Photo de famille FIJEV 2016

FIJEV 2016 : les jeunes au cœur de l’économie verte

Par Simon Méthot, Agent de projet au Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE Canada)

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a réussi à mobiliser une centaine de participants au Forum international jeunesse « Emplois verts »  qui s’est tenu à Moncton au Nouveau-Brunswick du 20 au 24 juin.

L’OIF aspire ainsi à accélérer la création de liens et le partage d’idées entre les jeunes porteurs de projets et les experts de l’économie verte. Parmi ceux-ci, les jeunes ont pu rencontrer M. Mustapha Kamal Gueye du Bureau international du Travail et Nicolas Turgeon du Centre de recherche industrielle du Québec.

Logo du FIJEV 2016 à Moncton

FIJEV unit trois des cinq enjeux du RDÉE Canada : la francophonie économique canadiennel’économie verte et la jeunesse économique. En tant que partenaire, le RDÉE Canada et ses membres ont mandaté une équipe d’experts, issus de son réseau pan-canadien, afin de bien outiller les jeunes porteurs de projets qui transforment les défis environnementaux en occasions d’affaires.

Les rencontres entre les jeunes de l’espace francophone du monde entier et les spécialistes francophones canadiens du développement économique ont permis des échanges valorisants, motivants et pertinents.

« Développer l’économie verte est très encourageant pour notre avenir proche et pour les générations futures » confirme Patrice Gauthier, directeur général par intérim du Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA), présent pour répondre aux questions des jeunes et fournir des conseils en lancement d’entreprise.

Au cours du Forum, les jeunes ont aussi pu participer à un vaste programme d’ateliers portant sur diverses thématiques en lien avec l’économie verte.  Le RDÉE Canada et les représentants sur place de son réseau ont animé les ateliers suivants :

  • L’étude du marché – Identifier les tendances de l’économie verte, présentée par Simon Méthot du RDÉE Canada;
  • L’accès au financement pour le démarrage d’entreprise, présenté par Joel Lemoine du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba.

Au cours des ateliers, les experts ont pu également partager quelques pratiques exemplaires mises en œuvre par le RDÉE Canada et ses membres, telles que :

 

Lors du Forum, l’OIF a également mis en place des sessions de partage entre les experts et les représentants institutionnels. Ainsi, madame Elise Tessier, directrice générale adjointe du RDÉE Canada, a animé une discussion au sujet des « Mécanismes de financement de projets d’emplois verts ». Elle a  mis en avant comment le RDÉE Canada et son Réseau interviennent auprès des jeunes, identifiant les défis communs et les objectifs visés, et ce, afin de maximiser l’impact positif du financement qui est, somme toute, trop souvent limité.

FIJEV2016 a aussi donné l’occasion aux participants de présenter les projets verts qu’ils ont développé dans leur communauté.

Lors de sa visite de la multitude de kiosques, Elise Tessier a été chaleureusement accueillie par les jeunes. Soulignons que, des quelques projets les plus intéressants, elle a retenu les suivants :

  • Vietnam : Production et distribution de produits artisanaux, de broderie ancestrale sur des vêtements, chaussures, sacs, robes, etc.
  • Afrique de l’Ouest : Récupération de noyaux de mangues pour la production de produits cosmétiques adaptés à une clientèle à peau noire.
  • Espagne : Formation technique en santé et pharmaceutique dans la région des Comores pour offrir les soins médicaux de base et réduire le taux de mortalité.

Finalement, les jeunes porteurs de projets entrepreneuriaux et créateurs d’emplois verts ont eu la chance de relever un défi de taille! Ils ont présenté et défendu leurs plans d’affaires devant un jury international. Les dix projets les plus porteurs ont été récompensés d’un accompagnement technique, sous forme de mentorat, et chacun recevra une bourse de 4 000 € pour la réalisation de son plan.

Pour télécharger la liste complète des lauréats du FIJEV 2016, cliquez ici.

Photo de famille FIJEV 2016

Photo de famille FIJEV 2016

image groupe 2

Transformer l’économie globale en une économie verte est indubitablement au cœur des enjeux de développement durable pour les années à venir. Ce sont les jeunes de la génération actuelle qui auront à naviguer au travers des défis afin de découvrir les occasions d’affaires qui s’y rattachent. C’est dans cet axe que le RDÉE Canada participe activement au développement de stratégies d’intervention auprès de la clientèle des jeunes francophones au Canada afin de favoriser l’essor de sa population francophone et acadienne et d’assurer leur contribution à la croissance nationale et internationale.

Pour de plus amples renseignements :

Simon Méthot

Agent de projets, RDÉE Canada

Téléphone : 613-244-7308, poste 208

Courriel : simon.methot@rdee.ca

Cathérine Samba Panza(Crédit photo: corbeaunews.ca)

Que retenir de la transition de Catherine Samba Panza en Centrafrique

Après trois(3) ans de crise politique qui a pris la forme d’un conflit confessionnel avec le temps, la Centrafrique a changé de président mettant fin à la transition, le mercredi 31 mars 2016, par l’investiture du nouveau président élu démocratiquement le professeur Faustin Archang Touadera. Après avoir participé au premier tour comme Vingt neuf (29) autres candidats, le Pr Faustin Archange Touadera a été déclaré vainqueur à l’issu du second tour de la présidentielle qui l’a opposé au banquier et ancien premier ministre Anicet Georges Doleguele.
Mais si les centrafricains se sont mobilisés massivement pour élire leurs nouveaux dirigeants dont ceux de la législature seront au complet après le vote du second tour du 31 mars 2016, pour beaucoup l’heure est au bilan de la transition.

Le nouveau président centrafricain, le Pr Faustin Archange Touadera (Crédit photo: alvinet.com)

Le nouveau président centrafricain, le Pr Faustin Archange Touadera (Crédit photo: alvinet.com)

La transition de Michel Djotodia, après le coup d’État du 24 mars 2013

En réalité, cette transition qui a commencé après les pourparlers de Libreville aboutissant aux accords du 11 janvier 2013 ayant permis la mise en place d’un gouvernement d’union nationale dirigé par le Maitre Nicolas Tiangay sous la présidence du général François Bozize va subir un coup d’arrêt avec le coup d’État de Michel Djotodjia le 24 mars 2013, alors Chef de la rébellion hétéroclite appelée Seleka ayant début en décembre 2012, contraignant l’ancien président François Bozize à accepter de partager le pouvoir avec l’opposition et les groupes politico-militaires. Au temps de Michel Djotodjia avec la Seleka et comme premier Ministre Nicolas Tiangay reconduit à ce poste, le pouvoir a vacillé. Dépassé par des éléments qu’il ne parvient plus à contrôler, Michel Djotodia a été forcé de quitter le pouvoir en janvier 2014 à N’Djamena, lors d’une réunion des Chefs d’États de la CEEAC convoquée par Idriss Deby Itno, Président du Tchad. Mais il faut reconnaitre que l’apparition des milices appelées Antibalaka qui se sont constituées après les exactions de la Seleka a été un élément déclenchant la fin du pouvoir de Djotodia.

