Idriss Deby Itno, Président du Tchad

Lettre ouverte au Président Tchadien Idriss Deby Itno

Monsieur le Président de la République du Tchad,

J’ai tellement réfléchi et ma conscience m’a obligé à vous transmettre cette missive qui est le fruit de plusieurs jours voire des semaines de réflexion. Permettez-moi de passer par l’écrit car, excepté ce moyen je ne vois pas de quelle manière, un pauvre Centrafricain comme moi pourrait me faire entendre. Même si, d’emblée je sais qu’il y a moins de chance que vous me lisiez, je souhaite vivement qu’un de vos proches puisse lire mes pensées et qu’il vous en informe de son contenu. Monsieur le Président, le Tchad est un pays ami et frère avec la République Centrafricaine depuis des décennies déjà. Les liens de fraternité ont été entretenus depuis plusieurs années et personne ne peut le nier. J’ai eu la chance de visiter ce pays avec qui le nôtre partage des frontières entre autre à Gorée et à Sido. J’avais eu l’opportunité de visiter les villes telles que Sarh où j’y ai passé une partie de mon enfance à l’époque où ma mère travaillait encore pour le projet allemand GTZ, Moundou et N’Djamena. Continuer la lecture

La revue de la presse africaine du 17 au 24 février 2013

Loin de moi l’idée de me substituer au journaliste de la RFI Pierre-Edouard Deldique, réalisateur de l’émission « Une semaine en Afrique » mais la semaine du 17 au 24 février 2013 a été marquée par d’énormes événements en Afrique dont je voudrais donner un résumé succincte. L’Afrique a été une fois de plus au cœur du média, que ce soit les radios, les télévisions, la presse écrite ou les journaux en ligne, tous sans exception ont publié des informations sur certains pays.

Et comme la charité bien ordonnée commence par moi-même, je débute cette revue de presse par la Centrafrique. L’actualité qui a fait la une est sans doute la suppression de deux émissions radio pro-Bozize qui a fait couler beaucoup d’encre. Cette décision découle de la conséquence directe de la nomination il y a quelques semaines de Christophe Gazambéti, un des portes paroles de la SELEKA, comme ministre de la Communication après la mise en place du Gouvernement d’Union Nationale (GUN). Les émissions concernées « Yé so é lingbi ti inga » et « Bango ndo ti Gbia ti Kodro » étaient animées par des proches du président Centrafricain François Bozizé dont le Directeur de la presse présidentielle. Dans ces émissions, il est fait l’éloge du chef de l’Etat et des actions présidentielles. Les réactions sont divisées entre les partisans du président centrafricain et ceux de l’opposition. Aussi, le cantonnement des rebelles de la SELEKA a été prévu par la Fomac et le gouvernement pour le dimanche 24 février, mais il a fait l’objet d’un report pour des raisons technique a martelé Christophe Gazam Betty.

Le mardi 19 février, 7 Français dont deux hommes, une femme et 4 enfants ont été enlevés par les éléments de la secte islamiste Boko Haram à l’extrême-Nord du Cameroun. En milieu de la semaine, une information a circulé faisant état de libération de ces otages, une information démentie quelques heures plus tard par le gouvernement camerounais et relayée par la France. On compte de nos jours, 15 français en otage tous en Afrique (en Sahel et au Nigeria).

Au Tchad, le contingent tchadien au Mali constitué de quelques 1800 soldats a subi un coup dur avec la perte de 13 soldats lors de violents affrontements contre les combattants du MUJAO, un des groupes terroristes les plus actifs au nord Mali. Des combats qui ont fait 65 morts côté terroristes et 23 soldats Tchadiens a assuré le Chef d’Etat Major Adjoint de l’Armée de Terre. Au nombre des soldats tués, figurerait Abdel Aziz Hassane Adam, le commandant des forces spéciales tchadiennes au Mali.

Autre actualité, c’est en République démocratique du Congo. Un accord a été signé à Adis Abeba, la capitale de l’Union Africaine en présence du Secrétaire général des Nations Unies Bank ki moon, de la présidente de l’Union et d’une dizaine de présidents des pays voisins à la RDC qui se sont engagés à ne pas soutenir des mouvements afin de déstabiliser l’est de la RDC. Parmi ces présidents, se trouvait le numéro 1 Rwandais Paul Kagamé, accusé par son voisin congolais de soutenir la rébellion du M23. On espère que la signature de cet accord permettra de ramener la paix définitivement à l’est de la RDC, région en proie aux mouvements rebelles.

