A la rencontre de Marius Gnalis, jeune entrepreneur centrafricain ferru d’innovation

Nous sommes allés à la rencontre de Marius GNALIS, un jeune entrepreneur centrafricain et qui n’a de cesse de trouver les mots juste pour encourager. Faisant de l’entrepreneuriat un de ses leitmotiv, ce serial entrepreneur croit plus que jamais au potentiel du continent africain et de sa jeunesse. 

Mahamat BABA: Peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus sur ton parcours et tes éventuelles expériences? 

Marius GNALIS : Je suis Marius Gnalis, 33 ans, papa d’un petit garçon de deux ans. Je suis sociologue et analyste financier de formation. Après plusieurs stages dans différents secteurs d’activité, j’ai commencé en 2007 comme analyste de crédit dans une banque locale dénommée Commercial Banque Centrafrique (CBCA) pour environ quatre ans avant d’intégrer une agence publique en 2011, Agence Centrafricaine de Promotion de l’Habitat comme Directeur Administratif et Financier. En dépit de grandes responsabilités que j’avais au sein de cette institution et de la passion développée dans la contribution à la politique de l’habitat et du logement social en République Centrafricaine, j’ai quitté au bout de quelque mois ce poste pour mon développement personnel en saisissant l’opportunité de travailler comme gestionnaire comptable du Projet “Scaling Up Roll Back Malaria” sur financement du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme.

A la fin du projet en 2014, j’ai pris la décision de rouler désormais pour mon propre compte en créant ma première société MediaLink qui intervient dans l’imprimerie publicitaire. A côté, j’ai toujours travaillé comme consultant financier freelancer et j’enseigne la banque et les finances dans différents établissements supérieurs privés de la capitale, Bangui.

Mahamat BABA: Peux-tu nous parler de ton/tes projet(s), ton entreprise?

MG : Il faut reconnaître que la première entreprise que j’ai créée, MédiaLink, n’a pas réalisé le succès que j’escomptais de cette initiative et après deux ans de création, elle fonctionne toujours en mode “start-up” et donc continue de chercher ses marques, de revisiter son business modèle, etc. Et à ce propos, je suis en négociation avec un nouvel associé dans cette dynamique de redéfinition de l’activité et de la stratégie.

Le projet d’entreprise que je porte maintenant, en parallèle, est issu de mon activité de consultant financier freelancer et d’enseignant en montage de projet bancable que j’ai décidé de formaliser en société pour avoir plus d’envergure et d’effectivité au sein de la communauté. Cette entreprise n’a été enregistrée au registre de commerce qu’en décembre 2016 avec pour raison sociale “Be-Africa Innovation Lab” en abrégé “bailab” parce qu’elle se veut un laboratoire de l’innovation en République centrafricaine.

Son logo est formé simplement du sigle de la société “bailab” écrit en caractère Wawati TC avec “bai” en bleu et “lab” en blanc dans un hexagone rose en équilibre homéostatique reposant sur une ligne de même couleur, donnant l’apparence d’une catapulte symbolisant cette volonté de propulser les jeunes entreprises innovantes en République Centrafricaine.

Parce que Bailab veut l’émergence d’un écosystème des affaires sain et favorable à l’épanouissement des startups et petites et moyennes entreprises, il s’investit à simplifier la vie de ses clients en mettant à leur disposition les compétences indispensables à une gestion professionnelle, de sorte qu’eux aussi puissent consacrer davantage leur temps au développement de leur propre clientèle.

La mission de Bailab est de fournir des solutions disruptives et crédibles pour assister les entreprises et autres porteurs d’idées à s’épanouir de façon viable. Il propose des solutions pratiques et mobilise l’énergie de l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème des affaires pour l’éclosion de l’innovation.

Si l’échec fait partie intégrante de l’aventure entrepreneuriale, la myopie aux désastres d’origine managériale ne doit plus en être la cause. Et Be-Africa Innovation Lab existe pour faire de cette vision une réalité en République Centrafricaine.

Concrètement, Bailab a pour activité l’assistance en gestion comptable et financière des petites et moyennes entreprises, le conseil financier, le renforcement de capacité des professionnels par des ateliers de formation et surtout le développement d’un programme d’incubation de jeunes pousses innovantes.

Le financement de démarrage vient d’abord de mes revenus propres tirés des activités de ma première entreprise, MediaLink et de mes activités de consultant freelance. Par ailleurs, j’ai eu la chance de gagner une compétition de business plan organisée par l’USADF (Fondation Américaine pour le Développement Africain) auprès d’environ 600 jeunes entrepreneurs de 14 pays de l’Afrique de l’Est et du Centre; une fierté nationale d’être l’unique centrafricain lauréat de cette compétition où sur les vingt (20) gagnants, l’on peut compter 9 Ougandais, 5 kenyans, 3 Rwandais et 2 Congolais (RDC). C’est en tant que Alumnus du programme YALI que j’ai eu la chance de participer à cette compétition de business plan.

Ce modeste financement va donc me permettre de lancer Bailab. Mais je suis en train de postuler également pour le Programme d’Entrepreneuriat de la Fondation Tonny Elumelu pour espérer des ressources additionnelles pour le projet, en espérant que je sois accepté.

« Pour moi l’entrepreneuriat est un état d’esprit, un élan perpétuel qui anime l’entrepreneur à donner le sourire à l’humain » Marius GNALIS.

Mahamat BAB: Marius,comment t’es venu l’envie ou l’idée d’entreprendre? Quelles ont été tes motivations?

MG : J’ai toujours été animé par le désir de concentrer mes efforts pour résoudre des vrais problèmes qui importent vraiment à mes yeux. Le statut quo et les process datés m’ont toujours révolté d’une certaine manière. J’aime les environnements qui mettent à défi et poussent à sortir des sentiers battus pour expérimenter des options complètement inexplorées. Je n’ai jamais hésité à sacrifier ma sécurité financière lorsque ma liberté de penser et d’agir se bute à un système rédhibitoire qui inhibe ma créativité. Mon expérience de travail salarié a cependant été une occasion d’expérience, de réseautage et aussi d’obtention du capital nécessaire pour mes entreprises personnelles.

Pour moi l’entrepreneuriat est un état d’esprit, un élan perpétuel qui anime l’entrepreneur à donner le sourire à l’humain c’est-à-dire à utiliser de façon créative ses ressources et savoir faire pour trouver une solution aux problèmes et/ou besoins de l’humain. Le fil conducteur de l’entrepreneuriat à mon sens n’est donc pas la recherche première de la richesse ou de la sécurité financière mais plutôt la sensibilité aux besoins pressants pour lesquels un grand nombre de personnes (physiques ou morales) sont prêtes à mettre les moyens qu’il faut pour réduire la tension douloureuse causée par le problème ou augmenter le plaisir tiré de l’agréable satisfaction du besoin. Lorsqu’on entreprend pour l’humain, on crée un valeur assurée.

Pour ce qui concerne précisément Bailab, j’ai développé ma motivation qui est disponible sur mon Blog Google+ et ma chaine Youtube.

Mahamat BABA: Quels ont été les principaux challenges auxquels tu as dû faire face ?

MG : J’ai dû faire face à beaucoup de challenges depuis que je me suis engagé dans l’aventure entrepreneuriale et c’est difficile d’en faire une esquisse exhaustive. Mais je peux en évoquer deux ou trois à titre d’illustration.

Le tout premier défi a été celui de trouver des partenaires qui partagent la même vision. Si ma première entreprise a démarré avec du plomb dans ses ailes avant même le décollage, cela est dû notamment à un choix hasardeux de partenaires non pas par naïveté mais par confiance sans balise. Je continue pourtant de croire que nos entreprises ne vont pas loin par excès d’égocentrisme et de penser que nul ne peut vraiment réussir à construire une empire en faisant le choix d’une aventure en solo. Et le défi c’est de former cette équipe de rêve, cette “dream team” où tout le monde regarde dans la même direction et pose des actions dans le seul et unique intérêt de l’initiative impulsée!

Le second challenge est lié au phénomène de la corruption généralisée à tout les niveaux qui plombe complètement le mécanisme du marché et empêche les entreprises citoyennes de prospérer. La culture des 10% (qui peuvent aller jusqu’à 40%) est une gangrène sinon un véritable cancer qui mine notre économie et dont les grandes victimes sont les entrepreneurs en terme de concurrence déloyale et de spoliation et le Trésor Public en terme de manque à gagner en matière fiscale. Cette situation est entretenue par les services d’achats des institutions et organismes avec la bénédiction passive de l’administration publique.

Un autre challenge c’est dernier temps concerne la disponibilité de local professionnel. Le coût des loyers fait l’objet d’une spéculation telle que l’accès devient tout simplement prohibitif pour les jeunes entreprises. Même les locaux professionnels gérés par l’administration publique notamment la Mairie, l’ONASPORT, etc. font l’objet de trafics complexes contribuant à renchérir le coût pour les chefs d’entreprises. C’est à croire que tout est fait pour décourager les jeunes entrepreneurs à se lancer honnêtement sans chercher rentrer dans les combines de la fraude fiscale pour survivre. A ce sujet, je suis en train de développer le concept d’espace de co-working et si je parviens à lever suffisamment de fonds, je l’initierai dans les prochaines années pour aider les jeunes entrepreneurs et freelancers.

« La richesse est dans l’idée pas dans le capital » Marius GNALIS. 

Mahamat BABA: Pourrais-tu nous parler des personnes qui ont influencé tes choix professionnels ? Personnels (si tu en as : mentors, inspirations…)

MG: Je suis malheureusement de nature très autonome dans mes choix de vie et ne me laisse influencer que par mes convictions. S’il y a une personne qui m’a choqué ou bousculé par son audace et qui, d’une certaine manière, a contribué à renforcer une self-confidence dont je débordais déjà de toute façon, c’est le jeune Samuel Gichuru, fondateur et CEO de Nailab au point que mon entreprise qui devrait s’appeler Kmu.C (Kick Me Up Consulting) est finalement devenue Bailab; l’influence crève les yeux, certes, mais je l’avais mon idée bien avant de rencontrer Sam. Il en est de même du style vestimentaire lorsque j’ai décidé de troquer mes costumes cravate de banquier au profit de t-shirt, jeans et baskets, et en guise de veste une simple hoodie. Tout cela fait un peu “techie” mais ça a le mérite d’être pratique et économique.