Catherine Samba Panza remplace Michel Djotodjia à la présidence de la transition

De retour à Bangui, après quelques jours de présidence transitoire assurée par le président du Conseil National de Transition, Ferdinand Nguendet, Catherine Samba Panza a été élue par les conseillers de la transition. Pour la plupart des centrafricains, élire une femme pour la première fois dans l’histoire de ce pays et d’ailleurs de la sous-région Afrique centrale, est un signe d’espoir car la première femme présidente pourrait basculer la situation, une situation qui ne cesse de se dégrader.

Le premier gouvernement mis en place par Catherine Samba Panza dont le premier ministre désigné était un banquier de formation, André Nzapayeké, alors vice-président de la DBEAC (Banque de Développement des États de l’Afrique centrale) a essayé de prioriser les urgences dont la sécurité était placée en première position. Catherine Samba Panza, qui avait fait un discours appelant les antagonistes, les Seleka et les Antibalakas (qu’elle appelle d’ailleurs affectueusement ses enfants) à faire preuve de patriotisme et à l’écouter, leur mère pour éradiquer la violence et entrevoir une porte de sortie à la crise à travers le dialogue.

Mais très vite, elle sera désenchantée. Les poches de violences occasionnées de part et d’autres par les deux groupes hostiles à la paix, la feront comprendre que la lourde tache dont elle hérite ne sera pas du tout facile. D’ailleurs elle le dira plus tard dans jeune Afrique, lors d’une interview que, même si elle était persuadée lors de son élection, que la tache qui l’attendait était énorme, elle ne pouvait s’imaginer un seul instant que la pression allait être extrême à ce point.

Et il y a eu périodiquement, quasiment chaque, un à deux mois, des soubresauts occasionnés par ceux qui sont hostiles à la paix. Le 10 août 2014, Mahamat Kamoun sera alors nommé premier ministre de la transition en remplacement d’André Nzapayeke après les pourparlers de Brazzaville sous l’œil vigilent de Denis Sassou Nguesso, président du Congo et médiateur de la sous-région dans la crise centrafricaine. Une nomination, qui semble-t-il devrait permettre de calmer la coalition Seleka revendiquait ce poste afin de revenir à de bons sentiments.

Après la transition, l’heure du bilan de la transition

Le 30 mars 2016 a sonné la fin d’une longue transition qui a duré plus de 3 ans. Mais que retenir de cette période dont d’énormes sacrifices ont été consentis par le peuple centrafricain, obliger de subir l’humiliation que lui imposent les belligérants?

Le dossier sale de la transition, « L’Angolagate »

Certes, si Catherine Samba Panza peut s’enorgueillir d’arriver au but ultime qui est celui d’organiser des élections crédibles afin de laisser sa place à son remplaçant, il y a un certain nombre de questions qu’il faut élucider. L’affaire du don angolais dévoilé par Jeune Afrique appelé ‘Angolagate’ restera dans la mémoire des centrafricains. Ce don d’un montant de 10 millions de dollars (7,8 millions d’euros) fourni par le président Angolais José Eduardo dos Santos qui a fait couler beaucoup d’encres sur la gestion opaque des fonds alloués à la transition. Et si Jeune Afrique a pu dévoiler, après enquête cette affaire d’un don, on ne saurait dire quant à la gestion des autres aides reçues par la transition.

Le forum de Bangui et le début de la réconciliation

Le forum de Bangui qui s’est tenu du 4 au 11 mai 2015 a réunit presque toutes les entités de la société centrafricaine. Partis politiques, société civile, la jeunesse, les associations féminines, la diaspora, … a été un succès même boycotté par certains belligérants. L’un des points forts demeurent la signature d’un accord de désarmement entre les responsables de la Seleka et des Antibalaka, deux groupes antagonistes. C’est à l’honneur de la présidente qui a tenu bec et ongle, à rassembler ce grand nombre de centrafricains afin de laver le linge sale en famille. Les résolutions qui en découlent sont nombreuses mais la mise en œuvre et le suivi restent un défi de taille pour un pays où les conférences, les dialogues, les pourparlers et les accords ne peuvent être dénombrés.

Et même si le chemin de la réconciliation est encore long, Catherine Samba Panza aura été celle qui a posé les bases de la réconciliation. Quid à son successeur Faustin Archange Touadera qui a pris le pouvoir, de continuer sur la même lancée afin de garantir le vivre ensemble, la sécurité sur toute le territoire ainsi que d’amorcer le développement durable dans ce pays très en retard par rapport à ses voisins.

Faire l’audit de la transition, une priorité pour la nouvelle équipe

Catherine Samba Panza a certes fini son mandat le 31 mars 2016 en tant que présidente de transition en Centrafrique. Cette femme d’affaire qui a été propulsée à la faveur du désordre organisé de la Seleka a pu conduire le pays aux élections. C’est ce que tout le monde retiendra. Le forum de Bangui qui a connu un succès, quoique boycotté par certains belligérants est à mettre à son compte. Cependant, la transition ne doit pas être dédouanée de l’amateurisme dans la gestion des finances publiques. Il est ainsi, dans le souci de transparence et au nom de la continuité de l’État, plus qu’urgent que les nouvelles autorités élues puissent procéder à l’audit de cette transition, et ce, dans tous les domaines.

Baricade érigée par les jeune dans un quartier de Bangui(Credit Photo: Chris Can)

Que veulent vraiment les Centrafricains ?

Cette question combien banale est celle qui devrait traverser l’esprit de tout observateur éclairé de la scène centrafricaine. Entre ce qu’ils font et ce qu’ils demandent, on a du mal à savoir vraiment ce que les Centrafricains veulent réellement. Ce billet veut soulever des questions pertinentes que chaque Centrafricain devrait se poser et retrace les dérives observées ces derniers temps lors des événements de fin septembre.

J’ai longtemps voulu intervenir à travers ce blog pour dénoncer la barbarie qui sévit dans mon pays. Même si parfois, je me lasse à dire à chaque fois la même chose, à crier haut que nous ne sommes pas seulement des victimes, mais aussi des acteurs de cette violence aveugle qui ne cesse d’endeuiller les familles centrafricaines. Je me suis résolu à croire que me taire me fera complice de tels événements d’une époque révolue.

Voilà, nous revenons à la case de départ. La mort d’un conducteur de moto-taxi de confession musulmane a mis de l’huile sur le feu et toute la capitale a rouvert sa porte au diable qui parcourt les quartiers de Bangui. Entre des revendications de démission de la chef de Transition, celle du départ du contingent de la Minusca et de la Sangaris (opération militaire de l’armée française) à l’appel à désarmer tous les groupes armés qui sévissent sur tout le territoire en maîtres absolus, la priorité devrait sans doute être le désarmement des groupes armés qui ne cessent de terroriser le peuple centrafricain dans sa globalité. Mais comment justifie-t-on ces tueries, surtout que d’aucuns croient comprendre que le peuple centrafricain est manipulé afin que la stratégie du chaos serve aux manipulateurs? Sommes-nous appelés à perpétuer le cycle de violence et à rejeter la paix? Pourquoi la tolérance et l’esprit pacifique ont quitté ce pays ? Un pays, dont Barthélémy Boganda a payé de sa vie pour qu’on en soit les héritiers légitimes ? Quel rôle doit jouer la jeunesse pour endiguer ces cycles de violence ? Mais toutes ces questions resteront sans doute sans réponse, puisque la question du pillage systématique interpelle toute la jeunesse qui brille par son incivisme.

