Que veulent vraiment les Centrafricains ?

Cette question combien banale est celle qui devrait traverser l’esprit de tout observateur éclairé de la scène centrafricaine. Entre ce qu’ils font et ce qu’ils demandent, on a du mal à savoir vraiment ce que les Centrafricains veulent réellement. Ce billet veut soulever des questions pertinentes que chaque Centrafricain devrait se poser et retrace les dérives observées ces derniers temps lors des événements de fin septembre.

J’ai longtemps voulu intervenir à travers ce blog pour dénoncer la barbarie qui sévit dans mon pays. Même si parfois, je me lasse à dire à chaque fois la même chose, à crier haut que nous ne sommes pas seulement des victimes, mais aussi des acteurs de cette violence aveugle qui ne cesse d’endeuiller les familles centrafricaines. Je me suis résolu à croire que me taire me fera complice de tels événements d’une époque révolue.

Voilà, nous revenons à la case de départ. La mort d’un conducteur de moto-taxi de confession musulmane a mis de l’huile sur le feu et toute la capitale a rouvert sa porte au diable qui parcourt les quartiers de Bangui. Entre des revendications de démission de la chef de Transition, celle du départ du contingent de la Minusca et de la Sangaris (opération militaire de l’armée française) à l’appel à désarmer tous les groupes armés qui sévissent sur tout le territoire en maîtres absolus, la priorité devrait sans doute être le désarmement des groupes armés qui ne cessent de terroriser le peuple centrafricain dans sa globalité. Mais comment justifie-t-on ces tueries, surtout que d’aucuns croient comprendre que le peuple centrafricain est manipulé afin que la stratégie du chaos serve aux manipulateurs? Sommes-nous appelés à perpétuer le cycle de violence et à rejeter la paix? Pourquoi la tolérance et l’esprit pacifique ont quitté ce pays ? Un pays, dont Barthélémy Boganda a payé de sa vie pour qu’on en soit les héritiers légitimes ? Quel rôle doit jouer la jeunesse pour endiguer ces cycles de violence ? Mais toutes ces questions resteront sans doute sans réponse, puisque la question du pillage systématique interpelle toute la jeunesse qui brille par son incivisme.

Notre ennemi juré dans ce pays : la faim

Alors, vous parlez de revendication, de la démission de la présidente, du désarmement, et autres, pensez-vous que vous devriez piller pour en arriver à vos fins ? J’ai honte à chaque fois que la jeunesse est pointée de doigt comme principal acteur de pillage. Bon, vous pillez l’Acabef (l’Agence centrafricaine de bien-être familial) et vous pensez faire démissionner la présidente ? C’est elle qui bénéficie des services de cette agence ? Oubliez-vous que nos femmes s’y rendent pour la planification familiale ? Vous pillez le CPJ (Complexe scolaire du centre protestant de la jeunesse), c’est cela votre stratégie de pousser la Minusca à désarmer les milices ? Mais vous oubliez que le taux d’alphabétisation en Centrafrique est très faible que les lycées tels que le CPJ contribuent à endiguer ce problème d’analphabétisme.

Vous oubliez tous quel est notre ennemi juré dans ce pays : la faim. Et nous savons tous que l’ONG ACF (Action contre la faim) vient en aide à de milliers de compatriotes dans la lutte contre la faim. Mais, nous avons décidé de piller les locaux de cette ONG pour qu’elle suspende ses activités. Mais après, ne crions pas au chômage ni à la famine, car cette ONG risque de suspendre ses actions sur le terrain. Même chose pour le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) qui n’a pas été épargné.

Alors peuple centrafricain, que veux-tu au juste pour ton pays ? Veux-tu être partisan de la paix, du développement ou veux-tu continuer à être du côté de ceux qui détruisent inlassablement nos patrimoines communs en brillant par l’incivisme ? Quelle Centrafrique veux-tu léguer à tes descendants si, jusqu’à présent, tu continues à détruire tout ce qui reste de ton pays ? A qui la prise de conscience chez toi ? Tu as la dernière chance de montrer qui tu es vraiment. Tu as deux choses à choisir, soit être du côté de ceux qui détruisent la Centrafrique ou mieux encore être du côté de ceux qui veulent la bâtir en promouvant la paix, l’unité, la cohésion et le développement. Oui, il te faut choisir maintenant sinon ce sera trop tard.

Centrafrique : sur fond de violence, une crise humanitaire sans précédent se profile à l’horizon

Alors que la crise sécuritaire est loin d’être résolue, la République centrafricaine doit faire face à une crise humanitaire sans précédent. Les chiffres avancés par les organisations des onusiennes font froid au dos. En plus de milliers de personnes qui ont été contraintes de se réfugier dans les pays voisins notamment au Tchad, au Cameroun, à la République Démocratique du Congo et au Congo, à l’intérieur du pays, plus de 150 000 personnes sont obligées de quitter leur domicile après l’attaque du 05 décembre 2013 perpétrée par des éléments d’une milice appelée les Anti-balaka contre les éléments Seleka et la communauté musulmane. Ils se retrouvent par milliers à l’aéroport International Bangui M’poko, dans les structures religieuses, des écoles pour échapper aux représailles des éléments de l’ex-Seleka et des milices Anti-balaka.

Continuer la lecture

Centrafrique : il fallait une intervention française

La tragédie centrafricaine est sortie du silence depuis que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution pour soutenir Bangui, fin septembre. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la présidence est assurée depuis décembre par la France, a ainsi voté la résolution 2127 pour soutenir la force MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) et pour autoriser la France à intervenir en Centrafrique. Au même moment, des Centrafricains mal intentionnés, assoiffés de pouvoir et n’ayant aucun respect pour la dignité humaine ont frappé de plein fouet Bangui. Il a fallu attendre encore quelques heures pour que la résolution adoptée puisse permettre un début d’opérations afin de rétablir la sécurité dans le pays. Cette décision du Conseil de sécurité, favorablement accueillie par la population centrafricaine, s’explique par le fait que le nouveau régime, malgré d’innombrables discours, ne parvient pas  garantir la sûreté des personnes.

Continuer la lecture