La crise en RCA, des similitudes avec celle de sa voisine la RDC ?

L’année 2012 a été une année particulièrement difficile pour certains pays africains. A l’instar de la République Démocratique du Congo (RDC), la République Centrafricaine (RCA) n’a pas fini  2012 en beauté. Pourtant, personne ne voyait cette crise venir, même les militaires et les agents de renseignements centrafricains qui ont été estomaqués.

Véritable casse-tête pour les deux pouvoirs en place et les Présidents Joseph Kabila de la RDC et François Bozizé de la RCA, les crises qui secouent le Congo avec la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23, et avec la prise en moins de trois semaines des villes de Bria, Ouadda, Bambari, Grimari, Kaga Bandoro, Sibut par la coalition SELEKA (Alliance en sango)  en Centrafrique.

En RDC, la rébellion du M23 lourdement armée a pu prendre la ville de Goma sans trop d’obstacles. On a assisté à une armée impuissante, incapable de défendre l’intégrité territoriale. Cette rébellion a pu menacer le pouvoir de Kinshasa qui était obligé d’accepter le dialogue.

En RCA, le climat est tel qu’on peut remarquer aisément l’incapacité des Forces Armées Centrafricaines (FACA) à défendre la territoriale. Même scenario congolais, l’armée centrafricaine n’a fait qu’éviter les combats pour des raisons non-élucidées. Est-ce le problème de reformes de l’armée ? Ou bien la division de l’armée en plusieurs groupes et surtout le traitement exceptionnel de certains proches du pouvoir ?

Des deux crises, nous pouvons remarquer les similitudes suivantes:

– Accusation d’agressions externes notamment des voisins

En RDC, le Président Joseph KABILA a plusieurs accusé ses voisins le Rwanda et l’Ouganda de soutenir les rebelles. Ce que refusent d’entendre les Présidents Ougandais et Rwandais. En RCA, le Président François Bozizé a, lors de son premier discours public après la crise, pointé du doigt le soutien des rebelles de la SELEKA par des mains « invisibles ».  Cependant, si le régime de Kinshasa a pu indexer les pays qui cherchent à déstabiliser la RDC, celui de Bangui a du mal à faire pareil. Le président Centrafricain pouvait accuser également son homologue Tchadien d’avoir orchestré de toute pièce cette crise et d’armer les rebelles à cause de la tension entre les deux hommes après la dernière visite d’Idriss Deby à Bangui. Mais pour avoir intervenu en force d’interposition afin de barrer la route à l’avancée très probable des rebelles vers Bangui, le locataire du palais centrafricain de la Renaissance doit son régime aux forces Tchadiennes. C’est d’ailleurs ce qu’il n’a pas caché lors de son discours en remerciant son voisin Tchadien Idriss Deby pour l’avoir secouru.

Le point de départ de ces rébellions repose également sur un processus électoral raté et contesté ?

A vrai dire, on peut remarquer que les deux crises ont comme point commun les conditions dans lesquelles ont été élus les deux présidents. Si les rebelles de la SELEKA ont justifié la reprise des armes par le non-respect des accords de Birao en 2007 et les accords de paix de Libreville de 2008, tout porte à croise pour l’opposition que le point fort de cette crise reste et demeure l’épineux problème des élections groupées (présidentiel et législatif) de 2011. Certains partis politiques centrafricains avaient boycotté le deuxième tour du scrutin de janvier 2011 créant par la même occasion le FARE 2011(Front d’Annulation et de la Reprise des Élections de 2011. Ce front regroupant les principales forces vives de la nation, continue d’exiger la reprise des élections, condition sinequanone pour le retour à une stabilité politique. La même situation en RDC où le principal opposant Etienne TshisekediI a rejeté en bloc les résultats des élections car selon lui, entachés de fraudes. Depuis lors, on voit apparaître dans le paysage politique congolais, des signes d’un pays où peut apparaître à tout moment une crise politique.