Notre ennemi juré dans ce pays : la faim

Alors, vous parlez de revendication, de la démission de la présidente, du désarmement, et autres, pensez-vous que vous devriez piller pour en arriver à vos fins ? J’ai honte à chaque fois que la jeunesse est pointée de doigt comme principal acteur de pillage. Bon, vous pillez l’Acabef (l’Agence centrafricaine de bien-être familial) et vous pensez faire démissionner la présidente ? C’est elle qui bénéficie des services de cette agence ? Oubliez-vous que nos femmes s’y rendent pour la planification familiale ? Vous pillez le CPJ (Complexe scolaire du centre protestant de la jeunesse), c’est cela votre stratégie de pousser la Minusca à désarmer les milices ? Mais vous oubliez que le taux d’alphabétisation en Centrafrique est très faible que les lycées tels que le CPJ contribuent à endiguer ce problème d’analphabétisme.

Vous oubliez tous quel est notre ennemi juré dans ce pays : la faim. Et nous savons tous que l’ONG ACF (Action contre la faim) vient en aide à de milliers de compatriotes dans la lutte contre la faim. Mais, nous avons décidé de piller les locaux de cette ONG pour qu’elle suspende ses activités. Mais après, ne crions pas au chômage ni à la famine, car cette ONG risque de suspendre ses actions sur le terrain. Même chose pour le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) qui n’a pas été épargné.

Alors peuple centrafricain, que veux-tu au juste pour ton pays ? Veux-tu être partisan de la paix, du développement ou veux-tu continuer à être du côté de ceux qui détruisent inlassablement nos patrimoines communs en brillant par l’incivisme ? Quelle Centrafrique veux-tu léguer à tes descendants si, jusqu’à présent, tu continues à détruire tout ce qui reste de ton pays ? A qui la prise de conscience chez toi ? Tu as la dernière chance de montrer qui tu es vraiment. Tu as deux choses à choisir, soit être du côté de ceux qui détruisent la Centrafrique ou mieux encore être du côté de ceux qui veulent la bâtir en promouvant la paix, l’unité, la cohésion et le développement. Oui, il te faut choisir maintenant sinon ce sera trop tard.

Baba Mahamat, lors de la conférence Fin4Ag à Nairobi, au Kenya le 17 juillet 2014

Pour que chaque Centrafricain ait le droit d’exprimer son choix

Je suis d’autant surpris par ceux qui pensent que les Centrafricains de la diaspora ne peuvent pas avoir le droit de voter à cause des risques de fraudes et autres. Je rappelle à qui veut entendre que chaque Centrafricain doit avoir le droit de voter afin de rompre avec ce cycle infernal de violence qui ne finit jamais.

Les politiques doivent comprendre que le pouvoir appartient au peuple et que c’est le peuple qui dirige même s’il délègue le pouvoir à certains citoyens. Je voudrais remarquer au passage que la politique de l’exclusion n’a jamais construit un pays, au contraire, elle l’enfonce à cause des frustrations profondes qu’elle peut engendrer. J’ai eu la chance de voter une seule fois, la deuxième fois, je m’étais abstenu du fait que je me disais que mon vote ne serait pas utile. Je reconnais aujourd’hui, et surtout depuis les événements que traversent mon pays que j’ai commis une erreur monumentale. Je ne laisserai aucune occasion passée qui puisse me permettre de m’exprimer, car être citoyen, c’est aussi exprimer ce qu’on pense afin d’aider le pays à se relever.

Notre pays a été enfoncé, de manière vertigineuse, la chute est fatale, le coma est temporel, nous devons tous, nous poser les bonnes questions et faire profile bas des considérations inutiles qui ne feront que creuser davantage notre tombe. Reconnaissons que nous avons une seule tombe comme citoyens de ce pays. Nous devons tous à ce pays. Que nous soyons d’une ville de Centrafrique, de la diaspora ou autre et que nous avons le sang centrafricain qui coule dans nos veines, nous devons nous demander ce que nous pouvons apporter pour faire construire une nouvelle Centrafrique. Cette dernière est possible, mais à quel prix ? Réfléchissons à cette question et pensons à l’avenir de notre cher, tendre et beau pays la Centrafrique.

Danielle Mbari, présidente de l'association Sango

Danielle Mbari: « une nouvelle Centrafrique est possible »

Depuis le début de la crise en décembre 2012, cette femme, la cinquantaine se bat sur les réseaux sociaux pour l’éveil de la conscience centrafricaine. Après le chaos installé d’un coté par les Seleka et de l’autre coté les Antibalaka, Danielle Mbari se bat quotidiennement en sensibilisant les centrafricains de tous bords pour la réconciliation et le vivre-ensemble. Danielle et plusieurs autres centrafricains sont appelés les gens qui font la paix. Car ils ne se limitent pas à faire des critiques acerbes ou à rejeter la responsabilité sur l’un ou l’autre camp. Elle a ainsi contribué à lancer un projet dont sa réalisation est très symbolique pour la réconciliation entre musulmans et chrétiens, il s’agit de la reconstruction par les chrétiens et les musulmans de la mosquée de Lakouaga, l’une des mosquées les plus fréquentées à Bangui par les fidèles musulmans, détruite par la population lors du conflit. La présidente de l’association Sango, a accepté de répondre à nos questions à cœur ouvert en parlant de son engagement pour la RCA.

1-Bonjour, peux-tu te présenter et nous dire qui se cache derrière cette image qui te représente?

DM : Je m’appelle Danielle Mbari, j’ai 54 ans et suis mère de quatre enfants. Je suis née et réside en France. Derrière cette image et les apparences se cache une Centrafricaine, par alliance depuis 2008, et de cœur depuis maintenant 19 ans.

 2-La RCA traverse depuis plusieurs années des crises politico-militaires, la dernière en date qui a fait chavirer le navire est celle qui a débuté en décembre 2012, une véritable tragédie. Alors pour toi, qui es centrafricaine, quelles en sont les causes profondes?

DM: A l’échelle nationale, ces crises sont les conséquences d’une mauvaise gestion des affaires, d’une mauvaise gouvernance, d’un problème d’hommes. Un pays est comme une entreprise : avec un mauvais management et des ressources (y-compris les ressources humaines) mal gérées, c’est la faillite assurée ! Cependant, s’il est question de définir les causes profondes, il faut élargir le zoom pour une analyse à l’échelle mondiale. Cela ne va alors pas sans évoquer la politique africaine du colonisateur depuis une indépendance malheureusement restée très théorique. La RCA avec son sous-développement, ses crises etc., n’est que le produit d’un système politico-économique gigantesque établi, huilé et rodé pour servir et préserver la domination occidentale dont l’une des armes invisibles est la désinformation tandis que l’arme visible téléguidée sur le terrain est la masse humaine. Les deux sont malheureusement très efficaces !

