Lettre ouverte aux hommes politiques centrafricains

C’est avec beaucoup de tristesse que je saisis cette opportunité pour vous adresser cette lettre ouverte qui j’espère, vous motivera à sortir de votre mutisme constaté depuis les événements du 24 mars 2013, ayant occasionné le départ de François Bozizé du pouvoir et l’installation de Michel Djotodia comme président de Transition. Loin de moi, l’idée de vous manquer de respect, au contraire, beaucoup d’entre vous m’ont remarqué dans le passé dans certaines actions qu’ils ont accomplies. Mais cet écrit tient lieu d’un constat amer que je fais mien et de ma contribution, des idées dont certains Centrafricains épouseraient sans doute. Je ne suis pas un homme politique mais je suis un centrafricain patriote qui a vécu les événements et ayant perdu des personnes qui m’étaient très chères à l’exemple de DJIME Yabongo Fleury.

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Dans tous les pays du monde, au nom des principes de la démocratie, l’animation de la vie d’une nation se fait à travers des entités reconnues par l’Etat et dont leurs rôles concordent pour asseoir la paix, le développement et la cohésion sociale. Ces entités dont figurent la majorité présidentielle, l’opposition politique, la société civile et les forces religieuses s’accordent ensemble, grâce à leur indépendance pour apporter une valeur ajoutée aux valeurs humaines et à la sauvegarde de la démocratie. Le dernier dialogue politique salué de tous et soutenu par toutes les institutions nationales qu’internationales a été une réussite à cause de son inclusion de tous les acteurs susmentionnés. Après l’échec de sa mise en application notamment par les deux principaux acteurs qui étaient d’ailleurs des belligérants – la majorité présidentielle et la Seleka – le rôle de l’opposition politique devrait être plus déterminant qu’à jamais afin de sortir de l’impasse que traversait notre pays depuis quelques temps.

Cependant à en croire, la classe politique a faillé dans sa mission de contribuer à la recherche de solutions idoines pour écourter la souffrance d’un peuple, celui du peuple centrafricain qui ne vit qu’au jour le jour, ne sachant pas si une balle perdue, un groupe de bandits, un élément ayant un esprit démoniaque appuient  sur la gâchette. Depuis plus de trois mois, si ce n’est pas pour critiquer la constitution du gouvernement de par sa représentativité, très peu d’entre vous parlent du quotidien des centrafricains, des victimes qui se comptent par milliers, des femmes et filles violées qui ont perdu la raison de vivre à cause de leur dignité bafouée, des enfants qui ne savent plus si leur avenir est encore assurée à cause des écoles qui sont fermées, des parents qui ne cessent de prier pour trouver juste de quoi nourrir leurs enfants, de tous les jeunes qui vivent impuissants en se demandant si demain sera mieux qu’aujourd’hui, de tous ces vieux qui, à défaut de recevoir une balle, craquent de différentes maladies dont la crise cardiaque. Le rôle que vous devriez jouer notamment en dénonçant les actes perpétrés sur la population et en les condamnant fermement afin de contraindre les autorités à garantir ne fut-ce que la sécurité et la dignité de la personne humaine n’a plus son sens. La plupart d’entre vous ont préféré s’occuper de la représentativité de leurs partis au sein du gouvernement, un eldorado dont la majorité des partis trouvent le moment opportun à l’exception d’une minorité. Certains ministres de l’opposition politiques ont intervenu il y a quelques temps pour sonner l’alarme à cause des menaces qu’ils ont subies, notamment à travers la confiscation de leurs véhicules de commandement par des bandes armées ou/et  ayant été victime d’actes de pillage. N’eut été ces événements, tout porte à croire que vous avez perdu votre langue pour des raisons que le peuple ignore. Où est partie cette opposition qui dénonçait les dérives du pouvoir au temps de François Bozizé ? Pourquoi cette résignation de votre part?