Au-delà, celui que je peux considérer comme un mentor de qui j’apprends beaucoup, avec qui je passe beaucoup de temps à discuter, à chercher des solutions innovantes, à imaginer la République centrafricaine telle que personne ne l’a jamais fait, la personne avec qui je peux s’asseoir de midi à minuit, rien que pour échanger notre vision entrepreneuriale, c’est M. Jean-Félix Ouanfio, fondateur et CEO de l’entreprise la Centrafricaine de Partenaires en Construction – Hotel Azimut. Notre proximité fait en sorte ses choix entrepreneuriaux me servent de “case studies” et me permettent de tirer des conséquences pour mes propres choix.

 

Mahamat BABA: Des conseils à donner à un entrepreneur en herbe ou jeune aspirant se lancer ?

MG: Le conseil que je donne toujours aux jeunes aspirants entrepreneurs qui viennent vers moi, c’est de ne pas attendre d’avoir des millions ou des milliards pour commencer. La richesse est dans l’idée pas dans le capital. S’il est impératif de partir d’une “big picture” claire, il faut absolument commencer très petit et ensuite passer à l’échelle une fois qu’on est sûr d’avoir un business modèle extraordinairement rentable avec à la clé une preuve suffisante de clients capables de payer le produit ou le service.

7- As-tu quelque chose à ajouter ? Ou bien, souhaites-tu parler des sujets non évoqués dans les questions précédentes?

MG: L’entrepreneuriat et l’esprit d’entreprise constituent l’un des piliers du développement économique et social car il contribue à la satisfaction des besoins de la population et à la création de richesse et de l’emploi.

Beaucoup de porteurs d’idées innovantes ne savent pas comment s’y prendre pour bâtir une entreprise à succès. Certains se lancent et de nombreux échouent.

Bailab compte organiser dans le future des bootcamps destinés aux porteurs de projet afin d’aiguiser leur esprit d’entreprise et leurs compétences entrepreneuriales, les aider à retravailler et améliorer l’adéquation produit-marché de leur offre et leur donner l’opportunité de pitcher leur projet à des investisseurs.

Bailab voudra également offrir un espace de coworking pour héberger les startups prometteurs et une assistance technique et managériale pour les accompagner jusqu’au passage à l’échelle de leur projet.

Pour mener cette activité, il faudra développer d’une manière ou d’une autre un partenariat public-privé et mobiliser tous les acteurs notamment les partenaires au développement qui malheureusement ne sont attiré que par des solutions de saupoudrage. Je reste convaincu que mon effort à titre privé portera du fruit et drainera les autres se joindre dans ce combat.

Lien utiles

-Vidéo de présentation du projet “bailab”

-Comment est venu l’idée de créer Bailab

-Page twitter de Bailab

-Page facebook  @BeafricaInnovation

 

Remarque: Cette interview a été publiée pour la première fois sur le site entreprendrelafrique.com

1 jeune, 1 voix! Baba Mahamat, jeune centrafricain dynamique et optimiste, pour qui « la jeunesse est une chance ».

1-Qui es-tu ?

Je suis Baba Mahamat, jeune centrafricaine âgé de 25 ans (né le 23 août 1989 à Bangui), titulaire d’un diplôme de Master en réseaux informatiques et sécurité, membre de plusieurs associations de jeunes de la RCA dont le Club RFI Bangui Fononon qui m’a beaucoup formé, le Réseau des Jeunes de l’Afrique centrale pour les Droits de l’homme, Paix et Démocratie. J’occupe depuis peu le poste d’Assistant Manager au sein d’une entreprise basée à Douala après avoir passé 8 mois comme assistant-IT. J’ai été chargé de cours à l’université de Bangui de 2010 à 2011 avant de regagner le Cameroun pour mon Master.

2-Pourquoi avoir choisi l’informatique comme domaine d’étude ?

En réalité, le choix d’être ingénieur en informatique n’était qu’en deuxième position pour ma vocation. Au lycée, je voulais devenir médecin mais en terminale, ma vision a très vite changé. J’ai dû me rendre compte que je serai plus à l’aise avec les nouvelles technologies et le rêve qui a grandi en moi a été réorienté. Je m’aperçois aujourd’hui que je n’ai pas eu tort de changer d’avis car je suis épanoui dans mon domaine.

3-Parle-nous un peu de tes débuts en blogging ?

Je dois mes débuts en blogging à Mondoblog. En effet, j’étais trop accroc à la lecture et surtout à l’écriture. Au lycée, j’écrivais des poèmes et j’ai d’ailleurs participé au concours du jeune écrivain francophone organisé annuellement à deux reprises. Écrire à toujours été une passion pour moi. Et lorsque Mondoblog a lancé son concours pour le recrutement des blogueurs pour la deuxième saison en 2012, j’y ai vu une belle occasion, l’opportunité était là et je devais la saisir. Après, j’ai très vite pris gout à l’écriture des articles, surtout que cela arrivait au moment où mon pays la République centrafricaine était dans une impasse totale, un conflit qui au fil du temps va ronger considérablement le tissu social et qui a endeuillé plusieurs familles. J’avais un poids énorme sur moi, et ma conscience m’exigeait d’écrire. Je devais écrire pour me libérer et surtout écrire pour contribuer à retourner la paix jadis acquise. Donc Mondoblog était un déclic pour moi et après les deux formations que j’ai suivies à Dakar en avril 2013 et à Abidjan en mai 2014, je pus affirmer que me consacrer à mon blog est non seulement une nécessité mais c’est aussi une vitrine pour parler des thèmes qui nous tiennent à cœur. Aujourd’hui, je continue à partager mes opinions avec mes lecteurs à travers le site de LVDJ.

4-Parle-nous un peu de tes parents, de ta religion ?

Je suis issu d’une famille polygame. Mon père, le feu Mahamat Kana s’est marié d’avec deux femmes dont ma mère. Je suis le deuxième enfant côté maternel et le 5è coté paternel. Ma mère, la feue Marthe Miande à laquelle je dois beaucoup, était chrétienne de son vivant. Alors vous comprendriez que je suis issu des deux religions, ce qui accroit ma connaissance des deux communautés. Alors, après avoir côtoyé la religion chrétienne, j’ai décidé d’être musulman, ce qui n’a pas été contraignant pour moi, j’ai fait ce choix librement. Mais j’ai un grand respect pour les deux religions dont je suis issu.

5-Quelle est ta vision de la vie ?

J’ai toujours considéré la vie comme étant une chance. A travers la vie, on peut faire des choses inimaginables comme réunir les gens autour d’un projet important, aider les gens qui en ont besoin, faire des choses que certains peuvent trouver impossibles en utilisant ses potentialités. Je pense que tant qu’on vit, on doit toujours foncer et aller de l’avant, avoir un œil ouvert sur le présent mais regarder l’avenir. Pour moi, chaque jour qui passe nous amène à s’approcher de notre rêve. Il faut saisir toutes les opportunités qui s’offrent à nous, chaque jour que Dieu a créé.

6-Quels sont les moments de ta vie qui t’ont marqué le plus ?

Hum…Je ne passerai pas par mille chemins pour exprimer ma satisfaction lors des conférences, formations et ateliers auxquelles j’ai pris part. Ce sont des moments uniques, des chances inimaginables et surtout de grands moments de partage d’expérience. Depuis 2011, j’ai visité une dizaine de capitales africaines pour participer à des rencontres de jeunes dans le domaine des droits de l’homme, du blogging, des TICs, de l’agriculture, de entrepreneuriat et bien d’autres. Ce sont autant de souvenirs que je ne suis pas prêt d’oublier. Mais ce qui m’a frappé le plus, c’est la maturité qu’on peut constater chez les jeunes et leur ferme volonté à prendre le relais dans tous les domaines. De la politique, à entrepreneuriat, en passant par l’agriculture, les TICS, les jeunes ont leur place. Et ils ne passent pas par mille chemins pour le faire savoir. J’ai rencontré de jeunes formidables avec des idées novatrices, des personnes dont les qualités peuvent transcender. Et ces jeunes, ils feront l’avenir de l’Afrique.

7-Pour toi, l’Afrique c’est quoi ?

Alors, c’est une belle question. L’Afrique est avant tout un continent tout comme le continent européen, américain, asiatique… C’est aussi des potentialités et des limites. C’est aussi un ensemble de pays qui cherchent à s’en sortir malgré le retard qu’ils accusent par rapport aux autres. L’Afrique c’est ce continent où même si la guerre, la famine, les maladies (Paludisme, Sida, Ebola, ..), le chômage et d’autres maux y sévissent, nous luttons pour mériter notre place dans le concert des autres continents. L’Afrique, c’est aussi ces africains qui marquent ou qui ont marqué le monde et l’histoire comme Nelson Mandela, Koffi Annan, et plein d’autres encore. L’Afrique c’est cette fierté d’appartenir à un continent qui est à la fois hospitalier et solidaire. L’Afrique, ce sont aussi des jeunes comme nous qui font bouger le monde à travers des idées nouvelles. Pour moi, être africain, c’est savoir nos forces et reconnaitre nos faiblesses.

8-Quels sont tes projets d’avenir?

Je nourris depuis peu un projet d’aller continuer en Master Recherche et m’orienter vers le doctorat. Je suis encore jeune et je pense qu’être jeune est une chance qu’il faut exploiter. Mon pays n’a pas plus que 3 docteurs en Informatique et ce domaine reste inconnu. Il y a tellement de possibilités qu’offre l’informatique, et la RCA doit les exploiter comme les autres pays tels le Sénégal, le Kenya, le Ghana, l’Afrique du Sud, et que sais-je encore. Je reste convaincu qu’avec l’informatique, nous parviendrons à renverser la tendance et à redynamiser la société centrafricaine.

9-Qu’as-tu à dire à la jeunesse ?