3-Comment faire pour endiguer ces crises qui n’en finissent pas en Centrafrique?
DM:
En fait, il faudrait une révolution ! Je l’entends non pas dans le sens d’une révolte sanguinaire, mais plutôt d’un changement radical des mentalités et des comportements afin qu’un état de faits qui maintient la quasi-totalité de la population dans une misère dramatique soit effectivement ré-vo-lu. Les choses ne changent pas d’elles-mêmes. C’est à l’Homme que revient la responsabilité de changer, d’abord lui-même, pour ensuite changer les choses.

4-Penses-tu que les Centrafricains partagent la responsabilité dans le drame que connait notre pays?
DM:
C’est une évidence ! La responsabilité se partage entre les Centrafricains à différents niveaux : en tout premier lieu les dirigeants : la responsabilité initiale revient au président déchu, François Bozizé. Il est à l’origine de la rébellion Seleka qui a trouvé son essence même dans le non-respect des engagements qu’il avait pris envers les mercenaires qui l’avaient porté au pouvoir en 2003. Face à une rébellion montante, il disposait de toutes les informations et stratégies nécessaires pour la stopper et n’a pas jugé bon d’agir, au détriment du peuple. Une fois au pouvoir, Djotodia n’a pas su l’exercer, laissant ses troupes se payer sur la population, fertilisant ainsi le terreau d’une contre-rébellion, les Anti-balaka. Viennent ensuite ceux qu’on appelle à plus ou moins juste titre les « élites » et la « classe politique » qui ont brillé par leur inertie, un laisser-faire et/ou la stratégie de « chercher à manger », faisant fi de l’intérêt collectif. Pour finir, disons qu’il n’y a pas d’oppresseurs sans opprimés, pas de corrompus sans corrupteurs, pas de chef rebelle sans rebelle etc. Même si l’on conçoit que l’analphabétisme favorise le suivisme, je pense que chacun a effectivement sa part de responsabilité. Je cite volontiers Joan Borysenko, « Chaque jour nous avons le choix : d’exercer des tensions ou de pratiquer la paix. »

 5- Quelle doit être la place de la jeunesse en Centrafrique dans la résolution du conflit actuel qui continue de faire de milliers de victimes ?

DM: Les jeunes ont un rôle clé à jouer dans la résolution du conflit actuel. C’est évident qu’ils n’ont pas l’expérience des anciens, mais dès lors qu’il s’agit justement de ne pas reproduire les erreurs du passé, notamment sur le plan politique, les jeunes peuvent et doivent contribuer à instaurer de nouvelles normes. Face à des autorités de transition qui font perdurer les anciennes pratiques et des forces armées internationales manifestement peu motivées à rétablir la sécurité, ils peuvent et doivent s’impliquer, non pas dans la violence et le désordre, mais en se rassemblant et s’organisant pacifiquement pour faire entendre leur voix, au moins pour signifier ce qu’ils ne veulent pas, à savoir la guerre, le conflit, l’insécurité. La paix se fait à tous les niveaux, à commencer par l’entourage, les amis, la famille, le quartier, le village, la ville. Les jeunes, plutôt que de suivre ceux qui sèment le désordre, doivent faire tout leur possible pour pacifier et fédérer les forces positives. C’est leur avenir qui est en jeu.

6-Quelles sont, selon toi, les principales qualités que les jeunes Centrafricains doivent acquérir pour faire face aux défis qui les entourent?
DM:
Sont de mise, à mon avis, lucidité et de discernement ouverture d’esprit, humilité, discipline et détermination. Les jeunes ont hérité de mauvaises valeurs dans un univers marqué d’une gabegie arrogante. Leur perspective d’avenir ne doit pas se limiter aux deux options « traditionnelles »: devenir président ou se sortir du bled ! Ils doivent comprendre que ce sont eux qui dessinent l’avenir, le leur, celui de leurs enfants et que c’est par le travail et les forces conjuguées de tous qu’ils pourront contribuer à faire rentrer la RCA, qui en offre, somme toute, toutes les possibilités, dans le concert des nations.

7-Récemment, tu as séjourné à Bangui. Dans quel état d’esprit ton séjour s’est passé ? Que retiens-tu de ce voyage?

DM: C’était mon premier séjour depuis les évènements qui ont frappé le pays. Je savais que je ne retrouverais pas le Bangui que j’avais laissé en janvier 2012. Ce séjour m’a permis de prendre la pleine mesure de la situation, humanitaire, sécuritaire et des problèmes qui minent le quotidien d’une population fatiguée, matériellement et moralement épuisée et prise au piège par les belligérants et les bandits. Le pays est à plat, tout est à refaire, ou plutôt tout est à faire, à faire idéalement autrement ! J’éprouve une immense considération pour toutes les âmes vaillantes qui n’ont pas baissé les bras, ont trouvé la force de repartir de rien, font des projets et croient en l’avenir.

8-Ton passage à Bangui t’a permis de réaliser une grande action, celle de pouvoir s’unir avec des volontaires pour reconstruire la mosquée de Lakouanga, comment est apparue cette idée? Quels en sont les initiateurs? Quel message voulez-vous faire passer à travers ce projet qui va dans le sens de la réconciliation?

DM : Etant à 6000 km de la RCA, j’étais lasse de parler de la souffrance des Centrafricains et ai lancé un appel aux dons dans le but de mener une action pour aider. Parallèlement, j’interrogeais les compatriotes basés en Centrafrique qui étaient, à mon sens, les mieux placés pour savoir quel type d’action mener. L’écho est venu d’un habitant du quartier Lakouanga, Christian Ndotah, avec plusieurs propositions, dont la rénovation de la mosquée de Lakouanga, qui lui tenait à cœur. Cette action-là a retenu mon attention car elle allait véritablement dans le sens d’une recherche de la cohésion sociale. Je vois trois messages à travers ce projet : le premier, c’est de rappeler que musulmans et chrétiens, tous prient un même Dieu et que la religion qui n’est pas à l’origine des conflits ne doit pas être utilisée pour les aggraver. Toutes les communautés, musulmans, chrétiens, animistes, tous ont leur place dans la société, dans le pays. Le second, c’est qu’au lieu de demander que la paix revienne, c’est à nous, à chacun d’AGIR pour la faire ! Quand on veut la paix, il faut en tout cas que l’un fasse un pas vers l’autre. Sans cela, comme nous l’observons depuis des mois, la situation stagne et dégénère. Enfin, c’est aussi un message d’espoir : quel que soit l’état désastreux d’un pays, d’un édifice, d’une mosquée, rien n’est impossible à reconstruire pour autant que les Hommes en aient la ferme volonté et se rassemblent autour d’un même projet.

9-Parles-nous un peu de tes projets, à court, moyen et long termes?

DM: Dans l’immédiat, je finalise un ouvrage sur la cuisine centrafricaine qui sera publié prochainement.

D’autre part, je travaille sur l’organisation d’un festival de musique et des arts de la parole « Sîrîrî na bê » pour contribuer à une sensibilisation sur la paix, contre le racisme et toute forme de discrimination. Si tout se passe bien, il se tiendra à Bangui avant la fin de l’année.
A moyen et long terme, l’association Sängö que je préside souhaite créer un centre socio-éducatif, d’abord à Bangui, puis plus tard un autre dans le Mbomou quand la sécurité permettra.

