et dont il n’aura malheureusement pas la chance de participer à la remise des prix en savourant ce moment exceptionnel. J’ai personnellement fait mien sa citation « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer » dont j’aime savourer à la longueur de la journée. Les sans papiers et tous ceux qui sont opprimés viennent de perdre un de leur avocat défenseur.

Né le à Berlin, le 20 octobre 1917, Stéphane Hessel nous a quitté dans la nuit de mardi à mercredi 27 février à l’âge de 95 ans. Le monde littéraire, diplomatique et humanitaire est en deuil.  Si tous les politiciens épousaient ne fusse-ce que la moitié de ses qualités, le monde ne serait pas ce qu’il est actuellement. Amadou Hampâté Bâ  disait « quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », c’est une bibliothèque qui brûle, alors Hessel tu n’es pas mort mais tu es quelque part dans un monde plein d’humanisme !

Mes chers frères Maliens,…

Je tiens tout d’abord à m’excuser pour le retard pris dans la publication de ce billet en guise de soutien dans la guère que vous menez pour la libération d’une partie de votre territoire conquis par les islamistes des groupes terroristes MNLA, Ansar Dine, Mujao, Aqmi. Mais sachez aussi que j’ai toujours eu au fond de mon cœur, ce soutien pour vous, depuis le commencement de l’occupation pour avoir été l’un des partisans d’une intervention militaire afin de déloger illico presto ces personnes, hors la loi qui se croient détentrices d’une mission divine notamment l’application de la Charia ‘a. C’est une forme de colonisation si on se réfère à la citation d’un célèbre auteur Malien, paix à son âme -que je n’ai cessé de lire ses ouvrages- Massa Makan Diabaté, « la colonisation, c’est maintenir quelqu’un en vie, pour boire son sang goûte à goûte ». C’est à cela qu’on peut considérer les terroristes !

J’ai suivi de très près, les événements qui se sont succédés sur la situation de votre pays et l’intervention militaire qui n’a fait que duré pour des raisons que chaque organisation impliquée veut s’en accaparée. Je n’ai pas intervenu à temps dans la rédaction de ce billet car il y avait du feu chez moi, et il fallait que je m’y atèle pour contribuer afin de l’éteindre : le patriotisme oblige. Mon pays la République Centrafricaine a connu des moments tristes de son histoire avec des crises politico-militaires qui nous ont infligés des situations dramatiques inimaginables. Toutefois, je ne veux pas surseoir à cette belle proverbe dont je fais mienne «Quand il y a du feu chez ton voisin, aide-le à l’éteindre car tu ne sais pas si tu seras le prochain». Certes, le feu n’est pas totalement éteint chez moi, mais avec une fois de plus un accord de paix signé à Libreville le 11 janvier dernier et le partage u pouvoir, je continue à croire que tout ira bien !

La guère que vous menez aujourd’hui est une guère de libération car de milliers de personnes ont souffert et continuent de souffrir  au Nord du Mali à cause des différentes sévices imposées par ces terroristes qui souvent violent les femmes en groupe, décapitent, torturent, pillent…, avec comme cibles de pauvres habitants qui ne savent à quel saint se vouer. Faire cette guère, en plus d’une obligation, est une nécessité pour le peuple malien tout entier mais également pour l’Afrique et le monde qui risquent de sombrer dans la désolation si le terrorisme venait à gagner. Que Dieu nous en préserve ! D’aucuns se leurrent en comparant la situation centrafricaine à celle que vous traversez actuellement, c’est mal analyser les deux cas de figures qui sont diamétralement opposés.

Je suis Musulman croyant et pratiquant et selon le Saint Coran et le Prophète Mohamed (Paix et salut à son nom), l’Islam est une religion de tolérance, de pardon et d’amour. Une des meilleures religions au monde, les fanatiques se cachent derrière elle pour accomplir des actes barbares qui ne font qu’augmenter les pleurs de la population mondiale. Qu’ils soient chrétiens ou musulmans, les victimes du terrorisme se comptent par milliers et cela est contraire aux principes de l’islam. Aujourd’hui, nous avons des frères qui meurent en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, au Mali, … pour ne citer que ceux-là, et ce à cause des extrémistes qui n’ont pas de cœur et qui ne méritent pas d’être appelés des personnes pire encore des Musulmans. Même si certains Africains sont contre cette intervention, sachez que vous avez mon soutien indéfectible.  Inch Allah, nous gagnerons cette bataille, lourde de sacrifices.

Je rends hommage à tous ces vaillants soldats qui ont payé de leur vie, le prix de la libération. Je salue également les décisions de certains pays notamment la France qui a envoyé in extremis des troupes et bombardée la position des terroristes avec des frappes aériennes.  La décision du Président Idriss Deby Itno mérite d’être encouragée avec l’envoi de quelques 2000 hommes pour contribuer à reformer le Mali in extenso.

En de pareille circonstance, notre souhait à nous tous, est de vous voir unis à nouveau. Il faut privilège l’unité et rester souder autour du Président de la transition DIONCOUNDA Traoré et du Premier ministre pour faire de la rapide reprise des régions occupées votre mot d’ordre et anéantir les par la même occasion terroristes à jamais. Que Dieu vous vienne en aide dans la lutte que vous menez avec notamment les pays frères.

Sachez qu’en acceptant d’aller en guère vous avez décidé de compléter un chapitre de  l’histoire de votre peuple qui a déjà été écrite par beaucoup de griots et d’historiens Maliens. Cette guère dont les opposants ne se comptent que du bout de doigt n’est pas seulement un devoir de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU, de l’UE, de la France, des Etats-Unis et j’en passe, mais une logique dans la résolution d’une crise qui n’est pas régionale ni continentale car mondiale ; le terrorisme ne touche pas qu’une région ou un continent au détriment des autres mais c’tous les pays du monde sont concernés. Il est important que les synergies doivent être réorganisées pour faire de la bataille contre le terrorisme, une priorité.