Je ne cesse de le répéter : être jeune est une chance que nous devons saisir. Nous avons plein d’énergie et de potentialité, il nous faut y mettre un peu de volonté et nous pouvons faire changer le visage de nos sociétés. Nous devons unis afin d’être plus forts. Nous devons chercher à aller là où nos grands-parents et nos parents n’ont jamais mis pied. Nous devons faire nôtre cet adage qui dit «Malheur à celui qui ne fait pas plus que son père ou sa mère». Nous sommes jeunes alors nous devons être l’émanation du changement.

10-Un mot pour la fin ?

Oui, des souhaits de fêtes de fin d’années ? Je voudrais profiter de cette vitrine pour souhaiter une joyeuse fête de Noël à tous les enfants du monde, d’Afrique et de Centrafrique. Mes vœux de santé, de bonheur, de réussite et de longévité à tous les jeunes du monde, les vieux, sans oublier le peuple centrafricain qui a plus que jamais besoin d’un vœu de paix et de cohésion sociale entre les communautés déchirées par la guerre et la haine. Enfin de vive voix, je voudrais souhaiter de joyeuses fêtes à tous mes collègues blogueurs de la LVDJ et de Mondoblog.

Appel à article collectif: Quel regard portez-vous sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement dans votre pays?

SITUATION: Annoncé en 1998, le Sommet du Millénaire fut accompagné d’une campagne d’information internationale de deux ans. La campagne avait pour objectif de consolider l’engagement de la communauté internationale et le renforcement des partenariats avec les gouvernements et la société civile pour bâtir un monde sans laissés-pour-compte. Elle a aussi permis de mettre en valeur le principe énoncé par le Secrétaire général dans son rapport pour le Millénaire [A/54/2000] selon lequel l’être humain doit être mis au centre de tous les programmes, pour aider, dans le monde entier, des hommes, des femmes et des enfants à vivre mieux.

Le Sommet du Millénaire, qui s’est tenu du 6 au 8 septembre 2000 au Siège de l’Organisation à New York, constitua le plus grand rassemblement de chefs d’État et de gouvernement de tous les temps. Il s’est conclu avec l’adoption par les 189 États Membres de la Déclaration du Millénaire, dans laquelle ont été énoncés les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Alors, comment évolue cette campagne chez vous? Quels sont des efforts qui ont été apportés depuis 2000 sur ces objectifs qui en réalité doivent être atteints en 2015? Ces objectifs sont:

►Éliminer l’extrême pauvreté et la faim;
►Assurer l’éducation primaire pour tous;
►Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes;
►Réduire la mortalité infantile et post-infantile;
►Améliorer la santé maternelle;
►Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies;
►Préserver l’environnement;
►Mettre en place un partenariat pour le développement.

Faites parler les chiffres, décrivez la situation de votre voisin, de vos proches, expliquez ce que vous vivez, faites de petits enquêtes, …des sondages, …faites enrichir le débat sur cette thématique à quelques jours de 2015.

L’article sera publié le jeudi 11 décembre 2014 T.U. Ce choix de 10 jours doit permettre de faire participer le plus de personnes dans une initiative qui doit impliquer tous les jeunes du monde. Il faut qu’il y ait plusieurs pays représentés, des regards croisés, des images parlant, des vidéos pourquoi pas.

Pour envoyer vos contributions, une seule adresse: baba.mht@gmail.com

Liens utiles:
Historique des OMD
Pour comprendre les objectifs du Millénaire pour le développement

Interview, Anne Michelle, jeune camerounaise très active sur les réseaux sociaux

1- Bonjour, peux-tu te présenter et nous dire qui se cache derrière cette image qui te représente ?

Bonjour, Je suis EKEDI EDJENGUELE Anne Michelle, une jeune camerounaise née à Douala au Cameroun. J’ai effectué l’ensemble de mon cursus académique au Cameroun dans les domaines du Marketing, de la Communication et des Relations Publiques. Mon intérêt pour les questions internationales notamment de développement m’ont conduit à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun ou j’ai obtenu un Master en Relations Internationales (Option : Communication et Action Publique internationales). Comme loisirs/centre d’intérêts, je citerais volontiers : le Cinéma, la musique, la danse, les voyages, les débats citoyens, les activités bénévoles, Internet (Médias sociaux)…

2- Je te suis depuis plus de deux (2) ans déjà et je peux affirmer sans me tromper que tu es accroc aux réseaux sociaux ? Comment a été tes débuts?

Je me suis inscrite sur Facebook en 2009 et j’en avais un usage autre que celui d’aujourd’hui. Friande de débats, discussions sur les sujets liés au développement, à la condition de jeunes, aux droits de l’Homme etc., je me suis très vite attachée au portail Jeunesse de l’Organisation Internationale de la Francophonie découvert en 2011.

Sur la base de mes interventions sur le portail, j’ai été invitée en 2012 par la Direction de l’éducation et de la jeunesse de l’OIF, pour participer à un atelier de formation sur la jeunesse et les réseaux sociaux organisé à Dakar (Sénégal) par l’organisation et le Gouvernement du Sénégal. Des experts et S.E Macky SALL, Président de la République du Sénégal dans le cadre d’un entretien avec les participants, nous ont formés, édifiés sur l’usage « utile » des réseaux sociaux. Ils nous ont invités à être solidaires et à nous approprier ces technologies dans le cadre de nos engagements respectifs. Ces paroles ne sont pas tombées dans des oreilles de « sourd » vu que mon mémoire de Master traite de la solidarité. La suite, vous la connaissez (Sourire). Le déclic vient donc de cet atelier et je ne dirais jamais assez « merci » à l’OIF.

3- Parlons un peu de ton engagement pour la jeunesse, tu ne cesses de partager les opportunités aux jeunes du monde, que ressens-tu en faisant ce travail de partage?

Je me sens utile car je suis une partisane du « moins de discours, plus d’actions ». A un moment de ma vie, j’aurais souhaité avoir des opportunités (bourses d’étude, de formation …) hélas, il me manquait les informations. Et même aujourd’hui, le problème d’accès à l’information est réel pour plusieurs jeunes notamment d’Afrique. Cette prise de conscience sur l’usage « utile » d’Internet et des réseaux humains m’ont conduit à cet activisme. Il s’agit de ma très modeste contribution face aux défis auxquels sont confrontés les jeunes dans le monde en général et en Afrique en particulier.

4- Comment définis-tu la jeunesse ?

La jeunesse est semblable à une pièce de monnaie c’est-à-dire dotée d’une double face. Elle est capable du meilleur comme du pire. De ce fait, elle a besoin d’être véritablement encadrée, soutenue et surtout prise au sérieux.

5- Pour toi, la jeunesse d’aujourd’hui est – t- elle unie ? Sinon, comment faire pour qu’elle soit forte et solidaire ?

Nous ne sommes pas encore assez solidaires. Parmi nous, il y’en a encore qui utilisent l’argument de l’engagement pour leurs ambitions personnelles. Une attitude qui laisse la porte ouverte à la manipulation des « politiques ». Si je prends le simple cas du partage d’opportunités. Certains jeunes ne savent pas partager pourtant avec les TIC aujourd’hui, l’information circule à une vitesse « V ». D’autres trient les informations à partager avec les autres craignant la compétition. Une attitude qui m’amuse assez parce que vous pouvez être retenu sur 1000 comme vous pouvez ne pas être retenu même si vous êtes le seul à postuler. Et si tu ne corresponds pas au profil recherché, dis-toi que l’offre pourrait intéresser un autre.

Que faire pour améliorer cette situation ? Arrêtons de discourir et prêchons par l’exemple. Ne te contente pas de demander pas à l’autre d’être solidaire, commence par l’être toi-même. Il n’ya pas meilleur argument que des actes concrets et visibles.

6-  Quel est selon toi, les principales qualités que les jeunes doivent acquérir pour faire face aux défis qui les entourent ?

 La foi (pour les croyants), l’humilité, la patience, la persévérance, le travail, le sens du partage, l’esprit de solidarité…sont des qualités dont il faut absolument se doter pour faire face à nos défis.

7-  La francophonie pour toi, c’est quoi ?

En effet, pour moi la francophonie la plus intéressante est celle qui se vit entre les personnes (loin de considérations politiques, stratégiques, diplomatiques..) sur la base de valeurs telles que la solidarité, le partage. La diversité culturelle est très forte au sein de l’espace francophone dont les pays membres sont présents sur tous les continents (Afrique, Europe, Amériques. Asie, Océanie). Par l’usage du Français, les personnes d’horizons divers ont la possibilité de transmettre, de se découvrir, d’échanger sur leurs cultures respectives (langues locales, gastronomie, ethnies etc.)

8- Manifestement tu voyages beaucoup, surtout pour des rencontres internationales relatives à la jeunesse, qu’est-ce que t’apportent ces odyssées ?

Lorsque je m’y rends, j’ai la possibilité de faire entendre ma voix et par ricochet celle des jeunes. C’est le principal intérêt. Maintenant pour moi qui ai étudié les relations internationales, il s’agit d’occasions supplémentaires d’asseoir mes connaissances sur certaines questions. Comme, on le dit couramment, « l’école ne finit pas », ces rencontres du point de vue de la forme et surtout du fond se présentent comme des cas pratiques.

L’autre point essentiel, c’est le réseautage. La plupart de temps, on garde le contact avec d’autres participants et c’est très important. D’ailleurs, certaines opportunités que je publie me parviennent de ces contacts.

Enfin, le volet humain, découverte, échange culturel n’est pas le moindre en ce sens qu’il contribue grandement au développement personnel.

9- L’un des prix Nobel de la paix est la pakistanaise Malala Yousafzai, âgée de 17 ans, « pour son combat contre l’oppression des enfants et des jeunes et pour le droit de tous les enfants à l’éducation », que t’inspire ce choix ?