10- Pour toi, une Nouvelle Centrafrique où la paix est acquise, le développement une préoccupation de tous et l’unité acceptée par tous, est-ce possible?

DM: Bien sûr que c’est possible ! Certes, on ne refera ni le monde, ni l’Histoire, mais comme dans tous les rapports de force, il y a moyen d’ajuster des paramètres pour rétablir des conditions plus équitables pour les différentes parties. Cela s’applique non seulement entre la RCA et les puissances étrangères, notamment la France, mais aussi au rapport entre les dirigeants et le peuple. La paix n’est jamais acquise, elle doit toujours être entretenue. C’est une mission éminemment politique. Au lieu de diviser pour mieux régner, les dirigeants, qui sont jusqu’à présent les seuls à bien manger, doivent enfin œuvrer pour le bien-être de la population, réduire au maximum les injustices sources de convoitise et hostilités, éduquer, conscientiser. Il n’est aucun pays au monde qui soit peuplé uniquement d’une population autochtone. Le Centrafrique est un pays dont la population s’est constituée de différents migrants au fil des siècles et il n’appartient pas plus à une ethnie qu’à une autre. Nous devons ouvrir nos esprits et nous resituer dans un univers où la diversité (ethnique, culturelle, confessionnelle) est une richesse et où seules la paix et l’unité procurent la force motrice indispensable au développement.

République centrafricaine(Crédit photo: RJDH-RCA)

Centrafricains, évitons de tomber dans les mêmes erreurs !

La République centrafricaine ne cesse de faire parler d’elle. Entre une transition nonchalante, un forum de réconciliation qui est censé mettre fin à la division et des élections prévues en juin 2015, les Centrafricains vont-ils réécrire la page d’une nouvelle histoire ? Sous la pression de la tenue du forum de réconciliation censé se tenir du 27 avril au 2 mai et des élections dont le premier tour est prévu en mi-juin, la transition réussira-t-elle son pari pour ramener la paix et la cohésion sociale?

Difficile de dire que tout se passera bien tellement les défis sont importants. Les consultations à la base qui se sont déroulées aux mois de février et mars dans les sous-préfectures de la Centrafrique et les pays voisins où vivent les réfugiés centrafricains ont certes montré la volonté de tout le peuple centrafricain à tourner la page. Les recommandations qui ont été faites par les différentes couches sociales sont légion. De la sécurité comme condition sine qua non pour un retour à la normale, au problème de développement des régions, à l’exclusion sociale, la lutte contre la pauvreté, la mauvaise gouvernance et la corruption sont entre autres des idées revenues plusieurs fois parmi lesdites recommandations.

Mettre les victimes au centre des préoccupations

Mais, les Centrafricains doivent avoir à l’esprit les causes profondes de notre tragédie. Le forum de réconciliation qui se tiendra dans quelques jours ne doit pas se reposer sur le même schéma que les précédents. Nous avons vu comment se sont déroulées ces assises dans le passé, une tribune offerte aux bourreaux pour remuer le couteau dans les plais des victimes et se blanchir de leurs crimes. Les victimes doivent être au centre des débats, leurs préoccupations doivent être l’épicentre des discussions. Au lieu de laisser les politiques parler de leur projet d’accéder au pouvoir en soudoyant la population avec des propos mielleux, l’occasion doit être offerte aux victimes de s’exprimer.

Lutter contre l’impunité

Par-dessus tout, l’impunité doit être combattue. Les responsables des atrocités et ceux qui ont appuyé de quelque façon que ce soit les belligérants dans leur entreprise doivent être poursuivis par la justice. La justice doit être un instrument au centre de cet important rendez-vous. Car l’une des causes des troubles que nous avons subies est l’injustice. La plupart des victimes ne font plus confiance à la justice de leur pays qui n’appartient qu’aux riches et ceux qui sont puissants. Même les coupables deviennent des victimes, une justice à deux poids, deux mesures.

Poser les bases d’une nouvelle armée républicaine

L’armée centrafricaine (F.A.C.A ou Force des armées centrafricaines) y est pour beaucoup dans la profonde crise que traverse la RCA. Le recrutement dans l’armée s’est effectué sur le clanisme et l’ethnisme. Au lieu de recruter à base de l’intégrité, du courage et de la bravoure … c’est l’aspect partisan qui s’est imposé. Même des personnes de moralité douteuse dont des voleurs et autres bandits se sont retrouvés dans cette importante institution qui devrait garantir l’intégrité des personnes et biens ainsi que garantir l’intégrité territoriale. Des discussions approfondies doivent être menées avec l’aide des pays amis afin de définir la forme et les critères de recrutement dans l’armée.

Organiser des élections démocratiques, transparentes et équitables

Les futures élections en Centrafrique seront déterminantes. Elles sont d’autant plus importantes qu’elles doivent permettre le retour à l’ordre constitutionnel. Il conviendra de désigner des choix des hommes politiques qui doivent se démarquer des autres régimes en relançant l’économie, la santé, l’éducation… Les chantiers sont nombreux. Mais ce choix de ces hommes et femmes ne doit pas se faire comme à l’accoutumée en se basant sur les ethnies, l’argent… Il faut que le peuple tire des leçons de ce qui s’est passé en faisant un choix utile qui permette de sortir ce pays de l’ornière.

Alors la transition a un rôle important à jouer pour aider le peuple à prendre le chemin de son destin. La présidente et les membres de transition doivent tout mettre en œuvre pour réussir ce pari. Mais la réussite de ce dernier passe par la volonté des Centrafricains à prendre conscience et à prendre un autre chemin que celui de la division, de la haine, de la destruction, de la violence… Nous devons tous choisir la paix, la cohésion sociale, la fraternité, le développement de notre cher et beau pays la Centrafrique.

Baba Mahamat, lors de la conférence Fin4Ag à Nairobi, au Kenya le 17 juillet 2014

« Le changement, c’est nous et c’est maintenant », Baba Mahamat jeune centrafricain vivant au Cameroun

Nous avons l’honneur de recevoir Baba MAHAMAT, jeune centrafricain de confession musulmane vivant au Cameroun et activiste des Droits de l’Homme.

1 – Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots?
Je suis Baba Mahamat, jeune centrafricain, titulaire d’un diplôme de Master en Réseaux informatiques&Sécurité, membre de plusieurs associations de jeunes dont le Club RFI Bangui Fononon qui m’a formé, le Réseau des Jeunes de l’Afrique centrale pour les Droits de l’homme, Paix et Démocratie. J’ai été chargé de cours à l’université de Bangui de 2010 à 2011 avant de regagner Douala la capitale économique du Cameroun pour mon Master. J’occupe depuis peu le poste de Responsable d’Exploitation au sein d’une entreprise basée à Douala après 8 mois comme assistant-IT. Je suis enfin Social Reporter (couverture en ligne et sur-site des conférences, formations et grands événements sur les réseaux sociaux) et blogueur à Mondoblog (depuis septembre 2012) et à La Voix des Jeunes (depuis Juin 2014).