En Guinée Équatoriale le 3e sommet Afrique-Amérique du Sud (ASA) s’est tenu du 21 au 22 février à Malobo en Guinée Equatoriale, regroupant une vingtaine de présidents Africains. Il faut rappeler que ce sommet sud-sud a commencé en 2006 permettant aux deux continents d’échanger sur la possibilité d’investissement et de favoriser les relations bilatérales. L’ASA regroupe 66 États, les 54 pays d’Afrique et 12 d’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Bolivie, Colombie, Chili, Équateur, Guyane, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela). Depuis sa création, les échanges économiques entre les deux continents ont bondi de 75% pour atteindre 39,4 milliards $ en 2011, selon les chiffres présentés par le Brésil, un des leaders du groupe. Cette donnée est non négligeable si l’on considère qu’en 2002, ce montant dépassait à peine 7 milliards $. En moins de 10 ans, ces échanges auront donc augmenté de 600%.

En Afrique du Sud, le célèbre athlète Oscar Pistorius accusé d’avoir tué sa femme avec une arme a été mis en libération après avoir payé une caution fixée à 85000 euros par le juge. Il sera à nouveau convoqué par contre le 4 juin prochain pour une nouvelle audience.

En Côte d’Ivoire, le 21 février dernier, l’ancien Président Laurent GBAGBO accusé de crime contre l’Humanité commis entre fin 2010 et début 2011 en Côte d’Ivoire a été présenté en audience de confirmation des charges devant la Procureur de la CPI Fatou Bensouda. Chaque camp dispose de 10 jours pour pouvoir donner des preuves et défendre ont rejetés les accusations. A la fin de cette audience de confirmation des charges les juges auront deux mois pour se prononcer et ainsi donner, ou non, leur feu vert à un procès Gbagbo. L’enjeu est évidemment énorme pour Laurent Gbagbo lui-même, mais aussi pour le Bureau du Procureur.

Au Sénégal, le procès de l’ancien Président Tchadien Hissène Habré commencera bientôt avec le démarrage des activités du tribunal en charge de fixer le sort de cet ancien dictateur. Cet ancien président est accusé d’avoir fait torturer et disparaitre de milliers de Tchadiens pendant son régime (1982 et 1990). L’organisation Human Rights Watch (HRW) a découvert en 2001 les noms de 1 200 personnes exécutées ou décédées en détention et de 12 000 victimes de violations des droits humains et notamment de torture.

Mes chers frères Maliens,…

Je tiens tout d’abord à m’excuser pour le retard pris dans la publication de ce billet en guise de soutien dans la guère que vous menez pour la libération d’une partie de votre territoire conquis par les islamistes des groupes terroristes MNLA, Ansar Dine, Mujao, Aqmi. Mais sachez aussi que j’ai toujours eu au fond de mon cœur, ce soutien pour vous, depuis le commencement de l’occupation pour avoir été l’un des partisans d’une intervention militaire afin de déloger illico presto ces personnes, hors la loi qui se croient détentrices d’une mission divine notamment l’application de la Charia ‘a. C’est une forme de colonisation si on se réfère à la citation d’un célèbre auteur Malien, paix à son âme -que je n’ai cessé de lire ses ouvrages- Massa Makan Diabaté, « la colonisation, c’est maintenir quelqu’un en vie, pour boire son sang goûte à goûte ». C’est à cela qu’on peut considérer les terroristes !

J’ai suivi de très près, les événements qui se sont succédés sur la situation de votre pays et l’intervention militaire qui n’a fait que duré pour des raisons que chaque organisation impliquée veut s’en accaparée. Je n’ai pas intervenu à temps dans la rédaction de ce billet car il y avait du feu chez moi, et il fallait que je m’y atèle pour contribuer afin de l’éteindre : le patriotisme oblige. Mon pays la République Centrafricaine a connu des moments tristes de son histoire avec des crises politico-militaires qui nous ont infligés des situations dramatiques inimaginables. Toutefois, je ne veux pas surseoir à cette belle proverbe dont je fais mienne «Quand il y a du feu chez ton voisin, aide-le à l’éteindre car tu ne sais pas si tu seras le prochain». Certes, le feu n’est pas totalement éteint chez moi, mais avec une fois de plus un accord de paix signé à Libreville le 11 janvier dernier et le partage u pouvoir, je continue à croire que tout ira bien !

La guère que vous menez aujourd’hui est une guère de libération car de milliers de personnes ont souffert et continuent de souffrir  au Nord du Mali à cause des différentes sévices imposées par ces terroristes qui souvent violent les femmes en groupe, décapitent, torturent, pillent…, avec comme cibles de pauvres habitants qui ne savent à quel saint se vouer. Faire cette guère, en plus d’une obligation, est une nécessité pour le peuple malien tout entier mais également pour l’Afrique et le monde qui risquent de sombrer dans la désolation si le terrorisme venait à gagner. Que Dieu nous en préserve ! D’aucuns se leurrent en comparant la situation centrafricaine à celle que vous traversez actuellement, c’est mal analyser les deux cas de figures qui sont diamétralement opposés.