-La mise en place d’une force d’interposition et l’organisation de dialogue par des organes sous-régionaux

Dans les deux pays, se trouvent actuellement des forces d’interposition qui ont pour mandat de faire respecter, par les deux parties une zone tampon et favoriser le dialogue, seule issue de sortie de crise. Les deux régimes sont obligés de « manger » la même sauce que les rebelles même si c’est dans des assiettes différentes. Dans les deux cas, nous avons une rébellion qui est plus forte que l’armée obligeant ainsi le pouvoir à des négociations. LA CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) dans le cas centrafricain et la CIRGL (Conférence Internationale des Régions des Grands Lacs) dans la situation congolaise, des instances sous-régionales qui sont tenues de faire respecter  les décisions et de créer un cadre de concertation favorisant ainsi les pourparlers entre les différentes parties prenantes.

-Des négociations qui s’annoncent très difficile

Puisqu’il s’agit de dialogue presque, imposé par les rebelles dans les deux cas, les discussions seront d’ores et déjà houleuses. C’est même ce que nous avons remarqué en décembre avec l’ouverture des pourparlers entre le pouvoir de Kinshasa et les rebelles du M23.Il est difficile que les revendications du M23 aboutissent. Il en a de même de la SELEKA qui exige que soit mis dans  l’ordre du jour comme principal point lors de l’ouverture du dialogue ce jour mardi 08 janvier 2013, la négociation sur les conditions de départ du président François Bozizé lequel ne veut pas entendre. Même si personne ne le souhaite, on risque d’avoir un dialogue qui va accoucher d’une souris dans les deux cas.

Si hier, c’était le tour de la RDC et aujourd’hui le tour de sa voisine la RCA, il faut coûte que coûte chercher à résoudre ces conflits qui risquent de s’envenimer et de ce point,  se propager dans l’espace de l’Afrique centrale. Le voisin Tchadien qui avait déjà subi l’invasion des rebelles en 2008 doit rester sur son qui-vive au risque d’être surpris à nouveau. Les jours à venir, nous édifieront davantage sur la suite des différents pourparlers que toute la communauté nationale et internationale attend de pied ferme, l’adoption des recommandations pour une rapide sortie de crise.

Eyesango

Des signes précurseurs d’un nouvel an pas comme les autres

Malgré l’envie inassouvie des Centrafricains à fêter, les fêtes de fin d’années ne seront pas comme les autres.  Jamais le Centrafricain aurait aimé passer la fête dans ces conditions. Pour cause, la crise qui prévaut au nord-est du pays notamment l’avancée des rebelles de la coalisions SELEKA qui ont déjà pris la plupart des villes de cette partie de la Centrafrique. Cette  qui a commencé sa lutte depuis le 10 décembre dernier ne cesse de surprendre la population et les FACA (Forces des Armées CentrAfricaines). Une situation qui peut se résumer en quelques points:

1-L’instauration du couvre feu dans la capitale Bangui

Jamais les Centrafricains ont passé le nouvel an avec les couvres feu. Une mesure qui vient s’opposer à l’aspect festif de cette période où on aime sortir jusqu’à tard, aller boire un coup, rendre visite aux parents. Le gouvernement a instauré ces couvres feu de 19 heures à 5 heures du matin. Des rumeurs circulent à Bangui sur la possible intrusion de certains éléments de la SELEKA qui se seraient déguisés de manière peu orthodoxe : fous, vendeurs ambulants, … Le discours du Président de la République François Bozizé qui a duré plus de trente minutes exhortant la population ainsi que la jeunesse centrafricaine à plus de vigilance a accru davantage la méfiance envers des personnes inconnues ou ayant des comportements « suspects ». Par exemple, le samedi 29 décembre, le premier jour de l’application du couvre feu, je revenais d’une visite amicale vers benz-vi, un quartier célèbre de Bangui. Je me souviens qu’il était 19 heures, j’ai décidé d’écourter ma visite à cause des rumeurs et des «les gens ont dits». A quelques mètres de chez moi, un jeune vraisemblablement étranger a été interpellé par deux éléments de la FACA. Celui-ci était vendeur ambulant de pain. On l’a fait subir un interrogatoire en sango, et ne sachant pas s’exprimer, ces deux éléments l’ont accompagné manu militari dans une direction que j’ignore. Ce n’est qu’après qu’un jeune de mon quartier me disait qu’il s’agirait d’un Congolais connu du quartier. Outre, on peut remarquer à Bangui aux heures de couvre-feu, la mise en place de dispositif d’autodéfense des jeunes avec des check points un peu partout sur les avenues bitumées à environs chaque 500 mètres.