2 – Depuis quand as-tu connu l’UASCA et quels souvenirs gardes-tu de cette association?
L’Union des Anciens Séminaristes Carmes en abrégée UASCA est une association à but non-lucratif que j’ai découverte depuis plusieurs années à travers un collègue devenu ami, et très vite un frère, en la personne de Cédric Ouanekponé qui fut son Président. Mais faut-il rappeler que ma proximité d’avec la plus part des membres de ladite union est antérieure à sa naissance et ce, grâce aussi à Cédric Ouanekponé. Je garde de très beaux souvenirs de l’UASCA, des souvenirs que je ne suis pas prêt d’oublier. J’ai surtout en mémoire des souvenirs inoubliables du partage lors de la session de formation d’initiation en Informatique, organisée par le Bureau de l’UASCA sous l’impulsion de son Président de l’époque Cédric Ouanekponé et dont j’ai eu le privilège d’animer. Je me souviens comme si c’était hier de l’engouement de ces jeunes à apprendre plus et à maitriser les rouages de l’informatique. J’ai été exalté par ce sentiment de me retrouver en face des gens avec qui nous partageons la même vision, celle d’une jeunesse forte et entreprenante.

3 – Depuis quand es-tu à l’étranger et pourquoi ?
Je vis au Douala depuis fin septembre 2011 avec des séjours ponctuels à l’étranger (Casablanca, Dakar, Abidjan, Brazzaville, Nairobi…) y compris à Bangui. Au début, j’ai déposé mes valises pour les études supérieures et après deux années, j’ai validé mon titre  de Master of Engineering en Réseaux Informatiques&Sécurité le 04 décembre 2013. Je devrais rentrer au pays le 15 du même mois, afin d’apporter mon expertise à mon pays et continuer avec ma vocation d’enseignant à l’Institut Supérieur de Technologie.  Mais les événements de décembre 2013 m’ont contraint à prolonger mon séjour à Douala, du moins pour quelque temps. Les choses étaient de plus en plus compliquées, la situation qui était difficile car ayant subi les tristes événements du putsch du 24 mars, est devenue intenable, insoutenable. Ma famille et moi, sans oublier le sage conseil des amis, avons décidé que je reste encore pour quelque temps à cause de mon appartenance religieuse. Je me suis battu et après plusieurs entretiens, j’ai pu être embauché dans une entreprise de la place. Mais le désir de retourner en Centrafrique se nourrit en moi chaque jour, et je n’exclus pas qu’avant fin 2015, je reviendrais dans mon pays natal.

4 – Quelles sont tes perspectives d’avenir ? (comment te vois-tu dans 10 ans par exemple?)
Je nourris le projet d’aller continuer en Master Recherche et de m’orienter vers le doctorat. Je suis encore jeune et je pense qu’être jeune est une chance qu’il faut exploiter. Notre pays n’a pas docteurs en Informatique et ce domaine reste inconnu. Il y a tellement de possibilités qu’offre l’informatique, et la RCA doit les exploiter comme les autres pays tels le Sénégal, le Kenya, le Ghana, l’Afrique du Sud, et que sais-je encore. Je reste convaincu qu’avec l’informatique, nous parviendrons à renverser la tendance et à redynamiser la société centrafricaine. Je voudrais me voir dans 10 ans comme Patron d’une entreprise que je voudrais créer et qui aura non seulement une dimension nationale mais aussi des filiales au delà des frontières centrafricaines. C’est un rêve auquel je tiens beaucoup.
 
5- Quelles leçons tirées  de la crise centrafricaine et quelles sont selon toi  les éventuelles pistes de solutions?
La crise centrafricaine a ébranlé tout un système en le mettant en cause. Cette crise, qui n’a pas commencé qu’en 2012 a montré la faiblesse des centrafricains que nous sommes en mettant en exergue les maux de notre société, des maux que nous avons expressément voulu ignorer et qui ont éclaté. On ne cache jamais la fumée. Nous avons vécu dans un système où rien ne marchait. Nous devons maintenant prendre conscience de toutes les erreurs que nous avons commises dans le passé et le présent. Nous devons nous dire tous qu’il est temps que tout cela s’arrête et que nous apprenons une nouvelle forme de vie. Nous devons nous approprier le mot patriotisme et nous dire que c’est à nous de construire notre pays et assurer notre survie. Comme piste de solution, je pense que le prochain Forum de réconciliation doit mettre l’accent sur les problèmes rencontrés par la population toute entière (y compris nos frères et sœurs qui se trouvent dans les provinces) en laissant toutes les couches sociales s’exprimer. Ce forum ne doit pas être une énième opportunité offerte (il y a eu assez déjà dans le passé) aux hommes politiques pour s’accaparer des postes et oublier que le veritable enjeu de ces assises est de pouvoir réconcilier le peuple centrafricain.

6- Fervent musulman que tu es, que penses-tu de ceux qui affirment que le conflit centrafricain est interconfessionnel?
Dire que l’origine de la crise centrafricaine est religieuse, c’est méconnaitre la cause profonde de cette crise. La crise a été « confessionalisée » par certaines personnes pour des raisons que, seuls les responsables peuvent expliquer. Nous avons assisté, impuissants à un conflit politique. La division intercommunautaire n’est qu’une conséquence, pas une cause. Nous avons vu comment les différentes religions trouvaient leur place dans ce pays même s’il ne faut pas ignorer la souffrance qu’enduraient certains compatriotes musulmans qui sont traités d’étrangers alors qu’ils devraient bénéficier des mêmes droits que les autres. Cependant, ce n’est aucunement une raison suffisante pour prétendre mettre en mal la cohésion entre des voisins qui vivaient, riaient, chantaient, buvaient, mangeaient hier ensemble. Nous avons toujours la possibilité de choisir la bonne action et de réfuter la violence. Nous ne sommes pas nés avec la violence mais nous apprenons à être violents. Et si nous apprenons à être violents pourquoi pas ne pas apprendre la non-violence? Aucune religion au monde, ni l’Islam, ni le Christianisme n’enseigne la violence ou la haine à ses adeptes.

7- En Centrafrique, les consultations à la base sont en cours dans l’attente du fameux forum de Bangui. En tant que jeune centrafricain,  quelle lecture fais-tu de tout cela et quelles sont tes attentes?
Je voudrais en tant que centrafricain et partisan de la paix saluer cette noble idée de pouvoir convier les centrafricains de toutes les couches à se parler afin d’identifier les causes profondes du mal centrafricain, y mettre un trait définitif en proposant des pistes de solutions. Les consultations à la base doivent être une opportunité unique de pouvoir parler de ce qui nous unit tous : notre pays. C’est aussi le moment à jamais de pouvoir dire la vérité sur pourquoi sommes-nous arrivés à cette tragédie afin d’y mettre fin. Les assises qui suivront doivent nous permettre de décider unanimement de tourner la page et d’apprendre de revivre ensemble en corrigeant nos erreurs du passé. Il est certes difficile d’arriver à mettre un trait au passé mais si nous avons chacun, en son fort intérieur la volonté, nous y parviendrons à coup sur.  La paix en Centrafrique est conditionnée par une prise de conscience individuelle puis collective des centrafricains. La paix ne doit pas être un vain mot, il doit être le reflet de notre comportement, une logique de notre réflexion, une manifestation de notre désir.