L’éducation est fondamentale dans la vie de tout être humain. Elle se présente même comme une solution dans le cadre de la prévention et de la gestion des conflits. « Ne parle-t-on pas d’éducation à la paix » s’il faut reprendre l’UNESCO ? Aucun enfant ne mérite d’en être privé. De ce fait, je salue le choix de Malala Yousafzai comme prix Nobel de la paix. Le jury de sélection a fait preuve d’ouverture d’esprit en attribuant cette distinction à une jeune personne dotée de qualités exceptionnelles. C’est un signal fort à mon humble avis qui confirme l’éveil d’une jeunesse assoiffée de changement, en quête de meilleures conditions de vie et en mal de reconnaissance …

10- Pour beaucoup, l’Afrique est peinte en noir, l’analphabétisme, le chômage, les maladies, la pauvreté, … pour ne citer que cela, pourquoi ?

Je n’en veux pas vraiment à ces personnes qui ont une image principalement négative de l’Afrique. Elles sont exposées à des médias qui leur présentent davantage le côté « obscur » du continent.

Dans notre environnement, naissent des médias dit « panafricanistes », il leur revient de rétablir la vérité et de dire au monde que l’Afrique, c’est aussi et surtout une jeunesse entreprenante, une diversité exceptionnelle de cultures, de la joie de vivre, des personnes chaleureuses, des paysages magnifiques, des capitales au niveau de développement appréciable etc.

11- Comment faire pour éradiquer ces maux dont souffre l’Afrique?

Je pense que nous devons avant toute chose, arrêter de voir en « l’autre », la source première de nos problèmes. Et même s’il s’avère que « l’autre »  est effectivement à l’origine de nos malheurs. Quelles dispositions avons-nous pris pour changer la donne ? Responsabilisons-nous, assumons nos erreurs, reconnaissons nos limités, nos insuffisances et mettons tout en œuvre pour nous imposer sur la scène internationale.

Et cette action doit être menée par une volonté politique forte, une vision commune.

12- Quelle doit être la place de la jeunesse en Centrafrique dans la résolution du conflit qui apporte son lot de victimes dans ce pays?

L’action la plus efficace à mon humble avis, serait d’améliorer les conditions de vie de ces jeunes, de les occuper en facilitant leur accès à l’éducation, en créant des emplois décents. Mais, cette mission relève de la responsabilité des gouvernants. Les jeunes à leur niveau, doivent recourir à la sensibilisation, aux méthodes d’éducation à la paix. Ils doivent se mobiliser massivement au sein de leurs communautés respectives. Il s’agirait par exemple dans les « quartiers » de créer des groupes de « sentinelles pour la paix » dont le but serait de réduire au maximum les risques d’instrumentalisation et d’enrôlement des jeunes au sein de groupes criminels et terroristes. Les méthodes sont nombreuses et variées. Je citerais entre autres, les arts de la rue, les représentations théâtrales, les projections publiques de films, documentaires sur les effets dévastateurs de conflits (exemple du génocide rwandais…)

13-  Beaucoup disent que la jeunesse africaine est sacrifiée par les dirigeants politiques ? Quel est ton point de vue ?

Comme je l’ai souligné plus haut, la jeunesse est capable du meilleur et du pire. Hélas, la gouvernance et la situation socio-économique de nos pays ne sont pas favorables à l’expression du « meilleur ». Maintenant, il revient à chacun de nous, de ne pas céder sous l’effet de la pression (aussi forte soit -elle). Faisons appel à nos valeurs et capacités intrinsèques pour relever le défi et changer la donne. La jeunesse a toujours été abandonnée à elle-même et très peu prise en considération. Maintenant selon les contextes, on peut remarquer une évolution (même si légère).

 

14- Un message à passer aux jeunes qui te lisent en ce moment ?

Peu importe les difficultés, les obstacles que nous rencontrons, ne baissons pas les bras. Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir. Et tant il y a de l’espoir, l’énergie positive, les ressources nécessaires à notre combat ne tariront pas.

Que pouvons-nous attendre du sommet Etats-Unis/Afrique ?

 

Barack Obama au sommet USA-Afrique(Photo crédit:http://www.lavoixdelamerique.com)

Barack Obama au sommet Etats-Unis-Afrique(Photo crédit:http://www.lavoixdelamerique.com)

Washington abrite du 4 août au 6 août 2014, le sommet le plus important qui réunit plus d’une cinquantaine de chefs d’État africains. Mais que peut apporter réellement à l’Afrique ce premier sommet ? Changera-t-il grand-chose à la situation de ce continent? Que doivent en attendre les Africains ?

Le sommet regroupe une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement. Convoquée par le président américain Barack Obama, cette rencontre a pour objectif d’offrir aux pays africains la possibilité de présenter les potentialités de leur continent. Le président américain a été clair à ce sujet : il ne s’agit pas de débloquer une enveloppe pour l’Afrique, mais surtout de faire découvrir les richesses de ce continent qui attire les convoitises. Des contrats pourraient être signés entre les pays participants et les grandes firmes américaines. C’est d’ailleurs une très bonne chose pour notre continent.

Pour la plupart des présidents, l’invitation à cette rencontre prouve qu’ils sont considérés par l’oncle Sam comme étant des représentants légitimes. Les dictateurs, qui ont accaparé le pouvoir en Afrique, surtout en Afrique francophone n’ont pas été inquiétés. Si John Kerry, le secrétaire d’État américain a fustigé les présidents qui sont restés longtemps au pouvoir, rien de concret n’a été dit afin de les contraindre à quitter leur fauteuil. Il convient pourtant d’attirer l’attention des chefs d’États africains sur la nécessité de laisser le pouvoir à la jeune génération afin de proposer une nouvelle alternative. Les présidents aspirant à la modification de la Constitution de leur pays doivent être dénoncés.

Pour l’Africain que je suis, ce sommet doit nous permettre d’aller vers des propositions concrètes pour faire face aux problèmes africains que sont le chômage, la pauvreté, les maladies, l’environnement, l’éducation… Nous devons apprendre cependant, à compter sur nos propres efforts. Nous devons savoir que nous avons beaucoup de potentialités et qu’il nous faut nous mettre au  travail pour sortir de cette pauvreté endémique qui caractérise notre continent. Nous ne devons pas attendre qu’un sommet puisse résoudre tous nos problèmes. Nous sommes responsables de notre destin. Nous avons assez tendu la main aux autres et ce geste nous a assez affaiblis. Il nous faut coûte que coûte renverser la tendance.

Barack Obama a été élu par les Américains et pour les Américains

 En tant que jeunes, nous devons demander des comptes à nos dirigeants pour toutes leurs actions. Nous devons nous poser la question de savoir pourquoi nous vivons sur un sous-sol riche et que nous demeurons toujours pauvres… Nous devons prendre notre destin à main. Nous devons nous dire que nous ne sommes pas nés en Afrique juste pour accompagner les autres, nous devons vivre aussi, vivre décemment en profitant de notre richesse et de nos potentialités.

 Les Africains ont toujours cru que Barack Obama étant originaire du Kenya devrait faire plus pour ce continent. Plusieurs personnes ont d’ailleurs versé quelques larmes lors de sa première élection, en tant que premier noir à être investi à la magistrature suprême américaine, le pays le plus puissant du monde. Le rêve de Martin Luther s’est finalement réalisé ce jour et sa mémoire peut reposer en paix. Mais on n’oublie souvent que si Barack Obama est devenu président, c’est pour les Américains. Il a été élu par les Américains et pour les Américains.

 En tant que président d’une grande puissance, il pourrait intervenir dans certains dossiers, mais c’est à nous de prendre le taureau par les cornes et de faire changer la vision que les gens ont de l’Afrique. Voulons-nous que les gens nous voient comme ces habitants d’un continent pauvre, rempli de maladies, avec un manque criant de créativité, sous-développé, une zone de crises et de guerres ? Non. Il faut du changement maintenant et venant de chez nous, pas de l’extérieur. Souvent nous attendons un changement qui doit venir des autres, du ciel ou je ne sais de quel dieu. C’est justement cette conception du changement qui fait que rien ne change.

Ce billet s’inspire de la discussion que j’ai eue avec mes amis sur Twitter. Il fait suite au débat lancé par Cyrille Nanko et le titre lui n’est que du copier-coller de sa question. La contribution de Josiane Kouagheu a été nécessaire pour l’édition de ce billet.

Sommet de l’UA contre la CPI, solidarité africaine ou protection des tortionnaires africains ?

Je n’ai jamais apprécié ces sommets des chefs d’états africains mais celui qui s’était ouvert le samedi 12 octobre est sans doute le plus inutile que je puisse connaître. Je ne le dit pas parce que je suis contre le report du procès du président kényan Uhuru Kenyatta, au contraire, je fais partie de ceux qui pensent qu’il doit assumer son rôle de président et son jugement pourra venir après. Surtout que le Kenya est un pays démocratique, on sait qu’il va quitter le pouvoir selon la constitution et pourra se présenter à Justice. Mais ce que je n’ai jamais compris, c’est cette décision qui a été soufflé en coulisse avant que la raison puisse réapparaitre à ces chefs suprêmes.


Au moment où le monde se consterne encore devant les victimes de Lampedusa et celles entre les côtes de Lampedusa et l’Ile de Malte, organiser un sommet essentiellement pour discuter du retrait de la Cour Pénale Internationale (CPI) est la chose la plus anormale. Mieux encore, il s’agit d’une manière voilée aux présidents africains de sauver leur tête. Ils sont tous hantés par le mal qu’ils ont commis, ces nombreux assassinats qu’ils se sont rendus coupables lors de leur règne. Ils ont seulement oublié que l’histoire les rattrapera toujours.


Loin de moi l’idée de dire que la CPI est une cour parfaite, elle s’est focalisée davantage sur le continent africain, notre continent qui s’est toujours fait connaitre pour tous les maux du monde. Cette cour dont dirige actuellement la femme de fer Fatou Bensouda, une gambienne a une raison de vie, celle de traquer peu importe les lieux, la durée, les sanguinaires qui se croient tout permis. Ce n’est parce que vous êtes au pouvoir que vous vous permettez de croire que tout vous est permis. D’ailleurs, dans mes folles réflexions, je me suis posé plusieurs fois la question si les présidents africains, ces dictateurs, ces sangsues dorment au moins la nuit. Ben, je pense qu’ils ont non seulement l’insomnie mais surtout qu’ils changent de domicile toutes les nuits. Je ne sais pas comment se passe chez vous, mais n’imaginez pas le passage d’un président centrafricain ou pire encore d’un Paul Biya camerounais sur une route. Tout est bloqué, même les chiens ne peuvent aboyer ! En 2011, lors d’un séjour à Douala, la malchance des voyageurs a été de choisir de voyager pendant les campagnes présidentielles et surtout le jour où Paul Biya devrait venir à Douala pour sa campagne. Même un chat ne pouvait traverser une des routes où le cortège présidentiel devrait emprunter. Conséquence, beaucoup de voyageurs se sont retrouvés hors de l’aéroport au moment du décollage de leur vol. Que des larmes pour la plupart pour ce rendez-vous manqué car l’avion ne fait pas de marche-arrière.