Il n’est pas encore tard de faire marche en arrière et de reprendre les choses en main. Aujourd’hui, notre pays, le peuple dont vous avez fait vœux pieux de défendre à travers vos partis politiques connait une situation sans précédent. En preuve, il n’existe dans aucun pays monde où les ministres se font braquer leur voiture de commandement, où la population se cache pendant des semaines dans la forêt pour éviter une razzia sans précédent, où chaque famille doit pleurer quotidiennement pour un membre qu’elle a perdu, où la vie est un mot exclu du dictionnaire et de langue des centrafricains? Même en Irak ou en Afghanistan, la situation ne peut aller jusqu’à ce point. Je m’attendais à voir certains ministres démissionner pour prouver leur soutien au peuple qui ne sait à quel sait se vouer, mais sans surprise ils ont décidé de continuer de profiter des privilèges afférentes à leur poste. Je me suis toujours dit que, lorsqu’on n’est pas d’accord, on doit dire non. Un non qui doit montrer à quel point vous compatissez avec le peuple. Toujours est-il qu’il faut que vous soyez en Centrafrique et que vous viviez la situation comme le peule pour mesurer l’ampleur de la situation. Puisque la plus part d’entre vous a choisi délibérément de vivre de manière voilée ou à l’étranger pour éviter l’atteinte de votre vie. Vous devriez savoir que même en politique, les sacrifices sont utiles lorsqu’on a une conviction et qu’on veut apposer une tache indélébile en choisissant ce qui est bien pour le peuple. L’ancien président Burkinabé Thomas Sankara a été tué par son ami et presque frère. Malgré des informations qu’il disposait faisant foi qu’il serait tué, il a accepté de se sacrifier pour montrer combien il fallait rester fidèle aux principes qu’on a épousé, aux agencements qu’on a fait nôtre. On assiste simplement à un abandon de votre part.

Je tiens à encourager par contre tous ceux qui ne cessent de dénoncer en critiquant ce qui se passe chez nous, en appelant à une mobilisation pour aider à rétablir la sécurité et la dignité humaine. Qu’ils savent que, aussi difficile que soit la tâche, le peuple ne les oublierai jamais, l’histoire retiendra leur courage et leur loyauté auprès du peuple tout entier. Même si certains observateurs qualifient de d’un peu tard, les interventions de certains d’entre vous comme Marie-Réine HASSEN et Martin Ziguele, président du MLPC ont reçu un écho favorable auprès de la population.

La parole d’honneur que vous avez donné au peuple lors de vos parcours politiques doit être respectée et tenue. Vous avez entre vos mains une lourde responsabilité dont vous avez le choix, soit de l’accomplir soit de la trahir. Vous avez devant vous, une mission à accomplir et les yeux du monde entier sont braqués sur vous. Les larmes des centrafricains attendent d’être essuyés et pour ce, il faudrait que vous prenez vos responsabilité en main et que vous jouez pleinement votre rôle de premier plan car la solution à cette crise doit être d’abord politique et c’est là où vous devriez jouer votre partition. Vous devriez commencer à être unis afin de mieux porter votre voix pour qu’elle soit entendue. L’avenir nous dira davantage.

Très désespérément

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eyesango
Citoyen du monde. Originaire de la Centrafrique, travaillant à Douala, diplômé en informatique activiste des Droits humains, leader d'opinion, voyager et échanger est ma passion...

2 réflexions au sujet de « Lettre ouverte aux hommes politiques centrafricains »

  1. Parfait dit :

    Nos leader politiques sont tous des marionnettes ils attentent être téléguidés car ils n ont pas une idéologie propre à eux!Un jour viendra où tous ils donneront des explications au sujet du sang de ses centrafricains versé(pleure)ils cherchent juste leurs propres intérêts et exposent les pauvres centrafricains qui n ont jamais profiter du bien de leur propre pays!
    Centrafricains(es) soient courageux de dire la vérité à ces « pauvres politiciens » le jour où ils se tiendront devant toi pour te dire de lui donner ta voix pour parvenir au pouvoir (il faut leur dire que nos frères et soeurs qui sont morts ont emporté la voix là qu’ ils demandent; ils n’ont quà aller les détérrere pour prendre la voix qu ils demandent). Pleures!!!

  2. claver dit :

    Tout ceci est bien triste qu’il est urgent que cette situation interpelle l’ONU au plus niveau au lieu de continuer que le nombres des victimes passe des milliers en million… Bon courage a vous le peuple centrafricain ,quelque soit la durée de la nuit le soleil un jour .tenez bon !!!! restez dans la prière et la foi que notre Dieu agira !!!

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