8 – La jeunesse centrafricaine a souvent été peinte en noir dans cette crise, partage-tu ce point de vue ? A ton avis quelle place doit occuper cette jeunesse dans le processus de cette sortie de crise dans notre pays ?
La République centrafricaine à l’instar des autres pays d’Afrique dispose d’une énorme potentialité : celle d’avoir plus de jeunes que de vieillards. Mais la jeunesse est semblable à une pièce de monnaie c’est-à-dire dotée d’une double face. Elle est capable du meilleur comme du pire. Nous avons malheureusement tous échoués en tant que jeunes en montrant nos limites pendant cette crise.  Notre jeunesse a besoin d’être véritablement encadrée, soutenue afin d’apporter sa meilleure contribution pour l’épanouissement de notre société. Pendant très longtemps, la jeunesse centrafricaine a été instrumentalisée à des fins négatives. Elle a perdu sa véritable vocation et le chemin qu’elle devrait emprunter. Elle avait besoin des idoles, des leaders sur lesquels s’appuyer, des exemples à suivre. Nous ne sommes pas encore assez solidaires. Parmi nous, il y en a encore qui utilisent l’argument de l’engagement pour leurs ambitions personnelles. Une attitude qui laisse la porte ouverte à la manipulation des « politiques ». Mais j’ai foi en cette jeunesse malgré tout, je sais qu’il y a certains, qui se battent nuit et jours comme vous d’ailleurs de l’UASCA à travers des projets ambitieux pour faire changer le visage de la jeunesse. Il nous faut une forte mobilisation et des actions concrètes en faveur de cette jeunesse dans le domaine de l’éducation, la santé, … Il nous faut une jeunesse engagée et entreprenante. Mais nous pouvons y arriver que si nous sommes unis car ensemble nous sommes plus forts.
 
9-Quelle est ta vision de la vie ? (Question personnelle du cousin)
J’ai toujours considéré la vie comme étant une chance. A travers la vie, on peut faire des choses inimaginables comme réunir les gens autour d’un projet important, aider les gens qui en ont besoin, faire des choses que certains peuvent trouver impossibles en utilisant ses potentialités. Je pense que tant qu’on vit, on doit toujours foncer et aller de l’avant, avoir un œil ouvert sur le présent mais regarder l’avenir. Pour moi, chaque jour qui passe nous amène à s’approcher davantage de notre rêve lorsque nous y tenons et que nous faisons des efforts dans ce sens. Il faut saisir toutes les opportunités qui s’offrent à nous, chaque jour que Dieu a créé.

10 – As-tu quelque chose de particulier à ajouter (ta conclusion)?
Je ne cesse de le répéter : être jeune est une chance que nous devons saisir. Nous avons pleine d’énergie et de potentialité, il nous faut y mettre un peu de volonté et nous pouvons faire changer le visage de notre société. Nous devons être unis afin d’être plus forts. Nous devons chercher à aller là où nos grands-parents et nos parents ne sont pas arrivés. Nous devons faire nôtre cet adage qui dit «Malheur à celui qui ne fait pas plus que son père ou sa mère». Nous sommes jeunes alors nous devons être l’émanation du changement. Ce dernier, c’est nous et c’est maintenant.

François Bozize et Michel Djotodia, els deux antagonistes de la crise centrafricaine.

Janvier, mois record des accords pour la Centrafrique

On se souvient encore si c’était hier. Les Centrafricains viennent (encore ?) ce soir d’être informés pour la énième fois qu’un accord dit de cessation d’hostilité vient d’être signé entre les deux principaux acteurs de la crise centrafricaine : François Bozizé renversé le 24 mars 2013 lors d’un putsch par Michel Djotodjia éjecté de la magistrature suprême par les accords de Ndjamena en janvier 2014.

Le 11 janvier 2013, les Centrafricains ont salué dans l’unanimité les accords de Brazzaville mettant fin aux hostilités entre les troupes de Michel Djotodjia issues de la mouvance Seleka et le pouvoir de Bangui commandé alors par l’ancien président François Bozizé. Ce dernier, contraint par ses pairs de la sous-région Cémac et aussi par l’avancée fulgurante des rebelles Seleka a signé signer lesdits accords de Brazzaville du 11 janvier 2013. Accords qui ont accouché d’une souris, et Bangui changera d’homme fort le 24 mars 2013. Ce changement quoique, voulu par la majorité de Centrafricains a très vite été regretté par la population exacerbée par le lot de malheurs qu’elle subit quotidiennement depuis l’accession au pouvoir de la Seleka.

Assassinat, viol, pillage à grande échelle, kidnapping, torture, menaces… ont été le quotidien du Centrafricain. Une situation qui a donné raison à François Bozizé, qui affirmait avec forcequ’il restait l’unique président légitimement élu par les Centrafricains et que la Seleka n’était constituée que de mercenaires venus des pays voisins, dont le Tchad et le Soudan pour islamiser les Centrafricains. Plus de dix mois après, Michel Djotodjia n’a pas pu faire asseoir son autorité afin de ramener la paix. Il clamera qu’il ne peut contrôler que les hommes avec qui il était venu, mais pas ceux enrôlés lors de la prise de pouvoir qu’il accuse d’avoir créé ce désordre.

Début janvier 2014, lors du sommet de la CEEAC à Ndjamena, les membres du Conseil national de transition seront convoqués en urgence à Ndjamena pour une concertation dont l’ordre du jour n’était pas accessible. Très tard, ils seront convoqués à l’aéroport Bangui M’poko pour rejoindre un avion affrété à la dernière minute pour leur déplacement. Michel Djotodjia qui était déjà à Ndjamena ne savait pas que son sort était scellé. Son premier ministre de l’époque, Nicols Tiangay sera aussi éjecté. Pour apaiser la situation et sous le mécontentement de certains conseillers, il sera demandé aux membres du Conseil national d’élire un candidat en remplacement de Michel Djotodjia contraint à la démission pour l’intérêt de la paix en Centrafrique. Ferdinand N’Guendet, qui est jusqu’à là, à l’ombre sera fait président de la transition conformément aux dispositions du code de la transition adopté par le Conseil national de la transition (CNT).

Le 21 janvier 2014, Catherine Samba sera élue chef de la transition par les membres du CNT, un choix salué par la plupart des Centrafricains et surtout par les acteurs en conflits à cause de sa neutralité. Très vite, elle épousera les vieilles pratiques des pouvoirs auxquels elle a succédé, et malgré la mise en place de plusieurs gouvernements de transition, elle ne sera pas à mesure de renverser la balance pour la paix en Centrafrique. Le démon qui hante la Centrafrique est loin d’être neutralisé !

