« Les élus de la nation exigent la paix en Centrafrique »

C’est en substance le message qui a été imprimé sur la banderole lors de la marche des députés de l’Assemblée Nationale Centrafricaine, une première en Centrafrique car habituellement, c’est la population qui réalise des marches. Les députés au nombre d’une soixantaine dont le président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Député Célestin Leroy Gaombalet ont marché ce mardi 18 décembre 2012 autour de 13 heures (12 heures Temps universel) avec ce slogan « Les élus de la nation exigent la paix en Centrafrique ». Cette marche n’a pas été le fruit du hasard car elle coïncide avec l’attaque de certaines villes dans le nord-est de la République centrafricaine. Les manifestants protestent contre les multiples attaques rebelles et la conquête des villes dans le nord-est du pays. Ils ont commencé leur marche devant l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, arborant l’avenue des Martyrs où se sont joints au mouvement les étudiants avec en tête le président de l’Association Nationale des Étudiants Centrafricains(ANECA) Fleury Pabandji, longeant jusqu’au Rond-point du centre ville. Ils ont remis un mémorandum au Représentant de l’Union Européenne en Centrafrique pour demander la paix dans ce pays. Il y a quelques jours encore c’était la ville de Ndélé qui avait été attaquée faisant plusieurs victimes et ce mardi 18 décembre autour de 5 heures du matin, la population de Bria s’était réveillée avec le crépitement des armes. Selon le correspondant de la RFI en Centrafrique, il s’agirait d’une coalition de rebellions notamment les factions CPSK, CPJP et UFDR réunis sous la dénomination CPSK-CPJP-UFDR  Séléka (« alliance » en langue sango). Une quarantaine de militaires loyalistes seraient sans nouvelle. La coalition  exige « le respect de l’accord » de paix signé en 2007 entre le gouvernement et l’Union des forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), et « la mise en œuvre concertée des recommandations et conclusions du Dialogue politique inclusif » de 2008, qui devait mettre fin aux conflits en Centrafrique.

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Dehors, les nouvelles vont bon train. La population de Bangui s’est livrée à une publicité médiatisée sans précédent, les points de vue diffèrent selon l’humeur ou la position du locuteur : pro Bozize ou pro rebelle (surtout pour la plupart des chômeurs toute catégorie confondue). Ces personnes commentent les informations plus que des journalistes professionnels, ce son de véritables analystes d’information sans source sûre. Mais c’est cela Bangui, les ont dits. Je me souviens qu’un grand de mon quartier me disait : « Mon petit, il ne faut pas aller loin, les rebelles ont déjà pris la ville de Bambari il parait. Et puis, il se peut qu’il entre à Bangui cette nuit. Alors moi je t’ai prévenu seulement ». J’acquiesçais de la tête comme si je me pliais à son conseil. Jusqu’alors, les rebelles proposent dix points au pouvoir de Bangui pour faciliter la sortie de crise. Ces points concernent entre autres le respect de multiples accords de paix signé entre le Gouvernement et les rebelles, ainsi que la lumière sur la disparition de certains leaders  de l’opposition armée, dont l’ancien ministre d’Etat, le colonel Charles Massi, fondateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). La région Nord-est de la RCA est en proie depuis quelques années avec plusieurs rebellions privant la population de la paix.

Mais les jours à venir nous permettront d’avoir une idée claire de cette rébellion et de son efficacité. La population centrafricaine qui a déjà trop souffert des rebellions est loin d’aspirer à une paix. Pourtant, la paix est plus qu’importante dans cette partie de l’Afrique qui doit se développer.