2- Le manque de clients dans les kermesses

Depuis le début des événements et surtout avec la prise de la ville de Bambari, les kermesses lieu des habitués de la viva sont restées désertes. D’abord, on redoute une possible attaque des rebelles et surtout leur entrée à Bangui. Personne ne voudrait être surpris ailleurs que chez lui si une telle chose devrait se produire. Les stands et leurs propriétaires ont fait leur plus faible recette. D’ici et là, on voit quelques accrocs qui se donnent rendez-vous pour partager une à deux bouteilles, difficilement au delà. Les nourritures préparées pour la vente sont souvent remises à la fermeture des stands au réfrigérateur pour le lendemain. Ce qui peut se faire même pendant plusieurs nuits. Face à cette situation, quelques propriétaires de stands ont décidé de quitter les lieux surtout avec l’instauration du couvre feu.

3- L’austérité des poches

Les poches de la plupart des centrafricains subissent une austérité sans précédent. Le constant est amer ; on peut le remarquer à la veille de la fête de Noël. Les parents payent très peu de jouets à leurs. Les habitants de Bangui qui sont habitués à dépenser énormément pendant les périodes de fêtes de fin d’années ont inscrit la période actuelle à l’exception à la règle. On dépense très peu sinon pratiquement pas car on ne sait pas ce qui peut arriver ce soir ou demain. Tout le monde est sur son qui vive. Certains ont même commencé à faire leur réserve au cas où la situation perdure. Car il faut savoir qu’en Centrafrique, de tel conflit apporte beaucoup de profit aux commerçants qui tirent les ficelles en augmentant sans cesse le prix des produits, n’ayant même pas pitié des pauvres personnes. On mange que des plats ordinaires comme le coco assaisonné avec un peu de poisson fumée ou des crevettes sans oublier «les morts vivants», une sorte de poissons très petits ne devant pas être péchés.

4- L’observation d’une période de prière par tout le monde et la fermeture des bars

Depuis quelques années, le Président de la république a instauré trois jours de prières chaque année du 29 au 31 décembre. Pendant ces moments de jeûne, tous les bars et bistrots doivent être fermés et quiconque n’obéissant pas à ce principe encoure des sanctions. Le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisions a été désigné pour annoncer et faire respecter cette période pendant laquelle toute la population est censée prier pour la paix dans le pays. Cette année, le répression à ceux qui désobéissent à la fermeture des bars a particulièrement exceptionnelle compte tenu des tensions relatives à l’avancée de la SELEKA. Mais il faut savoir que le Centrafricain, accroc à la boisson trouve toujours une manière pour contourner la règle. C’est ce qu’on peut remarquer avec certaines buvettes se trouvant dans les quartiers.

5-La visite du président en exercice de l’Union Africain

Le président Béninois Boni Yayi, également président en exercice de l’Union Africaine était à Bangui le 30 décembre dans l’après midi en visite éclaire. Cette visite qui n’a duré que quelques heures a pour objectif de convaincre le Président Centrafricain François Bozizé d’accepter de dialoguer avec la coalisions des rebelles du SELEKA qui menace d’entrer à Bangui et de renverser le régime actuel. Il faut noter qu’il est rare de voir une personnalité aussi importante se rendre à Bangui si ce n’est pas pour la résolution des problèmes.

Au delà de cette situation, il faut noter que les rues et avenues à Bangui sont désertes. La population préfère rester terrer à la maison. Une situation qui s’amplifie avec les coupures de courant plus fréquentes en ces périodes de crise. Les jours à venir seront plus décisifs et nous permettront de revenir sur la crise en Centrafrique que nous espérons trouver une issue le plus rapidement possible.