Bref, fait quoique paradoxale pour certains surtout pour les africains que nous sommes, habitués à ces parades présidentielles, cette petite anecdote explique la peur au ventre des dirigeants africains quant à leur sécurité. Lorsqu’on dirige un peuple, on doit être avec le peuple et pas contre le peuple. Les meurtres, exécutions sommaires, tortures sont des actes qui ne doivent pas restés impunis.

Ce qui est également paradoxale, c’est le fait que ce soit les pays des pays africains où les dirigeants inquiétés qui sont instigateurs de cette décision qui a été évité de justice. Peur de s’attirer la colère de la communauté internationale ? Ou simple bluff pour secouer la CPI, on ne saura jamais cette acharnement que nous en avons déjà parlé lors d’un précèdent billet. Pour une fois, ne voyez pas votre intérêt mais défendez l’intérêt du peuple que vous persécutez. Si les justices africains étaient capables de juger les auteurs de crimes et ce, de manière impartiale, on ne sera pas en train d’assister à cette réunion d’auto-soutien des présidents. Auto-soutien car la plupart sont déjà inquiets même avant la fin de leur règne d’un possible séjour devant cette cour.


Alors trêve, il fallait juste lancer une procédure demandant à la CPI de suspendre le cas Kenyatta provisoirement et plutôt parler de ce drame que constitue l’immigration. Je suis parfois surpris de lire les commentaires d’africains qui se laissent convaincre par la duperie des dirigeants. Ils se foutent de notre gueule. Le vrai problème à résoudre actuel est celui de l’immigration qui fait de millier de morts. Pas même une seule déclaration à l’exception de celle des autorités Érythréennes qui d’ailleurs ont indexé la responsabilité des États-Unis.


Africains, laissent ces assassins se faire juger. Ils ont tué, torturé, massacré, il est normale qu’ils répondent de leur fait devant une juridiction internationale. A moins que l’Union rendre fonctionnelle une cour africaine pour les juger, la CPI doit continuer son travail !

L’électricité en Afrique, un problème majeur de développement : analyse et explications selon les Mondoblogueurs

« Nous avons tous ou presque, les mêmes problèmes, les mêmes douleurs, les mêmes aspirations. L’électricité demeure un défit indéniable dans nos différents pays, surtout en Afrique mais est-il insurmontable ? Personne ne peut nier les causes et les conséquences de ce problème». Telle est la substance du mail que j’ai envoyé sollicitant la contribution des Mondoblogueurs pour ce billet collectif qui donne le point de vue ainsi qu’une analyse de la situation de l’électricité dans quelques pays d’Afrique.

Photo(Credit:jlgagnaire.com)

Photo(Credit:jlgagnaire.com)

Bénin : Sinistré du delestage

 

Le Roi Soleil

Je pense qu’on ne saura jamais assez remercier Dieu pour toutes ses merveilles. C’est justement parce qu’il a fait des choses inexplicables qu’on dit qu’il est au dessus de tout. Oui je reconnais, il est très fort, car j’imagine un seul instant si cet astre nommé soleil appartenait aux hommes, ce que nous serions devenus.

Morts depuis longtemps sans doute. Il en est de même pour l’air, vous imaginez une société Aes-air ou Cam Air ou je ne sais comment la nommer, mais une société qui serait chargée de nous fournir de l’air quotidiennement pour notre survie ? Nous serions tous morts par manque d’air (une sorte de délestage de l’air). Par « nous » je parle des pauvres car je pense que les riches se feraient un plaisir énorme d’acheter des réserves d’air et tant pis pour les autres.

 Il n’ a qu’à voir comment ils sont insensibles aux cris de la population face aux nombreuses coupures intempestives d’électricité. Insensibles face à la fourniture insuffisante en énergie électrique dont une majeure partie de la population est victime. Nous pensions être enfin sauvés quand le groupe AES-Sonel est venu au Cameroun. C’était la promesse pour nous : des factures moins chères, un réseau constant d’électricité, une équipe à notre écoute, bref une société rien que pour nous. C’était un leurre. Aes/Sonel nous a fait découvrir un nouveau mot : « délestage » finalement devenu « détestage » tellement la rage montait peu à peu.

 

Aes coupait le courant quand elle voulait sans nous prévenir. Aes nous faisait payer un entretien de compteur pendant des années sans trop savoir pourquoi. Aes augmentait le prix du kilowatt quand cela l’enchantait. Aes c’était finalement plus investit dans le business des mines que dans sa mission première : nous fournir de l’électricité. Elle est partie par la petite porte et rien n’a changé.

 

« Energizing Cameroon », un slogan fort qui vous pousse à apprendre la langue de Shakespeare. Mais vous perdez vite votre enthousiasme et préférez de loin la formule populaire « Obsurizing Cameroon » quand vous revenez à la réalité. Avec ça,  nous parlons chaque jour de développement au Cameroun, je pense que ce n’est pas pour demain en tout cas (2035 peut-être) et de nombreux camerounais seront sans doute morts avant que le reste n’atteigne le bout du tunnel, un tunnel obscur (prenez vos bougies s’il vous plait).

 

Comment penser au développement quand suite à des coupures d’électricité, des congélateurs ne fonctionnent pas et que trois jours voire une semaine après, quand c’est rétabli, les commerçants nourrissent les populations avec du poisson ou de la viande faisandée ? Comment penser au développement quand, lorsque l’Etat veut encourager les PME et qu’un jeune ouvre une scierie, elle ne fonctionne pas pendant des semaines, alors qu’il a des employés à payer ? Comment vouloir s’arrimer au reste du monde et l’usage des nouvelles technologies par la jeunesse quand par manque d’électricité, une salle d’informatique dans un établissement X ne peut fonctionner pour que les élèves en profitent ? Comment, comment ?

 

J’ai vu des choses, des parents désespérés qui devaient forcer leurs enfants à apprendre sous l’éclairage d’une bougie ou d’une lampe tempête. Parlant de la lampe tempête, je me rappelle que durant mon enfance, on en achetait pour mes grands parents aux villages. Mais de nos jours, elle est devenue bien plus utile en ville qu’ailleurs, « ancienne sonel » c’est son nom chez nous. J’ai vu des enfants morts, calcinés parce qu’ils apprenaient avec des bougies et se sont endormis éternellement. Si les enfants sont l’avenir d’un pays, alors notre avenir se fera t-il avec des machabées ?

 

 

Photo (Crédit:Samla Amadore)

Crédit photo: Samla Amadore

Si la situation a ainsi dégénéré, c’est aussi la faute de l’Etat pas assez présent pour frapper du poing sur la table. Les membres de l’Etat, toujours occupés à inaugurer les barrages de X, le barrage de Y « qui fonctionnera en 2035 ». Nous sommes en 2013, il nous reste 22 ans à supporter cette situation, en tout cas l’espoir fait vivre. Les populations ont beau revendiquer mais si cela entre dans les oreilles de sourds que faire ? Comment être content de payer une facture d’électricité très chère quand on est dans le noir constamment ?

La dite société a sans doute changer d’équipe dirigeante, mais les problèmes subsistent. Déjà à Bamenda j’assiste à plus de trois coupures par jour. Bizarre car je me dis que les problèmes dont je parle ne sont la réalité que d’une tranche de la société. Une tranche de la société parce que déjà un nouveau produit d’AES a été lancé il y a quelques jours : Easylight. Parait qu’avec Easylight, il est possible de voir l’évolution de sa facture en s’inscrivant et en inscrivant le numéro de votre abonnement. Le règlement des factures par le téléphone mobile est aussi possible.

 Initiative louable mais qui, je le regrette ne colle pas à la réalité une fois de plus. Pour s’inscrire, voir sa facture ou encore imprimer sa facture par le net, il faut de l’électricité (ce dont nous manquons actuellement en milieu urbain, je ne parle même pas des zones rurales).

 

Heureusement ou malheureusement, des Camerounais ingénieux se sont tournés vers le Roi Soleil. Heureusement, parce que désormais nous avons des lampes, des panneaux, des torches, des téléphones et même des ordinateurs solaires. Malheureusement, car en saison pluvieuse il sera difficile de les utiliser vu comment le climat est instable. Ces outils quotidiens solaires nécessitent sans doute, encore des recherches approfondies pour une plus longue autonomie et une durée de vie plus grande. Quand ce sera fait, faudra revoir le prix car pour que chaque famille jouisse des technologies solaires, faut bien que le prix de ces outils colle à la réalité de son pourvoir d’achat.

 

Une équation qui, j’en suis sûre sera résolue, je préfère m’arrêter là. Il fait nuit et vu que je suis dans l’obscurité je n’ai pas envie d’écrire sous l’éclairage d’une bougie.

 

Au Cameroun, tout le monde est aveugle à la tombée de la nuit

Le cargo roule à vive allure. Dans le car, une vive dispute a éclaté entre une femme bien en chair dont le large postérieur occupe une bonne partie du siège et une autre femme, plus mince. Les autres passagers s’en mêlent. La dispute devient générale. Je ne parviens plus à suivre les informations à la radio. «Mais taisez-vous. Laissez-moi suivre mes infos. Depuis hier, il n’y a pas d’électricité à la maison », lance-je. Trop tard ! Mon Dieu j’ai crié ! «Que vont-ils me dire ?», me demande-je toute peureuse. Dans ma tête, je passe déjà en boucle tous les noms d’oiseaux dont on va me traiter. Dans un cargo à Douala, on est lavé d’injures. Ce n’est pas moi qui le dis. Les conducteurs de ces engins sont d’ailleurs appelés «hors la loi ». Même les policiers en ont peur. Surprise !

