Brazzaville : ouverture des travaux des ateliers de formation sur le web 2.0 et d’échanges sur le projet ARDYIS

Le campus numérique francophone de Brazzaville a hébergé ce matin du lundi 16 septembre les travaux des ateliers de formations sur le web 2.0 et d’échanges sur le projet ARDYIS organisés par le CTA en partenariat avec l’association Azur Développement et l’IPRC. Réunissant une vingtaine de jeunes venant de la sous-région de l’Afrique centrale entre autres la République démocratique du Congo, le Congo, le Cameroun, la République centrafricaine, Sao Tomé et le Tchad. Cette formation de 5 jours se focalisant sur les blogs et l’agriculture, s’inscrit dans le cadre du lancement de la deuxième édition du concours de blogs « YoBloco Awards » (Prix des meilleurs blogs sur la jeunesse et l’agriculture) organisée par le projet ARDYIS.

Arrivés pour certains depuis vendredi, d’autres samedi et le peloton le dimanche soir, ces participants ayant des profils diversifiés ont tous en commun un esprit déterminé, celui de concilier les TICs au domaine de l’agriculture pour en faire un développement.

Photo(crédit:Un voyageur)

Photo (crédit: un voyageur)

Les moments forts de l’atelier

Ce lundi 16 août, l’atelier a commencé par le mot de bienvenue par la directrice exécutive de l’Association Azur Développement, Mme Sylvie Niombo qui a d’abord remercié les participants de leur présence et a exprimé l’attachement de sa structure à ces assises. Elle a continué son intervention en remerciant les partenaires ayant permis l’organisation de ces ateliers. Après la présentation des participants et organisateurs, la séance de formation a commencé autour de 10 heures. Une introduction au web 2.0 a été faite par deux formateurs de l’équipe de l’IPRC. Une approche participative a permis aux participants de faire la différence entre le web 1.0 et celui du 2.0 qui est une nouvelle génération basée sur l’interaction et la création de communauté dans le but de partager.

Photo(Crédit: Baba Mahamat)

Photo (Crédit: Baba Mahamat)

Après une pause-café de 30 minutes, la formation a continué avec l’introduction aux blogs en touchant du doigt l’utilité des blogs de nos jours et surtout ceux qui l’utilisent dans le domaine agricole. La suite du programme de la journée a été marquée par un jeu de société qui a permis d’égayer les acteurs de la formation après le déjeuner servi autour de 12 heures 30 minutes. Le dernier point de la première journée a concerné l’accès sélectif de l’information à travers les recherches avancées et les flux RSS.

Baba Mahamat et un participant cogolais

Autour de 17 h 30 minutes, le bus qui assure le transport des participants entre l’hôtel et le lieu de la formation a repris le chemin des deux hôtels où sont hébergés les participants, avec a son bord l’ensemble des jeunes venus des différents pays.

Un dimanche de découverte et d’échanges pour les participants

Arrivés pour la plupart le samedi dans la soirée, les participants résidant au RHM (Résidences hôtelières de Moungali) ont profité de la journée du dimanche 15 septembre pour mieux se connaître et échanger sur leurs différentes organisations. Des partages qui ont été extrêmement fructueux dans la mesure où chaque personne s’est sentie dans le groupe en profitant de moments pour mieux apprendre de son collègue.

Photo(Crédit: Ngouambe Nestor)

Photo (Crédit: Ngouambe Nestor)

En début de soirée après la visite des responsables d’Azur Développement, 9 des 10 participants de RHM se sont rendus à côté de l’hôtel de ville, précisément au sein de l’immeuble qui abrite l’exposition sur Pierre Savorgnan de Brazza, un explorateur français et père de la capitale  congolaise. La visite a pris fin après avoir contemplé le Beach qui se trouve à quelques kilomètres en face de la ville de Kinshasa. Vers 18 h 30, toute l’équipe a rebroussé chemin vers l’hôtel.

Photo(crédit : Un passant)

Photo (crédit : un passant)

La formation devrait reprendre demain matin, à 9 heures toujours dans une salle au sein du campus numérique francophone de Brazzaville.

La LRA ou l’AQMI de l’Afrique Centrale

La comparaison entre AQMI  au Maghreb qui sévit dans les régions du Sahel et en Afrique de l’Ouest et le groupe terroriste LRA est sans équivoque. Entre un groupe terroriste enlevant des personnes et parfois demandant des rançons ou exécutant ses otages ou bien faisant des attentats occasionnant de lourds dégâts humains et matériels et l’autre qui pille, viole, exécute sommairement des personnes en imposant ses règles, il n’y a pas de différence. Mais cette indifférence, la plupart d’entre nous ne la voyons pas, et c’est bien dommage !

