Centrafrique : sur fond de violence, une crise humanitaire sans précédent se profile à l’horizon

Alors que la crise sécuritaire est loin d’être résolue, la République centrafricaine doit faire face à une crise humanitaire sans précédent. Les chiffres avancés par les organisations des onusiennes font froid au dos. En plus de milliers de personnes qui ont été contraintes de se réfugier dans les pays voisins notamment au Tchad, au Cameroun, à la République Démocratique du Congo et au Congo, à l’intérieur du pays, plus de 150 000 personnes sont obligées de quitter leur domicile après l’attaque du 05 décembre 2013 perpétrée par des éléments d’une milice appelée les Anti-balaka contre les éléments Seleka et la communauté musulmane. Ils se retrouvent par milliers à l’aéroport International Bangui M’poko, dans les structures religieuses, des écoles pour échapper aux représailles des éléments de l’ex-Seleka et des milices Anti-balaka.

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Centrafrique : il fallait une intervention française

La tragédie centrafricaine est sortie du silence depuis que l’Assemblée générale des Nations Unies a voté une résolution pour soutenir Bangui, fin septembre. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, dont la présidence est assurée depuis décembre par la France, a ainsi voté la résolution 2127 pour soutenir la force MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) et pour autoriser la France à intervenir en Centrafrique. Au même moment, des Centrafricains mal intentionnés, assoiffés de pouvoir et n’ayant aucun respect pour la dignité humaine ont frappé de plein fouet Bangui. Il a fallu attendre encore quelques heures pour que la résolution adoptée puisse permettre un début d’opérations afin de rétablir la sécurité dans le pays. Cette décision du Conseil de sécurité, favorablement accueillie par la population centrafricaine, s’explique par le fait que le nouveau régime, malgré d’innombrables discours, ne parvient pas  garantir la sûreté des personnes.

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En Centrafrique combien de temps encore faut-il attendre l’opérationnalisation de la Misca ?

Les récents évènements en Centrafrique au nord et nord-est démontrent la dégradation de la situation sécuritaire déjà très tendue depuis le coup de force de la Seleka le 24 mars dernier. Certains observateurs qui avaient prédit l’échec du déploiement rapide de la force africaine n’ont pas eu tort. Au contraire, l’Union africaine qui avait voté la résolution créant la Misca (Mission de stabilisation de l’Union africaine en Centrafrique) et son lancement le 1er août 2013 n’a malheureusement pas les moyens de sa politique. Elle est obligée de porter son projet, ce dernier ayant vu le jour sans promesse concrète de financement devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Officiellement, la Fomac (Force multinationale de l’Afrique centrale) a cédé la place depuis le 1er août à la Misca, mais dans les faits, rien n’est encore prêt. Nous sommes encore à la phase de la formalisation de cette mission africaine dans tous ses aspects : administratif, opérationnel, financier… Mais les violations des droits l’homme perpétrées par l’ex-rébellion au pouvoir appelée Seleka et des bandes armées où s’ajoutent quelques habitants de villages appelés « anti-balaka » n’ont fait qu’augmenter. Cette mission de la Misca qui devrait être opérationnelle avec quelque 3 500 hommes, dont des policiers, gendarmes et militaires issus essentiellement des pays de la Cemac  (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) ne sera pas effective bientôt. En tout cas, c’est le constat qu’on peut faire malgré le discours du président français, François Hollande et l’appel à l’aide du premier de transition Nicolas Tiangay lors de la 68e Assemblée générale des Nations unies.

 

De réunion en réunion, nous sommes en train d’assister à la passivité de la communauté internationale. Messieurs de la communauté internationale, les Centrafricains pris au piège entre les différents protagonistes n’ont pas besoin de promesse, on a envie que vous vous décidiez. Soit nous venir en aide ou bien nous dire tranquillement lors de vos nombreuses réunions et déclarations que nous n’allons jamais comprendre puisque la majorité de notre population ne possède plus de radios à cause des pillages systématiques des biens. Les nombreuses déclarations faites par les ONG présentes en Centrafrique et le dernier rapport de la FIDH sur le drame centrafricain devraient normalement attirer l’attention du Conseil de sécurité qui devrait se saisir de ce dossier pour écourter la souffrance des Centrafricains en favorisant le déploiement de cette mission africaine.

 

Où est partie cette communauté africaine et internationale qui n’a pas hésité à voter des résolutions lorsque, dans des pays comme la Libye et la Côte d’Ivoire, il fallait intervenir pour ramener un semblant de paix ? N’avez-pas d’oreilles pour entendre ces cris de SOS lancés par ces pauvres enfants, femmes et hommes qui ne demandent rien d’autre que d’être protégés ? Où sont ces présidents qui se disent vouloir combattre les violations des droits de l’homme ? Ne voyez-vous pas que de pauvres enfants meurent dans la brousse comme des animaux laissés à la merci de la nature, seuls contre les moustiques, la famine, et toutes sortes de dangers ?

Et pour vous les pays africains, pays frères de la RCA, il ne suffit pas de faire des déclarations pour que vos frères et sœurs puissent être en paix. Quels sont vos apports ? Mis à part quelques pays de la Ceaac (Communauté économique des États de l’Afrique centrale), notamment le président Sassou Nguesso. Ne pensez-vous pas que ce pays meurtri mérite votre aide ? Ce n’est pas l’arrivée probable à Bangui ce dimanche 13 octobre du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui doit faire jaillir la joie dans nos cœurs, détrompons-nous. Comptons seulement le nombre de fois que des déclarations ont été faites, rien n’a changé ! Ce n’est pas les déclarations ni des condamnations qui vont faire basculer la situation. Il faut agir vite pour arrêter hémorragie.

 

Si vous ne le savez pas, la Misca, c’est comme la police de Los Angeles qu’on voit dans les films. Elle intervient quand tout a été fait. Exemple, à Bossangoa, on a attendu que la Seleka tue, pille, viole et brûle des maisons des villageois, et que certains villageois réunis en « anti-balaka » s’attaquent aux éléments de la Seleka et surtout se vengent sur une partie de la communauté musulmane pour que quelques éléments de la Misca soit envoyés dans cette ville. Même chose pour la ville de Bossangoua. Et puis, on verra que quelques éléments de la Misca arriveront certainement après la mort de plusieurs civils à Yaloké. Le bilan pour l’heure depuis le lundi 7 octobre est d’au moins une trentaine de morts.

 

Pauvres Centrafricains, au moins, ces évènements viennent confirmer que nous sommes seuls à posséder le destin de notre pays. Nous n’avons pas compris,  mais si nous espérons sur une résolution des Nations unies afin de rendre la fameuse Misca opérationnelle, nous risquons de mourir tous, de nous entretuer comme des animaux sans scrupule. Ces tragiques évènements nous apprennent que nous ne devons compter sur personne pour nous sortir de ce gouffre.

Le cri d’un Centrafricain épris de paix, Peace for Centrafrique !