 

-Ah ma petite toi aussi ? Regarde mes bras ? Les moustiques m’ont tout mangé cette nuit. Trois jours que je n’ai pas d’électricité. Si je tiens ces hommes, je les tue. Maudite Aes Sonel (société en charge de l’électricité au Cameroun), peste le chauffeur.

 

J’ouvre mes yeux tout ronds. Pour une fois dans le cargo, le conducteur n’injure pas. Il ne discute pas non plus, il accepte. Autour de moi, la vive dispute a cessé. Mes deux voisins de derrière qui parlaient avec passion du FC Barcelone et de Messi se sont tus. Les deux femmes aussi. «Tu parles ma fille. J’ai déjà perdu des centaines de mille de Francs Cfa à cause d’eux ! Je suis à Douala comme si j’étais au village d’avant, sans lumière », me dis ma voisine avec colère. Et à chacun de me raconter sa petite histoire sans lumière. Et à eux de me conter leur vie d’aveugle. Et ces enfants, ces hommes et femmes qui ont péri dans un incendie. Ces commerces incendiés. Des 23 passagers, chacun avait quelque chose à dire. Dieu, en mal, en pire d’Aes Sonel. «Il n’y a pas d’électricité au Cameroun», m’a dit un vieux papa, sourire édenté à sa descente. Et il m’a regardé plein d’espoir :

 

-Ma fille tu crois que je peux aller là-bas et leur dire (Aes) de ne plus couper ma lumière parce que je paie ma facture tous les mois ? Tu sais je n’ai jamais passé un mois sans le faire. Je préfère régler ma facture et rester affamé. Je peux ?

J’ai eu honte de répondre à mon papa. D’ailleurs, qu’aurai-je pu lui dire ? Tout le monde vit sans lumière au Cameroun. On a des barrages, le soleil et tout. On s’en vante ? Mais on devient tous aveugles à la tombée de la nuit !

 

  • Baba Mahamat, Centrafrique

Il y a bien des années que les Centrafricains ont ancré dans leur dictionnaire le mot coupure ou délestage. L’électricité en RCA, un pays ne possédant presque pas d’industries à l’exception de l’entreprise d’un libanais qui fabrique de l’eau minérale Oubangui est une denrée rare au sens propre du terme. Les problèmes de cette fameuse entreprise, l’unique et parapublique, dénommée Enerca (Energie Centrafricaine) sont légion. Les citer, on pourrait passer toute une nuit en prenant des somnifères. Mais, même si les difficultés techniques et d’organisations ne sont pas à cacher, la mauvaise gestion de cette structure a fait d’elle ce qu’elle est de nos jours : juste une silhouette et du squelette.  En plus d’un problème d’amortissement des appareils qui souvent datent de l’époque coloniale, le vol d’électricité par la plupart des consommateurs n’arrange non plus la situation. En fin de compte, tous les problèmes ont trouvé une place.

 

Les conséquences de ces problèmes sont indiscutables. Le délestage que le Centrafricain est obligé de gérer à la longueur de la journée n’a pas de nom. Encore au début des années 2000, on pouvait faire semblant de se vanter en regardant les séries télévisées qui passait sur l’unique chaîne disponible gratuitement en Centrafrique, la TVCA (Télévision Centrafricaine) en début de la soirée. Un luxe pour lequel il faut avoir les reins solides avant de prendre maintenant avec un groupe électrogène. Mais vers les années 2003, la situation s’est considérablement détériorée.

 

Je me plaignais comme tous les autres habitants de cette heure de délestage programmé dans chaque quartier. Mon quartier subissait une coupure de 18 heures à 19 heures, mais en 2003, l’électricité ne se manifestait que pour quelques heures, difficilement 8 heures de temps. Les habitants de mon quartier et moi nous sommes habitués à voir la lumière apparaître de 5 heures à 7 heures (et il faut surtout avec beaucoup de chance) et de 16 heures 30 min à 18 heures. Chaque habitant s’est imposé cette contrainte au fil de temps qui a considérablement influencé sur le niveau des élèves et étudiants, le syndrome de la baisse de niveau. Des usagers en passant par les entreprises qui se comptent sur les bouts de doigt, les bars qui ne mettent plus assez de musique à certaines heures, nul ne peut ignorer la conséquence du manque de l’énergie chez le Centrafricain.

 

Les problèmes de la société d’énergie centrafricaine sont surmontables. Le début doit être une volonté politique des dirigeants d’opter pour une gestion transparente de ladite entreprise. Il faut que l’Etat investisse dans l’achat de nouvelles turbines sans oublier la mise en marche des autres sources d’énergies dont Boali 2 et 3 en plus de Boali 1 déjà opérationnelle, et autres matériels et pièces qui ont subi des amortissements au fil du temps. Que des jeunes techniciens compétents soient formés, envoyés dans de grandes écoles d’électricité et de mécanique, que l’Etat pense à une politique de vulgarisation de l’énergie solaire qui est largement adopté dans certains pays. L’Enerca tout comme la plupart d’entreprises de gestion d’énergie en Afrique devrait être privatisée. La privatisation n’est pas une si mauvaise idée même si les entreprises telle que AES- Sonel au Cameroun peine à gagner la confiance des consommateurs qui se plaignent de la pénurie de cette denrée rare. Ainsi, privatiser l’Enerca pourrait être un dernier recours pour sauver Enerca dans sa chute inéluctable.

 

« J’étais dans ma chambre en train de rédiger un travail de recherche, à Rabat. Soudain, le courant est parti la nuit pendant près d’une heure. Le lendemain, pendant la journée, il est parti également pour une heure. Ce sont des cas rares à Rabat où je me trouve sans obscurité. En ces deux instants, je me rappelai de mon pays, la Guinée. Dans mon pays, l’électricité est avec l’eau, des denrées rares malgré l’existence de matières (château d’eau de l’Afrique de l’ouest, conditions climatiques diversifiées et favorables). L’Etat a dépensé 260 millions $ pour assurer l’électricité dans le pays. Mais cela n’a été que de la poudre dans les yeux. Que peu d’heures de courant irrégulières au cours de la semaine.

 

Il est aisé de faire de triste constatation. On peut constater la vétusté des installations, malheureusement peu ou pas entretenues. On peut voir le détournement des fonds. Comme l’échec dans la construction du barrage de Garafiri qui reste un cauchemar dans l’esprit du Guinéen. Pour cela, des Guinéens de toutes classes avaient contribué. La dépendance des centrales thermiques fait que l’Etat continue à dépenser beaucoup avec des résultats faibles. Aussi, faut-il ajouter les faiblesses des gestionnaires de l’Electricité De Guinée (EDG) et la faible considération par elle de l’ampleur du problème. Le recours aux micro-barrages est pourtant possible mais ceci est peu pensé comme alternative.

 

Tout cela fait subir à l’Etat des pertes colossales et de la révolte au niveau des peuples. Les micro-entrepreneurs dont leurs sources en dépendaient entièrement  en souffrent. Le vendeur d’eau glacé ne peut plus car l’électricité a disparu. Ce qui chauffe les classes sociales basses, se trouvant anéanties. C’est pour cela, que les émeutes de Ratoma, Dixinn… étaient pas inévitables.  Mais on ne saurait oublier le nouveau contrat signé entre l’entreprise Aggreko et le gouvernement guinéen récemment. Pour 10 millions $, cela devrait fournir 50 méga watts à la Guinée pendant six mois. Et aussi, la construction du barrage hydro-électrique de Kaleta. La Guinée peut s’inspirer du Maroc par la diversification des sources énergétiques: barrages, éolien… Le Maroc s’est fixé pour vision d’atteindre 42% de production d’énergie renouvelables.

 

Au cours des dix dernières années, les questions de délestages n’ont jamais quitté le devant l’actualité guinéenne. Entre promesses qui ne seront point tenues, communiqués accusant la sécheresse d’avoir tari les fleuves ou les intempéries ayant causé la chute des câbles électriques et violentes protestations, notamment dans les rues de Conakry la capitale, EDG (Electricité de Guinée) ne cesse de nous faire vivre des images qui n’honorent pas du tout les appellations ‘ châteaux d’eau de l’Afrique occidentale’ ou encore ‘ scandale géologique’ que les scientifiques ont donné à la Guinée.

 

Si on se réfère à des centaines de millions $ que le gouvernement a investi dans ce secteur entre 2011 et ces dernières semaines pour endiguer la pénurie d’électricité, tout porte à croire que les fonds ont été mal gérés voire détournés de leur destination finale. Plus on enregistre des investissements, plus le courant électrique se fait rare dans les foyers. Pourtant la Guinée Conakry est le pays le plus arrosé d’Afrique de l’ouest  et c’est  sans compter les potentialités minières telles que la bauxite, l’uranium, l’or…dont elle dispose.

 

Ce triste constat n’est pas sans conséquences sur le plan économique et sécuritaire. En effet, toutes les usines, tous les bureaux des administrations publiques et privées sont alimentés par des groupes électrogènes au moment où 1 Litre de pétrole est vendu à 9 500  GNF à la pompe.

D’ailleurs, certaines PME dont le fonctionnement dépend directement à l’électricité ont fini par mettre la clé à la porte, plongeant ainsi de nombreux travailleurs dans le chômage. En marge des manifestations contre les délestages, plusieurs actes de vandalisme à l’encontre de l’EDG ainsi que les pillages des commerces ont été dénombrés.

 

Aujourd’hui, tenir les  points de charge de téléphones portables est devenu une activité lucrative qui permet à quelques diplômés chômeurs de joindre les deux bouts.
Comme il fallait s’attendre, le manque de lumière pendant la nuit facilite aux malfrats dans  l’accomplissement de leur sale besogne. Récemment, le ministère de l’énergie a annoncé la signature d’un contrat de location de groupes électrogène d’une capacité de 50 MégaWatt avec une entreprise britannique pour la fourniture de l’électricité à la capitale. Coût de la transaction: 11 millions $,  pour une durée de six mois  à compter du 31 août prochain. Cependant, un barrage hydroélectrique de 240 MégaWatt est en construction en ce moment à Kaleta. À en croire les experts, la mise en service de ce barrage va résoudre définitivement le problème.