Oh Dieu, vient sauver mon pays car il est mal-en-point !

C’est avec un cœur serré et une déception paroxysmique que j’ai décidé de parler des événements qui secouent mon pays depuis quelques semaines déjà. On espérait laisser derrière nous tout ce cycle de violence qui avait fait beaucoup de victimes, surtout des innocents, pauvres femmes et enfants par milliers dans le passé. Mon pays, celui que je chérie et que je défends corps et âme, va très mal. C’est avec des larmes aux yeux que je saisis cette opportunité à travers cet article pour partager avec vous, mes compatriotes de toutes les couches, mes frères africains, nos alliés occidentaux et tous ceux qui, de loin ou de près connaissent ce petit pays qui est le mien.

On ne choisit pas sa terre lors de la naissance, mais Dieu nous envoie sur une terre qui devient le nôtre au jour de la naissance. Me voici Centrafricain, pauvre Centrafricain que je suis ! Peu importe mais la réalité est que quand j’ai eu des occasions pour me déplacer hors mon pays, j’ai été le fruit de tous les maux : rébellion, mutineries, coup d’état, grève, vol, coupeurs de route, dégradation des infrastructures publiques, pauvreté, corruption, népotisme, favoritisme, clanisme, et j’en passe.

A l’extérieur de mon pays, je ne suis absolument rien comme l’est maintenant un Malien. Je ne suis rien et je le suis mille fois et surtout foutu car si rien n’est fait, je souffrirais avec tous ceux qui en ont marre de toutes ces situations de guerre qui ne s’arrêtent jamais. Oh mon Dieu, pourquoi tout cela arrive chez moi ? Pourquoi toutes ces victimes, ces tueries ? Pourquoi cela arrive à moi et à mes compatriotes ? Pourquoi cela arrive à un pays africain ? Pourquoi ? Pourquoi ? Je souffre et mon âme est agonisante. Mon âme ne peut pas être guérie, je suis très affaibli par tout ce qui se passe dans mon pays.

Oh mes frères, pourquoi ne pas nous aider ? Pourquoi ne pas mettre fin à toutes ces atrocités ? Pourquoi moi ? Pourquoi ma terre ? Pourquoi la RCA, est-ce la fin du monde en Centrafrique ? Pourquoi ces pauvres parents habitant dans les provinces sont-ils en train de souffrir ? Pourquoi les populations des arrières pays doivent-ils fuir à chaque fois ? Pourquoi malgré la marche organisée dans différentes villes de la RCA, on ne peut pas dialoguer ? Pourquoi toujours les armes entrainent-elles des larmes ? Pourquoi envisage-t-on toujours la force au lieu de favoriser le dialogue et l’harmonie entre nous ? Pourquoi cette haine qui nous ravage ? Pourquoi ne pas être des patriotes ? Pourquoi déteste-on ce pays ? Pourquoi nous entretuer pour des intérêts personnels ? Pourquoi refusons-nous de voir les choses en face et de se dire que nous sommes tous coupables à un moment ou à un autre ?

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne comprenons nous pas que les armes détruisent les vies humaines et que seul l’esprit d’entente et de cohésion peut nous sortir du trou que nous ne cessons de creuser ? Pourquoi même continuer de creuser ce trou qui est déjà béant ? Pourquoi aimons-nous toujours avoir des intermédiaires ou bien des médiateurs pour résoudre nos différends ? Pourquoi nous ne savons pas que nous devons nous donner la main pour avancer comme les autres pays ? Pourquoi il n y pas d’amour dans nos cœurs ? Pourquoi nous faisons subir tout cela à de pauvres enfants innocents qui ne méritent aucunement cette souffrance que nous leur infligeons ? Pourquoi ne comprenons-nous que c’est un fratricide que nous réalisons depuis le commencement des conflits armés ? Pourquoi ne devrons pas tous nous levé comme un seul homme, DIRE NON AU RECOURS A LA FORCE, ET FAVORISER UN DIALOGUE SINCÈRE ?