Historiquement, il y a quelques années quand AQMI a commencé ses opérations, personne ne pouvait imaginer la montée fulgurante de ce  groupe. Ce dernier perpétrait des attentats dans certains pays du Maghreb notamment en Algérie et en Tunisie mais les choses se sont très vite accélérées. Le Sahel, une région désertique que partagent certaines nations Africaine est devenue le théâtre des opérations d’AQMI et de ses alliés.  Avec la crise Malienne qui est loin d’être à son terme, la situation se détériore de jour en jour.

En Afrique centrale, AQMI a trouvé son équivalent, c’est la LRA (Lord’s Resistance Army, Armée de Resistance du Seigneur) de Joseph Kony est un mouvement en rébellion contre le gouvernement de l’Ouganda, créé en 1988, deux ans après le déclenchement de la guère civile ougandaise. Joseph  Kony et ses hommes qui se comptent par milliers ont commencé en Ouganda, chassés par l’Armée Ougandaise, ils se sont déplacés en République démocratique du Congo(RDC) avant de regagner la République Centrafricaine qui servira de base arrière et peut-être base définitive de ses opérations. Joseph Kony entend renverser le président ougandais, Yoweri Museveni, pour mettre en place un régime basé sur les dix commandements et la Bible. L’incapacité des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et son effectif très réduit, le manque de logistique et son inexpérience face à ces terroristes jugés se comportant comme des cannibales et sanguinaires sans pitié n’ont fait que renforcer la thèse que Joseph Kony a trouvé un terrain propice pour sa survie. Hors, c’est une partie de la population qui paye la lourde  tribu au prix de leur vie. Les attaques se sont intensifiées contre ces pauvres habitants  des provinces. Entre janvier et mars 2012, la LRA a mené au moins 53 nouvelles attaques en RD Congo et en RCA, au cours desquelles elle a enlevé 90 civils et en a tué neuf autres, d’après les dernières recherches effectuées par Anneke Van Woudenberg de Human Rights Watch en RCA et des informations publiées par les Nations Unies. Le gouvernement centrafricain, l’Union Africaine (UA), les Nations Unis et exceptionnellement des Etats-Unis, se sont engagés pour venir à bout de cette organisation terroriste. C’est ainsi qu’une force de lutte contre la LRA a vu le jour et l’envoi d’une centaine de conseillers militaires Américains pour aider à traquer ces hors la loi.

Et ces personnes qui ne savent à quel saint se vouer

Les populations des régions de Zemio, Obo, Bangassou et Mobaye n’inspirent plus à la quiétude qui les caractérisait autrefois. Qui veut sauver sa vie doit quitter son village car les éléments de la LRA, divisés en groupuscule sont devenus omniprésents dans ces régions. En illustration, deux sœurs de la ville d’Agoumar, âgées de 43 et 62 ans, ont raconté à Human Rights Watch qu’elles étaient parties pêcher le 27 février dernier lorsque la LRA les a enlevées. Elles ont été capturées par un groupe de trois combattants, qui les ont forcées à transporter du miel, des cacahouètes et de lourds sacs de farine qui avaient été volés dans un grenier à céréales voisin. La situation des civils est plus que préoccupante.

La fin des opérations de la LRA est proche ?

Il est difficile dans les conditions actuelles d’affirmer que les exactions de la LRA seront bientôt terminées. Il y a quelques mois, les campagnes médiatiques avaient permis de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur le danger que représente ce groupe terroriste. Cependant, malgré le déploiement d’une force régionale pour les traques, les éléments de la LRA, divisés en petits groupes continuent de sévir dans certaines zones.  Depuis début septembre 2012, on assiste à plusieurs attaques des éléments de Joseph Kony dans la région du sud-est de la République centrafricaine. L’Armée ougandaise avait signalé la présence du général, n°3 de la LRA, Dominic Ongwen dans la zone. L’armée ougandaise a indiqué qu’elle suspectait que Joseph Kony se cache dans la région du Darfour au Soudan avec environ 100 à 150 combattants, des membres de sa famille, ainsi que des enfants et adultes que la LRA a enlevés.

Il est important que des efforts soient déployés par tous les états concernés par ce groupe terroriste, par les différentes organisations internationale, régionales, sous régionales pour qu’on parvienne à la fin de la souffrance de nos parents se trouvant dans les zones prises en otage par la LRA.