Je suis Musulman croyant et pratiquant et selon le Saint Coran et le Prophète Mohamed (Paix et salut à son nom), l’Islam est une religion de tolérance, de pardon et d’amour. Une des meilleures religions au monde, les fanatiques se cachent derrière elle pour accomplir des actes barbares qui ne font qu’augmenter les pleurs de la population mondiale. Qu’ils soient chrétiens ou musulmans, les victimes du terrorisme se comptent par milliers et cela est contraire aux principes de l’islam. Aujourd’hui, nous avons des frères qui meurent en Iraq, en Afghanistan, au Pakistan, au Mali, … pour ne citer que ceux-là, et ce à cause des extrémistes qui n’ont pas de cœur et qui ne méritent pas d’être appelés des personnes pire encore des Musulmans. Même si certains Africains sont contre cette intervention, sachez que vous avez mon soutien indéfectible.  Inch Allah, nous gagnerons cette bataille, lourde de sacrifices.

Je rends hommage à tous ces vaillants soldats qui ont payé de leur vie, le prix de la libération. Je salue également les décisions de certains pays notamment la France qui a envoyé in extremis des troupes et bombardée la position des terroristes avec des frappes aériennes.  La décision du Président Idriss Deby Itno mérite d’être encouragée avec l’envoi de quelques 2000 hommes pour contribuer à reformer le Mali in extenso.

En de pareille circonstance, notre souhait à nous tous, est de vous voir unis à nouveau. Il faut privilège l’unité et rester souder autour du Président de la transition DIONCOUNDA Traoré et du Premier ministre pour faire de la rapide reprise des régions occupées votre mot d’ordre et anéantir les par la même occasion terroristes à jamais. Que Dieu vous vienne en aide dans la lutte que vous menez avec notamment les pays frères.

Sachez qu’en acceptant d’aller en guère vous avez décidé de compléter un chapitre de  l’histoire de votre peuple qui a déjà été écrite par beaucoup de griots et d’historiens Maliens. Cette guère dont les opposants ne se comptent que du bout de doigt n’est pas seulement un devoir de la CEDEAO, de l’UA, de l’ONU, de l’UE, de la France, des Etats-Unis et j’en passe, mais une logique dans la résolution d’une crise qui n’est pas régionale ni continentale car mondiale ; le terrorisme ne touche pas qu’une région ou un continent au détriment des autres mais c’tous les pays du monde sont concernés. Il est important que les synergies doivent être réorganisées pour faire de la bataille contre le terrorisme, une priorité.

Libre circulation en zone CEMAC, un projet ambitieux ou un rêve utopique ?

Au delà des problèmes particuliers que rencontre chaque citoyen lambda des pays de la zone CEMAC (Communauté Économique et Monétaire en Afrique Centrale), il faut ajouter le problème de libre circulation qui est un véritable défi à relever. Pour tous ceux qui voyagent dans cette sous-région de l’Afrique, les difficultés sont lésions. Peu importe, que ce soit par voie terrestre ou bien aérien, les tracasseries ne manquent jamais. Pour rappel, le16 mars 2012 a été célébrée, à Bangui qui abrite le siège de l’institution la journée de la CEMAC sous l’auspice de «libre circulation en zone CEMAC». 

Le vendredi  16 mars 2012 dernier, à Bangui, on célébrait la journée de la CEMAC, autour du thème: « Libre circulation en zone CEMAC ». Mais la question qui mérite d’être posé est à quand cette libre circulation? Difficile de trouver une réponse à celle-ci avec l’état des lieux actuel. Il y a quelques années, j’ai bénéficié d’un voyage pour le Tchad en vacances afin de visiter ce pays dont j’en fais aussi mien. Mais mon audace sera très vite déçue quand arrivé à la frontière, nous avons commencé à comprendre que ce voyage était une mauvaise idée. D’abord, c’est un poste de Police qui exigeait à tous les passagers exceptés les Tchadiens de passer faire la formalité-mot qui trouve son importance en Afrique centrale- et après, c’est au tour des gendarmes, ensuite des militaires.