Mon âme agonisante est mourant… Le plus important pour moi est que le message passe ! Et si nous diffusons ce message autour de nous, et que nous prenons conscience du danger qui guette notre pays, nous devons agir tous pour que la paix soit la panaché de toutes les catégories et couches sociales !

« Les élus de la nation exigent la paix en Centrafrique »

C’est en substance le message qui a été imprimé sur la banderole lors de la marche des députés de l’Assemblée Nationale Centrafricaine, une première en Centrafrique car habituellement, c’est la population qui réalise des marches. Les députés au nombre d’une soixantaine dont le président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Député Célestin Leroy Gaombalet ont marché ce mardi 18 décembre 2012 autour de 13 heures (12 heures Temps universel) avec ce slogan « Les élus de la nation exigent la paix en Centrafrique ». Cette marche n’a pas été le fruit du hasard car elle coïncide avec l’attaque de certaines villes dans le nord-est de la République centrafricaine. Les manifestants protestent contre les multiples attaques rebelles et la conquête des villes dans le nord-est du pays. Ils ont commencé leur marche devant l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, arborant l’avenue des Martyrs où se sont joints au mouvement les étudiants avec en tête le président de l’Association Nationale des Étudiants Centrafricains(ANECA) Fleury Pabandji, longeant jusqu’au Rond-point du centre ville. Ils ont remis un mémorandum au Représentant de l’Union Européenne en Centrafrique pour demander la paix dans ce pays. Il y a quelques jours encore c’était la ville de Ndélé qui avait été attaquée faisant plusieurs victimes et ce mardi 18 décembre autour de 5 heures du matin, la population de Bria s’était réveillée avec le crépitement des armes. Selon le correspondant de la RFI en Centrafrique, il s’agirait d’une coalition de rebellions notamment les factions CPSK, CPJP et UFDR réunis sous la dénomination CPSK-CPJP-UFDR  Séléka (« alliance » en langue sango). Une quarantaine de militaires loyalistes seraient sans nouvelle. La coalition  exige « le respect de l’accord » de paix signé en 2007 entre le gouvernement et l’Union des forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), et « la mise en œuvre concertée des recommandations et conclusions du Dialogue politique inclusif » de 2008, qui devait mettre fin aux conflits en Centrafrique.

manifestants1

Dehors, les nouvelles vont bon train. La population de Bangui s’est livrée à une publicité médiatisée sans précédent, les points de vue diffèrent selon l’humeur ou la position du locuteur : pro Bozize ou pro rebelle (surtout pour la plupart des chômeurs toute catégorie confondue). Ces personnes commentent les informations plus que des journalistes professionnels, ce son de véritables analystes d’information sans source sûre. Mais c’est cela Bangui, les ont dits. Je me souviens qu’un grand de mon quartier me disait : « Mon petit, il ne faut pas aller loin, les rebelles ont déjà pris la ville de Bambari il parait. Et puis, il se peut qu’il entre à Bangui cette nuit. Alors moi je t’ai prévenu seulement ». J’acquiesçais de la tête comme si je me pliais à son conseil. Jusqu’alors, les rebelles proposent dix points au pouvoir de Bangui pour faciliter la sortie de crise. Ces points concernent entre autres le respect de multiples accords de paix signé entre le Gouvernement et les rebelles, ainsi que la lumière sur la disparition de certains leaders  de l’opposition armée, dont l’ancien ministre d’Etat, le colonel Charles Massi, fondateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). La région Nord-est de la RCA est en proie depuis quelques années avec plusieurs rebellions privant la population de la paix.

Mais les jours à venir nous permettront d’avoir une idée claire de cette rébellion et de son efficacité. La population centrafricaine qui a déjà trop souffert des rebellions est loin d’aspirer à une paix. Pourtant, la paix est plus qu’importante dans cette partie de l’Afrique qui doit se développer.