Début janvier 2015, sous la demande du médiateur de la crise centrafricaine, en la personne de Denis Sassou Nguesso, président du Congo, une rencontre a été convoquée (sans informer les autorités centrafricaines ?) à Nairobi pour faire associer les deux principaux acteurs du chaos centrafricain. Un accord est signé à l’issue de ces tractations qui ont duré plusieurs jours dans la capitale kényane par les deux parties antagonistes. Selon RFI, un document de quinze pages a été concocté et les signataires (François Bozizé et des représentants de la milice anti-balaka et Michel Djotodjia et les représentants de la Seleka) ont tenu à dessiner les contours d’un processus de paix en Centrafrique. La mauvaise nouvelle dans tout cela est le fait que l’amnistie générale soit érigée en mode de règlement pour faire accepter cet accord par les parties signataires.

Au rythme où vont les choses, on ne sera pas surpris de voir une nouvelle équipe de transition succéder celle de Catherine Samba qui entretiendrait en ce moment  des relations glaciales avec son homologue et médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou Nguesso selon le Jeune Afrique, alors qu’il est le principal soutien de la transition en place.

Un exemplaire du journal Charlie Hebdo

La fusillade de Charlie Hebdo, un acte anti-islamique

Le monde entier et la presse subissent un choc sans égale depuis mercredi 7 janvier 2014. Une fusillade dans l’enceinte du journal Charlie Hebdo a occasionné la mort de douze personnes. Ce drame qui a plongé tous les médias de la France, d’Afrique et du monde dans le noir vient compléter la liste innombrable d’actes perpétrés par certaines personnes se croyant musulmans. Pourtant, l’islam est une religion de paix, d’amour et de tolérance. Nul ne peut ôter la vie à un être vivant, aucune religion au monde n’incite à la violence. Ni même l’islam. Au moment où le terrorisme a considérablement changé l’image des vrais croyants musulmans, faut-il le rappeler que la religion musulmane est l’une des religions au monde qui prescrit à ses adeptes d’être indulgents et de pratiquer la tolérance.

Je suis profondément touché par cet acte barbare et ignoble. C’est de l’imposture tout simplement, il faut savoir faire la part des choses. Il n’est nullement prescrit dans le Coran qu’il faut tuer pour le Prophète (Paix à son âme). Ces personnes méconnaissent l’Islam qui est une religion de tolérance, d’amour, de pardon et de paix. En tant que musulmans, nous devons montrer aux yeux du monde que nous mettons en pratique ce que notre religion nous prescrit. La liberté de presse est fondamentale. Partout dans le monde, elle doit être exercée sans que personne ne soit inquiété d’être victime de la barbarie. Nous devons tous, en tant que fidèles musulmans nous lever ç l’unissons, condamner ce qui s’est passé afin d’éviter d’amalgame et lutter efficacement contre le terrorisme et l’intégrisme.

J’ai été assez scandalisé par le fait que certains frères musulmans trouvent de la joie dans ce qui s’est passé à Charlie hebdo. En Palestine par exemple, certains habitants ont fait savoir leur soutien à l’acte qui a couté la vie aux 12 membres de la presse. Nous devons adopter un comportement de rejet envers tous ceux qui pensent que la violence est permise dans notre noble religion. Nous devons rejeter tous ces actes qui ont comme conséquence d’ôter la vie, ou de faire souffrir autrui à cause de notre conviction. Ne savons-nous pas que c’est à travers nos comportements que les autres vont juger notre conviction ? Moi, j’en ai marre de passer et d’être considéré comme un terroriste parce que je suis musulman. Nous avons hérité d’une belle religion mais nous devons nous démarquer de ces soi-disant musulmans qui salissent le nom de la religion islamique en perpétrant des crimes odieux. Car en refusant de contester ces faits ignobles, nous donnons la raison à ces fanatiques de continuer à tuer les innocents pour rien. Nous devons tous faire part de notre opposition à ces actes inhumains. Toute la communauté musulmane du monde doit se lever et combattre l’extrémisme et le terrorisme par tous les moyens.

Je suis musulman, je ne suis pas terroriste, je condamne la fusillade de Charlie Hebdo

François Bozize et Michel Djotodia, els deux antagonistes de la crise centrafricaine.

Au pays de paradoxes, les coupables deviennent des dieux

Devrais-je commencer par m’excuser auprès de mes fidèles lecteurs que vous êtes pour le silence qui s’est installé entre vous et moi, rassurez-vous, c’est la dernière chose au monde que je puisse vouloir. Et puis, les traditionnels vœux de Nouvel An sont d’actualités : santé, bonheur en abondance, réussite et fidélité dans la lecture des articles de ce blog sont autant de vœux pieux que j’exhorte le Bon Dieu à exhausser pour vous.

Le titre de cet article paraît banal. Mais il ne l’est pas. Oui, il s’agit bien d’un pays eu centre de l’Afrique colonisé comme les autres et ayant son indépendance il y a plus de 50 ans. Un pays qui malgré, sa richesse reste parmi les derniers à prendre son destin en main. Faudrait-il que j’affirme directement qu’il s’agit de la République centrafricaine. Dans ce pays, le paradoxe ne tue pas.

Bon, allons directement à l’essentiel. Récemment, les presses écrite et radiodiffusée tout comme le site lepays.bf ont annoncé une rencontre organisée à Nairobi entre les deux principaux ennemis, les deux hommes n’ayant dans leur tête que le pouvoir, les deux malheurs de la RCA. Oui, il s’agit bel et bien de ceux qui ont instauré le malheur dans ce pays jadis hospitalier. Selon des informations, François Bozizé et Michel Djotodia ont été invités  par le médiateur international de la RCA à des discussions pour une sortie de crise. Mais la question qui doit interpeller tout est :  comment peut-on penser que des gens qui ont dans leur tête un seul mot : le pouvoir, peuvent être des précurseurs de la réconciliation ? Comment comprendre que des gens qui ont œuvré corps et âme pour mettre le pays à sac à travers son lot de malheurs, viol, pillage, tuerie … peuvent être les principaux acteurs du dialogue ?

L’histoire nous apprend toujours que le bossu ne reconnaît pas sa bosse. Nous avons été au fond du gouffre et nous le sommes encore à cause de deux êtres qui vraisemblablement n’ont que le pouvoir comme principal projet. Alors, pourquoi s’évertuer à les associer alors que tous deux ont des projets funestes pour s’emparer du pouvoir qu’il considère tous deux comme légitimement acquis ? Non, sérieux, de qui se moque-t-on ? Du peuple centrafricain qui en a assez de pleurer les parents, proches, amis et connaissances ? De ce peuple meurtri qui en assez de la barbarie de la Seleka et des anti-balaka ? De ce peuple qui souffre dans sa chair à cause de la pauvreté criarde et le manque de moyens qui résulte de la crise ? De ce peuple qui se sent exclu de la réconciliation alors qu’il devrait au centre des préoccupations. De ce peuple martyrisé et oublié malgré les scènes de pillages les plus atroces dont il a été victime pendant plus de deux ans ?

Les autorités de transition doivent mettre tout en œuvre pour que la population soit au centre de cette réconciliation. Le dialogue doit tenir compte des aspirations du peuple et non d’une minorité de dirigeants qui ont du sang dans les bras. L’impunité doit être combattue. Le dialogue oui, mais la justice d’abord. Tous ceux qui ont commis du tort au peuple doivent, sans exception rendre des comptes. Il s’agit là de la seule condition pour que la paix revienne définitivement dans ce pays aubanguien.