Cependant, le pire est sans doute ce que j’avais subi en septembre 2011 quand je quittais Bangui pour Douala. Nous avons dû, en tant que non-Camerounais payer la somme de 2000 FCFA à chaque poste de contrôle en présentant nos passeports malgré le visa d’entrée payé à Gara Boulaï, la frontière. Le comble c’est aux frontières d’un côté à l’autre, malgré tous les papiers (ordre de mission, passeport, laissez-passer etc.), il faut débrousser de l’argent au  visa des laissez-passer et des passeports (1 000 Frs ou 2 000 Frs). A chaque barrière, des pourparlers sont au rendez-vous et le même cirque : des négoces et des glissements de billets de banque jusqu’à Douala. Pour contourner ces problèmes, certaines personnes s’arrangent à obtenir des cartes d’identité de plusieurs pays voisins. C’est surtout le cas des commerçants. C’est ainsi que j’appelle TCHACAMCA (TCHadien-CAMerounais-CentrAfricain) ceux qui sont devenus des citoyens dans les trois pays. Mais à malin, malin et demi : d’autres commerçants en l’occurrence ceux empruntant le plus souvent l’axe Centrafrique Cameroun trouvent refuge dans la collection des pièces de 500 FCFA en métal fabriquées localement à Bangui, en payant 100 FCFA au fabricant pour avoir 500 FCFA. Ces pièces vont les servir pour tromper la vigilance des policiers Camerounais.

 Mais, la situation est presque, identique pour les autres nationalités qui se rendent à Bangui. Un ami Camerounais me racontait son calvaire quand en 2005, sa famille décida de l’envoyer en Centrafrique pour la suite de ses études. Il a dû passer quelques jours à Bouar (une ville située à un peu plus de 400 Km de Bangui) pour attendre qu’on lui envoie un peu d’argent. Tout ce qu’il avait sur lui était épuisé à cause des contrôles des forces centrafricaines. Certains pays tels que le Gabon d’Ali Bongo Ondimba et la Guinée Equatoriale de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo se font remarquer par le durcissement de l’entrée des autres ressortissants de la CEMAC. Qui veut se rendre dans ces pays doit se munir d’un visa et s’acquitter des frais de la carte de séjour après son arrivée. Les deux pays sont loin d’accepter la libre circulation ne fut-ce que des personnes.

Passeport biométrique CEMAC, est-ce la fin de la souffrance des voyageurs ?

Lors d’un sommet de la CEMAC, il a été décidé de satisfaire aux exigences des normes internationales en ce qui concerne les cartes d’identité et le passeport biométrique. Un délai a été fixé pour qu’au plus tard 2010 la nouvelle norme concernant les passeports biométriques entre en vigueur. Mais ce n’est qu’en 2011 que la RCA a commencé à délivrer les passeports biométriques avec des restrictions jamais égalées. Il suffit de jeter un coup d’œil a cet article de notre confrère ASSANI Salim, sur son blog la coquette pour s’enquérir des problèmes liés à cette nouvelle norme.  Pour beaucoup de personnes, cet engagement politique permettra sans doute de régler le délicat problème de libre circulation des biens et des personnes comme dans l’espace CEDEAO. Mais ces personnes resteront bien sur leur soif. Après plusieurs grèves des transporteurs en République Centrafricaine, le Président Centrafricain prendra un décret décidant du démantèlement les barrières dites illégales. Ce décret a été appliqué à partir de fin juillet 2012. Un mois après ce décret, des changements ont été constatés.

Côté circulation des biens, selon une enquête du journal Jeune Afrique, publié par Cameroon Tribune , d’après le président de la BDEAC (Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale), le Centrafricain Anicet Georges Dologuélé, le transport de marchandises entre Douala et N’Djamena coûte six fois plus cher qu’entre Shanghai, en Chine, et le port de Douala. Il dure également deux fois plus longtemps, à savoir soixante jours, contre trente jours. En cause, l’état parfois désastreux des routes, les tracasseries policières, etc ;

Outre, on peut remarquer sans ambigüité qu’il se pose réellement un problème de volonté politique du coté des autorités des pays de la CEMAC. D’ailleurs, les mésententes intestines au sein même de l’institution n’est plus un secret de polichinelle. Même les Chefs des États entre eux, ont des différends qui ne facilitent guère la situation.

En ce qui concerne le transport aérien, il y a souvent des difficultés à trouver un vol direct entre les principales villes des pays membres de cette institution. Il faut espérer que la nouvelle compagnie AIR CEMAC qui devrait être opérationnelle depuis plusieurs mois, et qui finalement selon les dernières nouvelles prendra vol à partir de janvier 2013 apportera un soulagement aux nombreux voyageurs de cette sous-région.

Face à toux ces dilemmes, des efforts doivent être consentis de tous côtés, que ce soit les dirigeants politiques, les populations de l’espace CEMAC pour atteindre le niveau actuel de l’Afrique de l’Ouest dans la libre circulation des personnes.