 

BAPO : de l’énergie électrique au solaire, transition réussie

Le petit village de Bapo est situé dans le département de Jacqueville, à 6,5 Km du village de Akrou, qui lui est à 5km de la ville. Situé en bordure de lagune ébrié entre les pipelines qui drainent le gaz naturelle et les cocoteraies villageoises et faisant face aux villages de Taboth (devenu célèbre grâce au groupe Mapouka Taboth cadence et de Allaba (Sous préfecture de Dabou), Bapo était un beau village animé en raison de la présence de son bac et embarcadère à l’époque où la Société ivoirienne de coco râpé (SICOR) existait.

 

Aujourd’hui il se réduit à un simple village de deux rangés de maisons de fortune avec en son bout un cabanon en brique, hermétiquement fermé et dont la toiture supporte six panneaux solaires. On peut lire à l’entre du village, 6,5km avant deux pancartes fières qui invitent à la découverte du village éclairé par l’énergie solaire.

 

Bapo, est fière de ses huit poteaux électriques qui éclairent le village. Pour le moment, les ménages ne sont pas servis, mais au moins il y a de quoi éclairer les rues et les aires de jeux nocturnes des enfants, des gardiens de la nuit, des amoureux. Il y a même un hangar collectif où chacun peut profiter de la télévision et recharger son téléphone.

 

En optant pour cette source presque gratuite, Bapo s’inscrit dans la logique du développement durable certes, mais surtout, marque une transition très écologique et économique qui la soustrait des tracasseries d’alimentations en fuel du vieux groupe électrogène dont son électricité dépendait, et aussi de la dépendance d’une compagnie nationale, qui depuis quelques temps s’illustre par les coupures intempestives et gênantes. Ce type de projet d’électrification rural, se présente comme une alternative de remplacement à encourager dans le nord de la Cote d’Ivoire où de nombreuses zones sombrent farouchement encore dans le noir. Le Président de la République en à lui-même fait le constat et annoncé de nombreuses dispositions pour palier la situation à une date sine die. Paroles de politicien.

 

En effet, depuis 2010 la Cote d’ivoire, vit la galère des coupures intempestives d’électricité. Les motifs se résument à la vétusté de l’appareillage de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE) détenteur unique de droit de commercialisation de l’électricité grand publique dans le pays, au manque absolu de concurrence alors, à la forte demande de la poussée démographique liée aux migrations de la crise ivoirienne, aux sabotages des réseaux électriques pour les distributions et commercialisations illégales du courant…

 

Ces diverses raisons, doublées de l’incapacité à satisfaire tous les ménages, ont contribué en 2010 à l’exécution du politique de délestage programmé afin de satisfaire chaque région et chaque ménage. Ainsi selon des jours, des heures et des zones, l’électricité était distribuée pour que l’Etat garde sauve sa face.

 

Dans l’euphorie de crises électriques est né un personnage devenu célèbre de DELESTRON, l’anti-héros du délestage qui se plait à couper le courant dans nos vies. Depuis 2013, de nombreux efforts de renforcements ont été effectues. Toutes fois, le malin héros de DELESTRON, n’hésite pas à frapper quand on manque de vigilance.

Photo(Crédit:Aly Coulibaly)

Crédit photo: Aly Coulibaly

Ce personnage imaginé au bon moment, traduit l’indéniable malaise de nos Etats qui maintiennent les pays, sous le joug d’une dépendance d’entreprise coloniale, et du faible écho des efforts d’ONG qui s’échinent à faire comprendre et adopter les plans d’énergies alternatives. Il faut libéraliser le secteur et promouvoir les énergies alternatives. Le futur pourrait en dépendre.

Je suis président africain, je ne veux pas être jugé car c’est à moi de juger

Combien ils sont, on ne comptera pas assez. Ces présidents africains qui ne cessent de violenter leur peuple, un peuple qu’ils ont juré de défendre et de conduire à bon port. En Afrique, le titre de ce billet fait le buzz car les présidents africains se croient au dessus de la loi. Pourtant, les juristes aiment dire, « nul n’est censé ignoré la loi ». D’autres encore expliquent que, après la loi, c’est le mûr.

 

 Il suffit de faire un tour sur le site de la CPI, cette Cour Pénal Internationale que les dirigeants africains ont finalement decidé de renier car ils se sont rendus compte que la plupart des mandats sont lancés contre les africains. Cette opposition ou bien la mise en cause de cette prestigieuse cour qui a fait couler beaucoup d’encre lors d’un sommet de l’Union africaine tenue à Addis Abeba.

Dans mes folles réflexions, je me suis aussi posé la même question que nos dirigeants sur le véritable de ce tribunal que mes compatriotes connaissent très bien grâce à l’affaire Jean-Pierre Bemba. Cette question m’a parut dénué de sens vu les atrocités que nos dirigeants commettent chez eux. En Afrique, il est presque impossible pour un président d’avoir les mains tachées. Je me suis demandé si Macky Sall aura un casier vierge à sa sortie ! Quand on est président en Afrique, on doit VRIAMENT régner. Vous savez ce que veut dire régner chez nous, ben cela veut dire qu’il faut s’imposer, se faire respecter. Et pour faire asseoir son autorité, un dirigeant africain ne passera pas par mille chemins : on préfère faire mieux que les colons, on tue, on emprisonne arbitrairement, on accuse nos opposants ou détracteurs d’intelligencia à un coup d’état ou mieux encore d’auteur ou co-auteur d’une déstabilisation du pays. Les motifs ne manquent surtout pas. Tous les moyens sont permis pourvu qu’on arrive à faire taire définitivement si possible ces épines qui ne cessent de piquer.

Mais lors de mes réflexions, j’ai pu me faire une idée de la peur qui traverse souvent les dirigeants africains les amenant toujours à faire recours à l’ultime chemin, s’accrocher au pouvoir et ne pas le quitter d’une semelle. Les présidents en Afrique ne veulent pas abandonner le navire juste pour une raison simple : ils ont fait assez de mal au point d’avoir peur de l’avenir sans ce pouvoir qui devient au bout du temps, leur seule raison de vivre. Et, il faut être bête pour remettre le pouvoir alors qu’on signe notre mort par la même occasion. Toutes ces victimes, ces personnes qui ont été séquestrées, emprisonnées arbitrairement, torturées et qui ne sont pas morts attendent juste le moment opportun pour prendre leur révenge. Et surtout dans tout cela, c’est la CPI qui est la plus bénéfique : ouverture d’une enquête en vue de réunir les preuves pour une éventuelle poursuite judicaire contre X. Ce X représente souvent un dignitaire du pouvoir.

L’organisation judiciaire d’un pays autorise qu’une enquête soit ouverte à l’encontre d’un ancien président afin de découvrir d’éventuelles preuves dans sa culpabilité. Cette organisation combien acceptée par la constitution n’est mise en cause par un président que lorsque ce dernier n’est plus aux règnes. Il y voit pareille une arme qu’il tenait le déclencheur mais inversée dans sa situation actuelle où il se trouve pointé par l’arme. Il n’est pas interdit de se soumettre à cet exercice judicaire qui peut mettre en cause tout citoyen. D’ailleurs, si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi ne pas vous soumettre ?

Donc ne vous trompez pas. Si Hissein Habré qui a bénéficié jusqu’à une date récente d’une liberté et ses avocats s’opposent à son incarcération, il a sans doute raison. D’ailleurs, vous devriez sans doute écouter l’ancien président centrafricain François Bozize qui, malgré sa triste prison de Bossembele, refuse de reconnaître les assassinats qui ont eu lieu dans cette partie de la RCA en balayant le mandat d’arrêt international lancé à son encontre. Ce dernier a raison aussi. Tous ces dictateurs africains qui aujourd’hui sèment la terreur chez eux, ne se gênent pas pour le moment malgré le forfait qu’ils commettent sur de paisibles citoyens. Tous ont raison à cause de ce principe africain : je suis président africain, je ne veux pas être jugé car c’est à moi de juger. Messieurs les présidents, prenez votre courage à deux mains et affrontez la justice de vos pays pour prouver votre innocence.

Le système éducatif africain et le mystère autour des examens de fin d’année

 Corruption, baisse de niveau, favoritisme, infrastructures inexistents, echec aux examens, autant de problèmes que le système educatif africain fait face sans vraiment réussir à les faire reduire voire disparaître. Dans ce billet collectif, qualque blogueurs ont collaboré en parlant de la situation de l’éducation dans leurs pays respectifs.

 

 Sinatou Saka, Bénin

 

 

Faible taux de réussite au Bac au Bénin: Causes et essais de solutions

 

« Les résultats du baccalauréat 2013 (32.35 pour cent d’admissibles) au Bénin sont depuis quelques jours, objet de controverses et de polémiques. Cependant le problème est plus profond et est dû à deux facteurs. Les échecs sont dus d’abord aux enseignants qui ont reconnu qu’en leur sein, il y en a qui n’ont pas le niveau requis ou les qualifications qu’il faut pour bien transmettre le savoir aux élèves. Outre cette raison, il y a le faible niveau des élèves qui pour la plupart, arrivent difficilement en terminale, pour certains, sans CEP ou BEPC. Il est donc important de consolider les savoirs des enseignants, d’adopter une politique de recrutement plus claire et d’installer dans les écoles des conseillers d’orientation pour guider et accompagner les élèves. »

 

Baba Mahamat, Centrafrique

 

L’éducation centrafricaine, une descente effrenée dans l’enfer

Avec seulement 6,9% d’admis soit 737 déclarés admis et 1.957 autorisés à subir les épreuves du second groupe sur 10.665 candidats ayant composé en juillet 2005, le mystère qui tourne autour de ce examen national en Centrafrique est loin d’être élucidé. Les résultats du baccalauréat 2005 proclamés ont été rendus publics à l`issue d`une délibération présidée par le ministre de l`Education nationale de l’époque, Timoléon Mbaïkoua. Depuis 2003, ces résultats qui ont souvent été controversés témoignent des tensions dus à des fraudes massives qui parfois, contraignent le ministère de l`Education nationale à annuler partiellement certaines épreuves pour divulgation de sujets et autres pratiques néfastes.  Au delà de tout soupçon, la question de la baisse du niveau en Centrafrique n’a pas été au cœur de la politique des différents gouvernements qui se sont succédé depuis plus de deux décennies.

Après les mutineries (1996 et 1997) qu’à connus le pays, la chute du niveau s’est faite de manière vertigineuse et elle est bien entretenue pour qu’elle soit irréversible car tout le monde trouve son compte. D’années en année, on assisté à un système bien que médiocre mais bien entretenue par tous les acteurs : ministère de l’éducation, parents d’élèves et d’étudiants, politiciens, élèves et étudiants. Et en cause, on se retrouve avec des enseignants très mal formés dans la plupart des cas, un manque de motivation total des enseignants à cause de conditions de travail exécrables, des arriérés de salaires et de frais de vacation incalculables, des parents de plus en intransigeants pour que leurs enfants passent en classe supérieure peu importe le chemin emprunté, des infrastructures presqu’inexistantes, la surpopulation dans les classes, manque de reformes.

Les autorités doivent savoir que « les coqs qui chantent étaient d’abord des œufs » (yombe). Avant qu’ils soient président, ministre, ou directeur, ils étaient passés par l’école et doivent impérativement réfléchir à des reformes dans le secteur éducatif pour offrir une bonne formation. Pour rompre avec ce système qui ne fait que creuser davantage le trou en abaissant le niveau éducatif, il faut absolument crever l’abcès car on ne peut pas faire une omelette sans casser les œufs. Le baccalauréat 2013 qui aura lieu selon les dernières informations le 20 août 2013 – à cause des troubles que traverse le pays – ne fera vraisemblablement pas l’exception : plus d’échecs et même la plupart des admis ne mériteraient pas et auront très peu de chance pour affronter les études universitaires, véritable baptême du feu pour tout lycée en Centrafrique. Wait and see.

 

Thierno Diallo, Guinée Conakry

 

En Guinée c’est ce mercredi 17 juillet 2013, après près de deux mois d’attente, que les candidats aux différents examens nationaux ont été fixés sur leur sort. Au vu des pourcentages, on constate à une légère amélioration par rapport aux années précédentes.

En effet, au CEP (connu généralement sous l’examen d’entrée en 7e Année) 64,03% de candidats ont réussi à obtenir leur admission pour le collège. Au BEPC – Brevet d’Etude du Premier Cycle – ils sont 43,21% à être déclarés admis. Enfin au baccalauréat unique, on a enregistré 34,69% de réussite dans toutes les options confondues.

Contrairement aux années antérieures, ce sont les Sciences Sociales qui ont connu le plus faible nombre d’admis, seul 10%. Une surprise qui n’est pas restée sans commentaires. Puisque cette option était jusqu’ici considérée par les élèves médiocres des Sciences Mathématiques et Sciences Expérimentales comme un chemin sûr qui ouvre la porte aux   institutions d’enseignement supérieur.

En quelques mots, lorsque les élèves échouent dans les autres options d’aucuns transhumensaient en sciences sociales qui leur offraient la possibilité d’accéder à l’université. Cela semble être sur le point d’être révolu. À signaler qu’un malheureux bachelier s’est suicidé quelques heures après la proclamation des résultats. Le défunt venait d’apprendre son échec en philosophie pour la quatrième session consécutive.

 

Josiane Kouagheu, Cameroun

 

-Le Bac et moi, un amour douce amer

Le baccalauréat au Cameroun, je le compare au fruit qui veut murir, mais qui ne murira jamais. Mon histoire avec lui est toute une histoire, comme celui du Camerounais lambda qui a traversé cette étape. Tout commence en terminale. Vous savez, là, on se croit vraiment le plus fort. On regarde de bas, les cadets des classes antérieures. Facile! On vient de traverser la classe de première, le tamis, le vrai pont. «J’ai mon probatoire hein ? », dis-tu orgueilleux au cadet. On débarque alors en terminale. Dernière corvée avant la liberté. On fait des cours avec des profs qui vous vantent à longueur de journée la vie estudiantine, l’après bac. Je pense qu’ils essaient plutôt de nous plonger dans leur rêve, le monde qu’ils auraient voulu construire. Pauvres profs! On travaille alors comme un forcené. Mais non que dis-je? On se force à travailler comme tel. Après neuf mois, on s’assoit pendant cinq jours et on « compose le baccalauréat ». Deux mois plus tard, on est admis. On crie à perdre la voix, la famille mange à satiété.

Mais pauvre bachelier(e), sais tu que vous êtes 50 739 à l’avoir eu en 2013? Vous étiez 91 195 candidats au départ ! 53,3% de taux de réussite. Pas mieux qu’en 2012. Heureux vous !  Sais-tu que tu fais peut-être partie de ceux et celles qui l’ont obtenu avec une moyenne de 8/20? Que sais-tu au fond? Que tu es un chômeur de plus, un bandit de plus, une prostituée de plus, un mendiant de plus…heu, un ingénieur de plus, un médecin de plus, un comptable de plus…? Mieux ! Je n’insulte pas notre cher bac et vous non plus! Que non, il me laisse aujourd’hui de marbre. Avoir ou pas, quelle différence au fond ? La majorité des admis se compte parmi les pauvres étudiants de demain ! A la fac, certains veulent partir, d’autres veulent entrer. Je veux passer un message à l’Office du baccalauréat du Cameroun : «donnez la réussite aux meilleurs. Revoyez avec les ministres (qu’ils sont nombreux dans le gouvernement de popaul) un nouveau modèle d’éducation. Répariez sur autre chose. Cessez de délibérer à 7, 8… En tant que bachelier, on n’aspire pas au chômage. On aspire à une vie meilleure».

Et moi qui ne connais même pas la vraie histoire de mon pays, où vais-je ? J’ai eu mon bac. Oui c’est bien, mais en étudiant l’histoire des autres. Pauvre Cameroun ! Pauvre de moi !

La pratique des sectes, rituels occultes dans la société africaine

Il y a un sujet que les personnes n’abordent pas le plus souvent, pourtant il mérite une attention particulière : les sectes, le fétichisme, la magie et les rituels occultes. Ces pratiques sont devenues monnaie courante dans toute la société africaine. Politiciens, hommes d’affaires, commerçants, cadres font de plus en plus recours aux sectes pour avoir une vie descente et profiter de privilèges indéniables.

La pratique a fait l’unanimité, il suffit de faire une petite enquête pour se rendre compte. Dans la plus part des grandes villes africaines, les biens des membres des sectes sont visibles, leurs maisons de luxe poussent comme des champignons, leurs comptes bancaires sont bien garnis. Ces pratiques se sont très vite développées et se sont imposées à toutes les classes africaines. Les commerçants par exemple utilisent les sectes pour augmenter leur fond de commerce, ce dernier devient plus important que jamais. Les jeunes en majeur partie, préfèrent cette facilité malgré les conséquences qui en découlent : sacrifice des proches parents, destruction des biens après une période-souvent courte- de gloire, respect des règles de la secte notamment se priver de certains désirs.

Mais si certains commerçants s’adonnent à cette pratique, il faut dire que les hommes politiques africains voient en ces sectes une « bonne » manière d’accéder à de hauts postes de responsabilités. Les « messes nocturnes » ont fait parler d’elles. La majorité des hauts fonctionnaires appartiennent à des sectes qui peuvent être le vodou, le franc-maçonnerie, la rose croix, magie noire etc. Presque tous les présidents africains appartiennent à une secte. Ces derniers, au lieu de chercher à attirer l’attention de la population à travers des programmes réalistes afin d’être élus, passent plutôt le plus clair de leur temps dans les cultes. Nul ne doute aujourd’hui qu’au Bénin, certains présidents et hauts cadres africains se rendent régulièrement pour la tenue périodique des « réunions de fraternité ». Il faut reconnaître que de nos jours, le monde est dominé par les franc-maçons et la rose-croix; difficile à dire mais il faut reconnaître que la plupart des décisions du monde se prennent lors des grandes rencontres des membres. Récemment, sur RFI, j’avais appris qu’une rencontre des franc-maçons avait eu lieu à Kinshasa lors de laquelle les points inscrits à l’ordre du jour étaient la résolution des problèmes de troubles qui sévissent dans certains pays tels que la RDC, la RCA, le Mali…

Les sportifs ne font pas l’exception à la règle : le nombre de joueurs par exemple de football ayant fait recours aux pratiques liées aux sectes va grandissant. Grâce à ces pratiques, ils retrouvent la gloire, une gloire passagère. Si certains joueurs ont fait parler d’eux sur les grandes chaines de médias, le nombre de morts de ces derniers n’est plus à démontrer.

En ce qui concerne la magie noire, les Africains la pratiquent à outrance. Mais la question préalable qu’il faut se poser dans ce domaine est de savoir s’il existe effectivement des personnes qui pratiquent la sorcellerie, l’envoûtement et autres sortilèges, que ce soit d’ailleurs en Afrique.

Il est bien vrai qu’il y a des personnes qui se posent des obstacles à d’autres personnes au moyen de pratiques dites « maléfiques ». Les conséquences de cette pratique se fait sentir sous plusieurs formes : mort, paralysie, maladies incurables …

Comme l’a dit le grand-maître de l’Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix, Serge Toussaint, dans l’un de ses articles, les moyens utilisés dans ce but sont multiples : évocation des mauvais esprits ou des démons, récitation de formules “magiques”, rituels occultes, sacrifices d’animaux, fétichisme.

Vu que ces pratiques ont pris de l’ampleur de nos jours, il est important que la société se penche sur celles-ci afin de résoudre les problèmes liés à son expansion. On peut, par exemple, rappeler qu’il n’existe pas dans la plupart des pays des lois permettant de punir ou condamner les personnes reconnues coupables de fétichisme, de magies, de rituels occultes ayant pour but de nuire à autrui faute d’éléments de preuves. Y penser serait un grand pas vers la lutte contre ces pratiques malveillantes.